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live chat avec xavier bettel

«De nouvelles aides économiques vont être annoncées»



Xavier Bettel a répété vouloir continuer à éviter un scénario dans lequel le Luxembourg ne serait plus en mesure de soigner tous les malades. (Photo: Matic Zorman)

Xavier Bettel a répété vouloir continuer à éviter un scénario dans lequel le Luxembourg ne serait plus en mesure de soigner tous les malades. (Photo: Matic Zorman)

Le Premier ministre, Xavier Bettel, était l’invité exceptionnel du Live Chat organisé ce mardi 12 mai par le Paperjam Club et animé par Nathalie Reuter. Il a évidemment été question de la crise sanitaire actuelle, mais aussi du futur du pays.

Le gouvernement travaille bel et bien à un allègement fiscal destiné aux propriétaires de biens immobiliers, ceci afin de les inciter à faire un geste envers leurs locataires, a confirmé le Premier ministre,  Xavier Bettel (DP), invité exceptionnel d’un Live Chat organisé par le Paperjam Club et animé par la journaliste et directrice des développements éditoriaux de Maison Moderne, Nathalie Reuter . «Le loyer est un point de charge très important dans le bilan des commerçants», a justifié le Premier ministre. Le projet «d’un modèle» pourrait être présenté cette semaine ou la suivante.

Les efforts vont donc se poursuivre, afin de relancer la machine économique. «On travaille à un plan en faveur du tourisme , de l’hôtellerie, pour voir comment les aider…», avance notamment encore Xavier Bettel. Qui reconnaît que de nombreuses entreprises ou indépendants n’ont pas pu bénéficier d’aides, du moins dans un premier temps : «Nous devons créer certains modèles. Comme des gens passaient à travers les mailles du premier filet, il fallait en refaire un deuxième… On a donc adapté nos modèles pour que le gros des personnes soit concerné. Lors de notre première aide, je le dis, plus de la moitié passait à travers les mailles du filet. La deuxième fois, on était à 10 ou 15%.  Des aides, il va donc encore y en avoir, elles seront annoncées, même si je ne vais pas dévoiler des choses qui ne l’ont pas été officiellement.»

Remboursables, ou plutôt non remboursables,  comme le demande le patronat ? Ce n’est pas encore clair. «Il y aura les deux cas de figure», répond le Premier ministre, qui a précisé que l’approche du gouvernement tendait vers un équilibre entre tous les aspects liés à cette crise, dont les réponses doivent être apportées avec l’argent public. «Il y aura en tout cas un fonds pour les petites entreprises et les indépendants, et le chômage partiel pour voir comment on peut encore aider l’un ou l’autre .» «On investit massivement dans notre économie, car c’est important d’avoir une économie qui  fonctionne» et que «l’économie est importante pour nous tous».

Dès lors, aurait-il fallu la mettre presque totalement à l’arrêt? La réponse ne souffre aucune interprétation: «Oui, à refaire, je refais la même chose. Je ne pouvais agir autrement.»

Il ne faut pas que les dommages collatéraux fassent plus de victimes que la crise elle-même.
Xavier Bettel

Xavier Bettel,  Premier ministre

Mais le moment de la sortie de confinement a fini par arriver . Là aussi, la mesure est apparue nécessaire. «Il y a les dommages collatéraux qu’on ne peut pas oublier. Mais ils ne doivent pas être plus importants que le nombre de décès liés au Covid. Et puis les violences, au sein des foyers, les mauvais traitements sur les enfants , ce sont des chiffres qu’on ne connaît pas, mais les associations nous disent que ces phénomènes ont augmenté… Puis il y a les personnes âgées qui se sont un peu laissées aller. Il y a des aspects psychologiques, sociaux et économiques à prendre en compte.»

D’où la possibilité de recevoir maintenant six personnes sous son toit ou de se réunir à 20 dans un lieu public, en respectant les conditions sanitaires prescrites.

Partager un repas au restaurant ou un verre au café, ce sera pour plus tard. Quand? La réponse n’est pas connue. La date du 1er juin a été avancée, si les chiffres sont bons. «Suite aux mesures de déconfinement, dans 10 ou 12 jours, on fera une évaluation, autour du 20 mai, on en saura un peu plus», augure Xavier Bettel. Qui rappelle que des secteurs comme l’événementiel ou celui des salles de fitness souffrent aussi. Pour tous, même avec une réouverture, «retrouver un rythme de croisière prendra du temps».  

Pour forger sa décision, le gouvernement se basera toujours sur «différentes courbes», dont le nombre de patients en soins intensifs et le taux de reproduction du virus. «Il n’y a pas un seul chiffre qui nous permette de dire que c’est le bon. C’est un ensemble de chiffres, plusieurs variables à prendre en compte. Et voir les modélisations avec les spécialistes. On regarde différents paramètres. Et parfois, il faut prendre un risque politique… Toute ouverture est liée à un risque.»

Revenir en arrière reste possible

Et rien n’est définitivement acquis, «car on peut revenir en arrière sur toutes les mesures déjà prises».

Car il est hors de question de vivre un scénario «dans lequel on ne puisse pas soigner la population. Dans certains pays, des experts en éthique ont dû se pencher sur cette question: qui pouvons-nous sauver, qui ne pouvons-nous pas sauver? Je suis heureux que nous n’ayons pas dû nous poser ce genre de question au Luxembourg. Peut-être que dans les six prochains mois à venir, il faudra revenir en arrière, il n’y a pas de garantie», augure Xavier Bettel, qui le répète, chacun fait partie de la solution.

Car avoir une vision à moyen et long termes est nécessaire, dans les mois qui viennent, le Premier ministre veut aussi initier «un dialogue plus large qu’avec les patrons et les syndicats». La tripartite devrait donc devenir «une consultation des forces vives du pays». Toujours dans le but de façonner le visage du Luxembourg d’après pandémie. 

Pendant que ce Live Chat se déroulait, les syndicats LCGB et OGBL se rappelaient au bon souvenir du Premier ministre en lui demandant d’être consultés.

Un besoin de croissance

Évidence pour Xavier Bettel, le Luxembourg  devra continuer à miser sur la croissance. «Qu’on arrête de dire qu’on n’a pas besoin de croissance! Sans cela, il n’y a pas de politique sociale possible et pas de solidarité», fustige Xavier Bettel.

S’il ne sait pas s’il partira en vacances, Xavier Bettel avoue qu’il se sentira très bien dans son jardin ou en partant à la découverte des régions du pays. Un pays pour lequel il a une nouvelle fois répété sa fierté «par rapport à la solidarité affichée, dans des circonstances difficiles».

En concluant via un nouveau hashtag: #bleiftvirsichteg (restez prudents), après le #bleiftdoheem préconisé durant le confinement. Le Premier ministre espère que le prochain sera #bleiftgesond (restez en bonne santé).

Revoir le Live Chat traduit en anglais