POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Réouverture des institutions culturelles

«La culture est essentielle en cette période de crise»



À partir de lundi 11 janvier, il sera possible d’assister de nouveau à une pièce de théâtre, mais en suivant certaines règles sanitaires. (Photo: Caroline Martin/archives Maison Moderne)

À partir de lundi 11 janvier, il sera possible d’assister de nouveau à une pièce de théâtre, mais en suivant certaines règles sanitaires. (Photo: Caroline Martin/archives Maison Moderne)

Suite aux annonces générales déclarées mardi 5 janvier par le gouvernement sur l’assouplissement des mesures sanitaires dans certains secteurs, la ministre de la Culture Sam Tanson a souhaité préciser les mesures qui seront appliquées à partir du lundi 11 janvier pour le secteur culturel.

«Je suis absolument ravie qu’à partir de lundi, les institutions culturelles puissent rouvrir et accueillir de nouveau leur public», a déclaré la ministre de la Culture Sam Tanson (Déi Gréng),  lors d’une conférence de presse . Car en ces temps difficiles, «la culture est essentielle», et beaucoup de personnes souhaitent pouvoir profiter de livres, films, spectacles, expositions… «Ceci a été en partie possible grâce à l’offre digitale qui a été créée dernièrement, mais si cette offre est un substitut et un bon complément, elle ne remplace en rien l’expérience réelle.»

Après une première fermeture le 18 mars, les institutions culturelles ont eu le droit de rouvrir en deux temps, les 11 mai et 29 mai , en suivant certaines restrictions sanitaires – restrictions qui ont été renforcées le 30 octobre, avant une nouvelle fermeture sélective des institutions culturelles (à l’exception des musées, centres d’art, bibliothèques et archives nationales) le 26 novembre et d’ une fermeture pour tous le 26 décembre .

Le lundi 11 janvier 2021 marque donc un nouveau virage avec la réouverture de l’ensemble des activités culturelles  ( le vote aura lieu ce vendredi à la Chambre des députés , ndlr), mais toujours en devant suivre certaines restrictions et règles sanitaires. Les programmes devront être adaptés afin de répondre aux exigences d’un couvre-feu à 23h.

Un nombre limité de personnes et le masque de rigueur

Ainsi, les salles de spectacle accueillant du public peuvent accepter jusqu’à 100 personnes (hors personnes sur scène et équipe technique) qui resteront masquées et devront être assises en maintenant une distance interpersonnelle de 2m. Par contre, pour les artistes professionnels, les répétitions et représentations sont possibles sans masque ou distanciation. «Nous sommes bien conscients de la responsabilité que cela représente, et la plus grande prudence est de rigueur», a assuré la ministre de la Culture. «J’ai eu beaucoup d’échanges avec les différentes associations et fédérations, et je peux vous assurer que tout le monde est très content de pouvoir retravailler et que toutes les mesures seront mises en place pour éviter tout risque de contamination.»

Les musées, centres d’art, salles d’exposition, archives et bibliothèques devront globalement suivre  les mêmes règles que dans les commerces , avec un nombre limité de personnes en fonction de la surface accessible au public, le port du masque obligatoire, et l’interdiction de consommer sur place. Aussi, les visites guidées peuvent reprendre, dans la limite de 10 personnes.

Les amateurs ne sont pas oubliés

La pratique des amateurs n’est pas mise de côté, et les groupes jusqu’à quatre personnes sans masque ou distanciation sont acceptés dans ce cas. «Ceci ne concerne toutefois pas la pratique de la musique, qui relève du ministère de l’Éducation», a précisé Sam Tanson. Au-delà de quatre personnes et jusqu’à 10, il faudra remettre le masque et garder ses distances. À partir de 11 personnes et jusqu’à 100, le fait d’être assis et à distance devient obligatoire.

Un soutien financier assuré

Au côté de ces mesures visant à protéger les équipes et les visiteurs, le ministère de la Culture déploie également une série d’aides financières qui visent à soutenir les professionnels de ce secteur. Ainsi, les intermittents et les artistes professionnels voient les conditions favorables à leur indemnisation (aide mensuelle à hauteur du salaire social minimum et diminution du revenu minimum obligatoire pour bénéficier de ces aides) étendues jusqu’au 28 février.

Une partie des ressources financières mobilisées pour le programme Neistart Lëtzebuerg (qui s’élève à près de cinq millions d’euros) a déjà été distribuée. Cet argent est ventilé entre aides aux institutions (1,5 million), soutien aux résidences (100.000€ pour les Annexes du château de Bourglinster), financements de créations musicales (48.600€) ou d’œuvres dramatiques (200.000€), aides pour la recherche de nouveaux formats de spectacles (71.625€), achats d’œuvres d’art auprès de galeries (147.700€) ou directement auprès des artistes (107.270€).

Par ailleurs, des dossiers sont en cours d’évaluation pour soutenir l’accueil d’artistes associés en résidence (19 demandes en cours) ou apporter un soutien financier aux petits musées régionaux et sites culturels à vocation touristique (16 demandes).