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Tendance

Quand le commerce fait place au restaurant



Situé au croisement de la rue des Capucins et de la Grand-Rue, l’ancien magasin Tapis Hertz a été transformé en brasserie branchée, un phénomène loin d’être isolé dans la capitale. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Situé au croisement de la rue des Capucins et de la Grand-Rue, l’ancien magasin Tapis Hertz a été transformé en brasserie branchée, un phénomène loin d’être isolé dans la capitale. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

La transformation de l’emblématique Tapis Hertz en une brasserie branchée, annoncée jeudi par Paperjam Foodzilla, illustre un mouvement de transformation loin d’être unique à Luxembourg. Explications.

C’est, de l’avis de nombreux observateurs, l’une des plus belles vitrines de la capitale: située à l’angle de la rue des Capucins et de la Grand-Rue, la boutique Tapis Hertz, ouverte depuis 1981 à cette adresse, avait plié bagage en 2019 déjà, sans retrouver un occupant pérenne.

Certes, l’expérience du pop-up bar «Vis-à-Vis» l’an dernier avait permis de redonner vie à ces murs, et surtout de mettre en lumière son potentiel en tant que bar, dans cette artère au fort flux de passage, plutôt connue pour ses boutiques que ses adresses de bouche.

«En théorie, ce n’est pas si facile de transformer un commerce en restaurant, car il faut un changement d’affectation des lieux. Mais il y a une volonté de la Ville d’autoriser cela, et que le centre soit plus animé», confie Alexandre De Toffol, nouvel occupant des lieux depuis le 1er avril.

«On est toujours heureux si un occupant anime un point aussi central de la ville», complète Serge Wilmes (CSV), échevin en charge du Commerce.

D’un concept «pop-up» à une structure pérenne

Si, dans un premier temps, celui qui est aussi le patron et associé du Partigiano à la rue de Strasbourg ambitionne d’ouvrir un pop-up bar dans l’ancien commerce, il planifie des travaux à l’automne prochain pour l’aménager en une brasserie répartie sur deux niveaux et quelque 240m² de surface.

Un investissement qu’il préfère ne pas communiquer, mais qui, de son propre aveu, «n’est pas négligeable». D’autant qu’une fois en place, l’établissement devrait ouvrir en continu, du matin au soir, avec, à la carte, aussi bien des petits-déjeuners, brunches, lunches, dîners, cocktails, que des pâtisseries et snacks servis toute la journée.

Boire et manger, plutôt que flâner et acheter: la tendance est résolument dans l’air du temps dans la capitale, où d’autres commerces se sont transformés en établissements horeca ces derniers mois. C’est le cas, notamment, de la célèbre Maison Lassner, place Guillaume II, anciennement occupée par le défunt opérateur Join, et qui a laissé place en 2019 au Bazaar . Juste en face, le Wëllem a pris ses quartiers dans l’ancienne boutique d’articles cadeaux Zakka, tandis qu’à quelques pas de là, rue du Marché-aux-Herbes, l’enseigne Honey/Mustard, qui a baissé le volet début 2020 , devrait rouvrir à la mi-mai sous le nom d’«Amore», le nouvel établissement de Gabriel Boisante et des frères Hickey. Au menu, la combinaison d’un restaurant aux accents maritimes et hispaniques et d’un bar à vins natures, entre autres.

L’horeca affaibli, mais pas terrassé

Malmené par la crise sanitaire, avec une fermeture imposée de la mi-mars à la fin mai 2020 , suivie d’un second coup d’arrêt depuis le 26 novembre , avec une réouverture des terrasses moyennant un protocole strict depuis ce 7 avril , l’horeca n’en reste pas moins un secteur dynamique.

En 2020, la restauration pesait pour un tiers des transactions immobilières commerciales à Luxembourg-ville, selon l’agent JLL, qui cite les enseignes Strogoff (présente au nouveau Monoprix place Guillaume II ), Delitraiteur, Burger King et Cocottes.

Aujourd’hui encore, nombreux sont les projets d’ouverture de nouveaux concepts , une fois la levée des contraintes sanitaires effective, sans compter l’attente toujours prononcée de nouveaux occupants, comme c’est le cas pour le rooftop du centre Royal-Hamilius .

Plusieurs noms de la restauration étaient intéressés par cette surface.

Alexandre De Toffol,  entrepreneur dans la restauration

«Plusieurs noms de la restauration étaient intéressés par cette surface», confie d’ailleurs Alexandre De Toffol, qui a finalement remporté la mise. S’il admet que les difficultés sont particulièrement prononcées en ces temps de crise sanitaire, à commencer par le manque de visibilité permettant d’établir un business plan, le recrutement d’un personnel qualifié et le coût des loyers, l’entrepreneur travaille sur un autre projet: l’ouverture d’un resto-bar au rez-de-chaussée de l’hôtel Bristol, situé en face du Partigiano, rue de Strasbourg.

Contraintes sanitaires ou non, l’appétit d’entreprendre reste prononcé chez notre interlocuteur.