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Un débat et une convention sur le télétravail



La pétition pour le droit au télétravail avait récolté plus de 5.900 signatures. (Photo: Shutterstock)

La pétition pour le droit au télétravail avait récolté plus de 5.900 signatures. (Photo: Shutterstock)

La pétition sur le droit au télétravail sera débattue lundi à la première heure, à la Chambre des députés. Son instigateur, Serge Remy, espère, au mieux, une nouvelle loi, au pire, faire avancer la discussion. Les partenaires sociaux s’apprêtent de leur côté à signer une nouvelle convention sur le sujet.

Lundi à 8h30, la Commission des pétitions, ainsi que la Commission du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale se réuniront au Cercle Cité pour débattre au sujet du télétravail. Serge Remy, à l’origine de la pétition avec sa femme Emmanuelle , sera présent, lui aussi. Il attend ce moment depuis le 19 avril, date à laquelle il a déposé le document pour un «droit au télétravail». La pétition a récolté plus de 5.900 signatures depuis.

«Nous avons bien répété avec ma femme, nous avons préparé une présentation PowerPoint pour les députés», raconte Serge Remy. «L’attente ultime est que notre demande soit réalisée et que la loi soit changée pour qu’il y ait un droit au télétravail.»

Si la crise a accéléré la mise en place du télétravail, «beaucoup de gens l’associent encore au Covid-19. Ce n’est pas ce que nous avons en vue. Ce qui est important, c’est comment cela va se passer à l’avenir», explique-t-il. Lui veut pérenniser sa pratique dans le temps, en donnant la possibilité à tout employé dont les tâches peuvent être réalisées à domicile de le faire, au maximum la moitié de son temps. Soit beaucoup de monde, selon lui: «même un agent de police peut rédiger ses rapports à la maison».

«Avant la crise, les employeurs étaient réticents par rapport au télétravail. Je pense que cette réticence n’est toujours pas partie. Ils l’ont mis en place comme mesure Covid, mais c’est du télétravail sous la contrainte», souligne-t-il. D’où plusieurs inconvénients, comme le manque de contacts sociaux, qui se trouveraient éliminés dans le cadre d’un télétravail partiel, selon lui. Alors que les avantages en termes de diminution du stress ou de la pollution resteraient.

Plus d’égalité face au télétravail

Le débat risque d’arriver un peu tard, puisque le gouvernement et les partenaires sociaux ont déjà examiné l’avis du CES et de son président, Jean-Jacques Rommes, sur le télétravail. Un texte salué de tous bords comme un document représentant un compromis permettant d’apporter un cadre pragmatique pour encadrer la pratique du télétravail.

La signature d’une nouvelle convention (la précédente datant de 2006) par les partenaires sociaux est attendue la semaine prochaine.

«L’avis du CES explique comment il faut faire si le patron est d’accord. Nous, on veut aller plus loin en donnant la possibilité de demander le télétravail, même quand le patron n’est pas d’accord», insiste Serge Remy. Et ce, même s’il faut aller jusqu’au tribunal, même si «ce n’est pas le but», rappelle-t-il, privilégiant le dialogue et l’entente entre l’employeur et l’employé. Il craint que cette organisation soit plus difficile à mettre en place dans les petites que les grandes structures, d’où la volonté d’une égalité de droit devant le home office.

Si jamais les discussions ne débouchent pas sur un droit au télétravail au Grand-Duché, «on aura modestement contribué à faire avancer le débat», relativise-t-il. Tout se jouera lundi.