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«Un État social fort n’est pas un luxe mais un ‘must’»



Les dix députés LSAP revendiquent la touche sociale des diverses lois adoptées ou en chantier, y compris durant la crise du Covid-19. (Photo : Matic Zorman / Maison Moderne)

Les dix députés LSAP revendiquent la touche sociale des diverses lois adoptées ou en chantier, y compris durant la crise du Covid-19. (Photo : Matic Zorman / Maison Moderne)

Les députés LSAP ont tiré un bilan positif de leur action durant l’année parlementaire qui s’achève, mettant en avant la bonne gestion de la crise sanitaire par le gouvernement DP-LSAP-Déi Gréng.

La fraction LSAP à la Chambre des députés s’est prêtée à la tradition du bilan parlementaire devant la presse. Une première pour Georges Engel qui a succédé, début janvier, à Alex Bodry à la tête du groupe parlementaire – un passage de relais initialement prévu courant 2020 et avancé du fait du départ de M. Bodry au Conseil d’État .

L’année 2019-2020 aura aussi été émaillée par le jeu des chaises musicales provoqué par le départ d’ Étienne Schneider , «architecte de la coalition bleu-rouge-vert», en février. Franz Fayot a repris les ministères de l’Économie et de la Coopération, Paulette Lenert a hérité du portefeuille de la Santé et Dan Kersch du poste de vice-Premier ministre. À la Chambre, la fraction a accueilli Francine Closener , Simone Asselborn-Bintz et retrouvé  Cécile Hemmen . «Pour la première fois, la fraction atteint la parité!», se réjouit M. Engel, anticipant le plan d’action pour l’égalité entre les femmes et les hommes présenté par Taina Bofferding .

«Le Covid-19 a marqué cette année 2020», poursuit-il. «Le Luxembourg a bien réagi, et Paulette Lenert s’est montrée une gestionnaire de crise de grande valeur.» La ministre de la Santé a d’ailleurs évincé Jean Asselborn de sa place de personnalité politique préférée des résidents lors du dernier Politmonitor . «C’est la première femme politique, et la première socialiste à y parvenir», souligne M. Engel.

Je suis convaincu qu’il vaut mieux que le LSAP soit aux responsabilités, et pas l’opposition.
Georges Engel

Georges Engel,  député, chef de fraction LSAP

Passé l’état de crise, la Chambre a eu à voter des lois Covid, «les plus décisives des dernières décennies», et a validé les mesures du gouvernement que le LSAP revendique, du congé pour raisons familiales au chômage partiel en passant par la protection des locataires. «Ces aides ont sauvé beaucoup d’emplois», souligne M. Engel, rappelant l’engagement du LSAP pour que l’indemnité de chômage partiel soit supérieure au salaire social minimum. Sans oublier les aides pilotées par le ministre – socialiste – de l’Économie en faveur des entreprises et le soutien aux artistes.

«Les États sociaux dotés de lois empêchant les gens de tomber dans la misère sont ceux qui s’extraient le mieux des crises», appuie M. Engel. «Un État social fort n’est pas un luxe mais un ‘must’, et c’est ce que nous avons toujours défendu et construit. Je suis convaincu qu’il vaut mieux que le LSAP soit aux responsabilités, et pas l’opposition.»

Réitérant un soutien sans faille à Paulette Lenert, sensiblement malmenée lors de la séance à la Chambre sur la loi Covid-19 , M. Engel se veut rassurant. «Il est important de garder l’évolution de la pandémie à l’œil. Nous sommes mieux préparés qu’au début de la crise.» Quitte à devoir, d’ici quelques jours, modifier la loi Covid-19 dont l’encre est encore fraîche. «Cela peut aller très vite», renchérit Mars Di Bartolomeo , président de la commission de la santé et rapporteur des lois Covid-19. La loi Covid-19 a été adoptée deux semaines après son dépôt – un délai extrêmement court –, mais il s’agirait de modifier un article ou deux. La commission de la santé se tient en tout cas prête à bousculer son ordre du jour au cas où le gouvernement prendrait de nouvelles mesures dimanche .

Plusieurs réformes délicates à venir

Avant la crise du Covid-19 et en parallèle, la fraction met aussi en avant les avancées de la majorité: le plan climat – «Nous sommes le seul pays à avoir inclus une clause sociale», précise M. Engel –, la gratuité des transports publics, le plan d’action promouvant l’agriculture biologique (par un ministre socialiste, Romain Schneider ). Sans oublier le rapport Waringo, la garantie locative, la création de l’Office national de l’accueil pour les réfugiés et de l’Ombudsman pour les droits des enfants, l’abolition de la règle «80-80-90» pour les fonctionnaires stagiaires, le financement des travaux d’une trentaine de grandes infrastructures dont le centre thermal de Mondorf-les-Bains, la rémunération obligatoire des étudiants en stage, l’introduction de la responsabilité civile en cas d’accident nucléaire, la négociation d’une convention de non double imposition favorable pour les frontaliers français…

D’autres chantiers sont encore à finaliser: modernisation du droit des faillites, réforme de la Constitution , avenir des médias, réforme des finances communales, mais aussi égalité des chances (parité), digitalisation, réforme fiscale, revalorisation des métiers de la santé et évolution du plan climat en temps de crise.

Un agenda chargé auquel M. Engel applique sa devise: «Quoi que vous fassiez, faites le bien.»