POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Lutte contre la pandémie

Le Liser insiste sur la poursuite du télétravail



Les chercheurs du Liser estiment que le télétravail a permis au Luxembourg de limiter autant les pertes économiques que la propagation du virus.  (Photo: Shutterstock)

Les chercheurs du Liser estiment que le télétravail a permis au Luxembourg de limiter autant les pertes économiques que la propagation du virus. (Photo: Shutterstock)

Le Liser a publié une étude sur les conditions de la sortie de crise sanitaire. L’institut recommande en particulier de poursuivre le télétravail pour éviter une nouvelle recrudescence des contaminations au Covid-19.

«Une bonne gouvernance du plan de déconfinement nécessite d’anticiper le risque de rebond de la courbe d’infections  et d’identifier les mesures d’accompagnement appropriées. Dans ce contexte, les recherches menées en collaboration par des économistes et des épidémiologistes sont plus que jamais pertinentes pour mettre en évidence les coûts et les avantages des actions publiques», posent les deux chercheurs du Liser, Michał Burzyński et Frédéric Docquier, en introduction de leur étude parue le 25 juin .

Cette «epidemionomic research» croise les impacts économiques et sociaux de la crise avec les foyers d’infections potentiels et le taux de transmission de la maladie, au Grand-Duché et en Grande Région.

«Le processus de contamination dépend du temps passé par les travailleurs sur leur lieu de travail et en dehors du marché du travail, ainsi que de la proportion de personnes infectieuses et des mesures de prévention (par exemple, distanciation sociale, port de masques et mesures d’hygiène) dans ces lieux», écrivent les chercheurs.

Incertitude élevée

Ces derniers estiment que le télétravail a permis au Luxembourg de limiter autant les pertes économiques que la propagation du virus. «Si les télétravailleurs avaient été employés sur leur lieu de travail, la courbe d’infections n’aurait pas diminué avant la fin de l’année, et un deuxième pic aurait été observé», lit-on dans l’étude.

Selon eux, l’incertitude est par conséquent élevée concernant les effets du déconfinement et le retour des travailleurs au bureau, étant donné le fait que leur exposition à la maladie est forcément différente de celle qui prévalait à leur domicile.

«Le retour de tous les télétravailleurs sur leur lieu de travail induit des dommages épidémiologiques plus importants. Combinée au redémarrage complet de l’horeca, la fin du télétravail a des effets limités sur le PIB, mais des effets drastiques sur les courbes d’infections», affirment les auteurs de l’étude.

C’est d’ailleurs ce que craint Hans Kluge, directeur de la branche Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intervenu le 25 juin lors d’une conférence de presse.

«Dans 11 pays [en Europe], l’accélération de la transmission du virus a entraîné une recrudescence très importante qui, si elle n’est pas maîtrisée, poussera les systèmes de santé au bord du gouffre une fois de plus en Europe.» L’OMS relève chaque jour près de 20.000 nouveaux cas et plus de 700 nouveaux décès en Europe.

Cinq recommandations

Dans ce contexte, le Liser produit cinq recommandations pour éviter une nouvelle vague de contaminations:

1. Le maintien du télétravail. «Tous les résultats de nos simulations indiquent que l’arrêt des pratiques de télétravail induit des dommages épidémiologiques importants.»

2. La réouverture des activités du secteur de l’hôtellerie-restauration à la moitié de leur capacité ou avec des mesures d’éloignement. Cela «génère de très faibles effets sur la courbe d’infections et semble être une option politique très pertinente».

3. La poursuite de l’application des gestes barrières et des mesures de distanciation, qui «ont un impact important sur la dynamique de la pandémie».

4. Les tests «PCR» mensuels pour les résidents et les travailleurs frontaliers «sont suffisants (peut-être pas nécessaires) pour empêcher une reprise de la courbe d’infections».

5. La combinaison des tests avec une application de traçage des contacts et des mesures de quarantaine «réduirait le taux de reproduction».