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APRÈS-CRISE

Promouvoir le tourisme local pour aider le secteur



L’esprit de Vakanz Doheem reviendra pour l’été 2020, mais la campagne et son intitulé seront adaptés à la période, indique Lex Delles.  (Photo: Matic Zorman / archives Paperjam)

L’esprit de Vakanz Doheem reviendra pour l’été 2020, mais la campagne et son intitulé seront adaptés à la période, indique Lex Delles.  (Photo: Matic Zorman / archives Paperjam)

Le ministère du Tourisme travaille à des campagnes publicitaires pour promouvoir le pays dès la fin du confinement. Ses cibles: les résidents, ainsi que les habitants des pays limitrophes et des Pays-Bas. Lex Delles (DP) espère ainsi sauver une partie de la saison touristique, mise à mal par le Covid-19.

Et si cet été, on passait ses vacances au Luxembourg? La crise du Covid-19 semble rendre difficile la planification de voyages à l’étranger, dans un sens comme dans l’autre.

Résultat, «une mise à zéro du chiffre d’affaires» pour le secteur, décrit  Lex Delles  (DP), ministre du Tourisme. Il avait déjà  commencé à baisser  dès février, avant les mesures de confinement. «On sait très bien que même après la réouverture de certaines branches d’activité, le secteur ne va pas se remettre tout de suite», admet-il.

Promouvoir le tourisme régional

Quelles mesures le gouvernement met-il en place pour sauver les professionnels du tourisme? Le ministre rappelle les différentes aides, comme la  subvention de 5.000 à 12.500 euros pour les indépendants et PME  , le régime de garantie d’État pour les crédits bancaires ou encore la généralisation du chômage partiel.

En parallèle, il réfléchit à l’après-crise: «Nous sommes en train de revoir notre stratégie de campagnes touristiques», révèle-t-il. Axées sur deux cibles: «Le tourisme national et régional», qui concerne le Luxembourg et la Grande Région, et «les pays limitrophes et les Pays-Bas».

«Nous allons renforcer nos campagnes publicitaires pour une saison où normalement nous ne faisons pas de publicité ciblée dans ces pays», ajoute Lex Delles. Géographiquement proches, ce sont des personnes qui peuvent encore «décider spontanément de venir au Luxembourg.» Alors que les touristes plus éloignés, «qui font des plans de vacances six mois ou un an en avance, nous les avons perdus».

Ce sont déjà les principaux marchés du pays selon l’OCDE, qui calcule que les habitants des Pays-Bas, d’Allemagne, de France et de Belgique représentaient 62% des séjours avec nuitée en 2016. Le tourisme interne représentait pour sa part environ 10%.

La campagne Vakanz Doheem adaptée

«Il y aura tout un plan de stabilisation et de suivi pour ce secteur qui sera mis en place», promet le ministre. «Nous sommes en plein dans la crise, il n’est pas encore terminé.»

Si le Covid-19 empêche tout le monde de voyager, marque-t-elle un retour en grâce de la campagne Vakanz Doheem («vacances à la maison»)? Lancée en juillet dernier, elle vise à encourager les résidents et les habitants de la Grande Région à découvrir le Luxembourg durant leurs congés. Elle s’inscrit dans le plan  Tourisme 2022 .

«Je pense qu’il n’est pas très opportun de parler de cette campagne, après plusieurs semaines de confinement. Nous allons l’adapter et changer l’intitulé, en gardant l’esprit», répond-il.

Un budget de 150.000 euros devait être alloué à la promotion du pays avant la crise. Ce montant devrait augmenter, selon le ministre.

L’attente d’une date

Je suis tout à fait contre une fermeture des frontières.
Lex Delles

Lex Delles,  ministre du Tourisme et des Classes Moyennes

Le pays dépend aussi de ses voisins. «Si la frontière entre le Luxembourg et l’Allemagne reste fermée, nous n’aurons pas besoin de faire la campagne pour le Luxembourg là-bas», illustre le ministre. «Il faudra voir à quel point les gens seront libres de voyager. Personnellement, je suis tout à fait contre une fermeture des frontières.»

Un sujet sur lequel il a pu échanger avec ses homologues européens lors d’une vidéoconférence lundi 27 avril. Il y a souligné: «Nous devons trouver des solutions communes au niveau de l’Union européenne et être prêts à prendre des mesures supplémentaires lorsque les circonstances l’exigent. Je suis persuadé que nous surmonterons cette crise ensemble et que les touristes regagneront la confiance nécessaire pour voyager à nouveau.»

Malgré toute cette bonne volonté, Lex Delles confirme que 2020 marquera une année noire pour le tourisme. «Aussi longtemps qu’on restera en confinement, il y aura un chiffre d’affaires à zéro.» L’objectif sera de rattraper au moins une partie de la saison.

D’après le ministre, le tourisme représente 8,9% du PIB luxembourgeois. Il emploie directement ou indirectement environ  20.000 personnes .

Concernant le tourisme d’affaires, «c’est un autre sujet», complète le ministre. «Il va probablement reprendre plus facilement car il n’a pas vraiment de saison.»