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Covid-19

Les institutions culturelles à nouveau ouvertes



Les musées, dont le MNHA, peuvent rouvrir à compter du 11 janvier. (Photo: MNHA)

Les musées, dont le MNHA, peuvent rouvrir à compter du 11 janvier. (Photo: MNHA)

Suite aux annonces gouvernementales, les institutions culturelles vont pouvoir rouvrir leurs portes et accueillir à nouveau du public, même si des restrictions sanitaires sont toujours en place et limitent leur capacité d’accueil et d’action.

Le coronavirus circule encore activement au Grand-Duché de Luxembourg, mais le gouvernement a décidé de procéder à certains arbitrages et a annoncé, mardi 5 janvier, que les établissements culturels pourraient rouvrir leurs portes à partir du 11 janvier.

Feu vert pour les arts de la scène

Les théâtres et autres arts de la scène n’avaient pas totalement arrêté leurs activités, puisque les répétitions étaient jusqu’alors encore autorisées, en suivant certaines mesures sanitaires, bien entendu. Ceci permet aux théâtres, notamment, de proposer rapidement des représentations de spectacles qui étaient dernièrement en répétition.

Ainsi, pour les Théâtres de la Ville de Luxembourg, la reprise se fera avec une représentation de « On ne badine pas avec l’amour », le 26 janvier, au Théâtre des Capucins. La direction est actuellement en train de revoir la programmation du mois de janvier dans le but de pouvoir ouvrir avant le 26. Toutefois, rien ne peut encore être confirmé à l’heure où ces lignes sont écrites.

Pour Jérôme Konen, directeur du Kinneksbond à Mamer, «cette annonce est un grand soulagement pour tout le secteur. Cela faisait plusieurs semaines que nous soulignions le fait que nous avions mis en place un protocole qui respecte les règles sanitaires pour le public et pour les équipes. Il est donc assez logique que nous puissions rouvrir non portes. Il s’agit d’une belle manière de commencer l’année.» Au Kinneksbond, la première pièce jouée sera « Terres arides » de Ian De Toffoli, avec Luc Schiltz et Pitt Simon, le 21 janvier, dans le cadre des scènes partagées avec le Théâtre du Centaure.

Pour Véronique Fauconnet, directrice du Théâtre ouvert Luxembourg (TOL), il s’agit d’une «grande joie» autant que d’une «grosse bouffée d’air». «Quel soulagement! Et quel travail de la part du ministère. Ce n’était sûrement pas évident, mais je suis convaincue que toutes les conditions sont réunies pour que nous puissions travailler à nouveau et en toute sécurité, même si tout n’est évidemment pas résolu d’un coup», précise-t-elle. Grâce à cette décision, et si les derniers détails sont réglés rapidement, le TOL devrait ainsi pouvoir présenter la première de «Moulins à paroles», avec Jean-Marc Barthélemy, Céline Camara et Monique Reuter, le 20 janvier, au Studio du Grand Théâtre de Luxembourg, dans le cadre du partenariat en vigueur avec ce dernier. 

Pour Bernard Baumgarten, directeur du Trois C-L, «c’est le résultat de tout le travail qui a été fait en coulisse avec le ministère de la Culture, qui a démontré que c’était un non-sens d’imposer les fermetures des salles de spectacle, même si la situation n’est jamais simple et que cela n’a pas été facile de convaincre que les protocoles étaient parfaitement adaptés. Nous pouvons donc rouvrir dans les mêmes conditions que juste avant cette dernière fermeture, c’est-à-dire en accueillant environ 10% de la capacité de la salle. Ce qui, pour le Trois C-L, signifie que nous pouvons accueillir seulement 12 spectateurs. Aussi, nous devons être inventifs et trouver de nouvelles formes de présentation des créations.» C’est ainsi que, le 3 février, est organisé un «1+1 au 3», une représentation en tête à tête, sur rendez-vous, entre un chorégraphe et un spectateur. Ce format permet aussi de soutenir la création, puisque 12 créations ont été commandées pour ce format singulier. «Nous trouvons des solutions et des moyens créatifs, même dans ces conditions invraisemblables!»

Ouverture aussi des musées

Du côté des musées, l’ouverture est aussi à l’agenda à compter du 11 janvier.

Ils sont également autorisés à reprendre les activités pédagogiques (ateliers et visites guidées), dans la mesure où les règles sanitaires sont respectées (port du masque, distances interpersonnelles, 10 personnes maximum…). Pour autant, même si les rassemblements de 100 personnes maximum sont autorisés si ces personnes sont assises, l’organisation de vernissages, par exemple, ne semble pas encore vraiment possible.

Les visiteurs pourront par exemple découvrir la toute nouvelle exposition Supports/Surfaces: Viallat & Saytour au MNHA, qui a ouvert quelques jours avant Noël et le nouveau confinement, profiter des œuvres de la collection du Mudam, avec l’exposition organisée à l’occasion des 25 ans de la création de ce fonds public , ou encore aller au Casino Luxembourg pour les derniers jours de «L’homme gris», traitant de la figure du diable dans l’art contemporain.

Pour le galeriste Alex Reding (Nosbaum Reding), dont la galerie peut aussi rouvrir, puisque considérée comme «commerce non essentiel», «c’est évidemment une bonne nouvelle, surtout pour les artistes qui travaillent sans relâche, et pour qui c’est essentiel que leur travail puisse être vu, même si, il faut bien le reconnaître, nous recevons beaucoup moins de visiteurs. Mais nous faisons circuler leur travail en envoyant des photos, par le site internet, en présentant leur dossier, ou en organisant des rendez-vous individuels avec des collectionneurs.»

Les cinémas pas toujours prêts

La réouverture des cinémas, une bonne nouvelle? Pas tant que ça, selon Raymond Massard, à la tête de l’asbl Images Animées, qui gère le Kursaal de Rumelange et le Waasserhaus de Mondorf-les-Bains. «Nous ne nous y attendions pas. Nous n’étions pas préparés non plus», réagit-il, alors qu’il vient d’apprendre la nouvelle, s’avouant encore «surpris». «La problématique reste que, comme tous les cinémas autour sont fermés, il n’y a strictement rien au niveau des films», s’inquiète-t-il. «Nous allons voir comment nous allons pouvoir réagir. Si on ouvre, ce sera seulement pour un nombre restreint de séances.» Dans tous les cas, cela ne devrait pas se faire avant mercredi prochain, selon lui, date des sorties cinéma. Une autre possibilité serait de n’ouvrir «que le week-end», imagine-t-il.

Face au manque de nouveautés, il envisage de remettre à l’écran des films qui étaient encore à l’affiche lors de la seconde fermeture annoncée fin novembre,  «comme la comédie française ‘Adieu les cons’», illustre-t-il. Même s’«il n’y en a pas beaucoup, et ce ne sont pas les films les plus attrayants».

Globalement, ce n’est donc «pas une bonne nouvelle», selon lui. Car le coût de la réouverture risque d’être supérieur aux recettes. «Nous allons mourir à petit feu.»

Le gouvernement permet en tout cas la reprise en suivant un protocole sanitaire strict. Cela devrait «être la même chose» que lors de la réouverture de juin , estime-t-il, avec des sièges vides entre chaque foyer et des distributeurs de gel hydroalcoolique un peu partout. Dans son allocution devant la presse, mardi 5 janvier , la ministre de la Santé Paulette Lenert  (LSAP) a parlé de «distance de 2 mètres, avec le port du masque et un maximum de 100 personnes».

Les établissements se mettront-ils d’accord, comme ils l’ont fait en mai dernier , pour repousser leur date de réouverture? La Cinémathèque de la Ville de Luxembourg, qui rediffuse surtout des classiques, attend de son côté des instructions de la Ville. Sollicité, Kinepolis (22 salles dans trois établissements au Grand-Duché) n’a pas réagi sur le sujet. Sur son site internet, un message affiche que, «suite aux récentes mesures gouvernementales, nous sommes heureux de vous annoncer la réouverture de nos cinémas dès le mercredi 13 janvier».  Les mesures de sécurité en place ont été mises à jour, avec le port du masque obligatoire même pendant la séance.