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Prestation de serment

Backes, Haagen et Engel désormais ministres



Yuriko Backes, Claude Haagen, et Georges Engel à leur sortie du Palais Grand-Ducal, accompagnés par le chef du gouvernement, Xavier Bettel. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Yuriko Backes, Claude Haagen, et Georges Engel à leur sortie du Palais Grand-Ducal, accompagnés par le chef du gouvernement, Xavier Bettel. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

L’assermentation de Yuriko Backes, Georges Engel et Claude Haagen a eu lieu ce mercredi 5 janvier. Pour la première fois, ce cérémonial s’est déroulé en visioconférence, le Grand-Duc Henri étant positif au Covid-19. À leur sortie du palais, les trois nouveaux ministres se sont livrés au jeu des premières impressions… et priorités.

Une petite demi-heure et tout était joué. La cérémonie d’assermentation des ministres  Yuriko Backes  (DP), Georges Engel et Claude Haagen  (LSAP) organisée au Palais grand-ducal ce mercredi 5 janvier a débuté devant le  Grand-Duc présent… mais à distance. Positif au Covid-19 , le chef de l’État a en effet rempli ses fonctions par écran interposé depuis le château de Berg.

«Le Grand-Duc va mieux qu’hier», assurait  Xavier Bettel  (DP) au sujet de l’état de santé du chef de l’État, actuellement en isolement à Colmar-Berg. Avec peu de symptômes. Ce qui lui a donc permis de procéder à cette première assermentation ministérielle «phygitale».

Voici qui boucle le troisième remaniement (après le départ inopiné, à l’été 2019, du ministre de la Justice Félix Braz  puis la démission en février 2020 du ministre de l’Économie Étienne Schneider ) depuis le début de la mandature du deuxième gouvernement DP-LSAP-déi Gréng. Un nouveau changement au sein de l’équipe que le Premier ministre aborde avec sérénité. «Ce sont des personnes que je connais», résumait Xavier Bettel face à la presse.

«Beaucoup d’émotion» pour les nouveaux ministres

L’assermentation réalisée à distance «n’a rien enlevé à l’émotion que ce moment incarne», souligne toutefois Claude Haagen (LSAP), nouveau ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, ainsi que de la Sécurité sociale.

«Il y a beaucoup de travail qui nous attend. Je crois qu’un des dossiers primordiaux pour le moment en ce qui concerne la Sécurité sociale est celui de l’Agence eSanté. On va essayer d’avancer ensemble avec l’AMMD sur ce dossier très important», a-t-il confié, évoquant la rupture du dialogue entre l’Association des médecins et médecins-dentistes et l’Agence eSanté.

Sous sa casquette de ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, «les grands dossiers au niveau de l’agriculture concernent notamment la politique agricole commune européenne, et il y a une loi agraire qui devrait suivre par la suite».

 La cérémonie d’assermentation a eu lieu de manière «phygitale» ce mercredi 5 janvier. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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Le Grand-Duc Henri n’était pas physiquement présent pour la réaliser suite à la contraction du Covid-19 au retour de ses vacances en famille. (Romain Gamba/Maison Moderne)

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Un troisième remaniement ministériel depuis le début de la mandature du deuxième gouvernement DP-LSAP-déi Gréng. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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Le nouveau ministre des Sports et du Travail Georges Engel (LSAP) a prêté serment. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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Tout comme la nouvelle et première femme ministre des Finances Yuriko Backes (DP). (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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Ainsi que Claude Haagen (LSAP), nouveau ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, et de la Sécurité sociale (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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«Jour et nuit, sept jours sur sept»

Pour Yuriko Backes, le moment était aussi à l’émotion. «Oui, c’est très émouvant quand même. Je travaille depuis toujours dans l’intérêt du pays, et là, c’est à un autre niveau. Ça sera beaucoup de travail, jour et nuit, sept jours sur sept, mais je suis pleine d’énergie et de motivation pour y arriver. C’est une nouvelle fonction et j’ai soif de relever ces nouveaux défis.»

Les grands chantiers qui l’attendent sont notamment «la réforme de la fiscalité qui est en discussion, et qui sera débattue, mais à cause de la pandémie ce sera difficile de faire une grande réforme. Il y a une place financière à continuer à défendre aussi. Pierre Gramegna a notamment fait un travail remarquable dans le domaine de la finance verte avec le Luxembourg Green Exchange.» Et Yuriko Backes ne pense pas encore à la prochaine échéance législative de 2023, mais se dit «concentrée sur sa mission de ministre».

Engel: «Dans la continuité, mais avec un autre style»

Troisième ministre à faire son entrée au gouvernement, Georges Engel (LSAP) place ses ressorts des Sports et du Travail au même niveau d’importance, avec l’idée de travailler dans la continuité de son prédécesseur et camarade Dan Kersch, tout en assumant son propre style.

«Un autre style ne veut pas dire un style meilleur, mais une autre approche, une autre manière de communiquer. Je suis un homme de dialogue, qui veut se faire conseiller, se faire entourer de personnes qui sont des experts pour prendre mes décisions par la suite, comme le faisait d’ailleurs Dan Kersch. On ne va pas réinventer la roue.»

Sur son bureau, le nouveau ministre retrouvera des dossiers sur lesquels il s’est penché jusqu’alors en tant que député et président de la commission parlementaire du travail. À commencer par l’accompagnement des entreprises en difficulté en raison de la pandémie.

«Nous avons déjà décidé que les aides vont courir jusqu’en février. Nous devrons voir à ce moment-là quelles seront les nouvelles mesures éventuellement nécessaires et leurs répercussions, d’où l’idée de mener des tripartites sectorielles avec les secteurs vulnérables ou ceux qui ont le plus souffert.»

Ministre du Travail, Georges Engel a-t-il un message à faire passer aux salariés en ce début d’année encore marqué par la crise sanitaire? «Le travail, ce n’est pas seulement le travail, c’est aussi la solidarité, les amis, une mission pour la vie ou pour un moment. Je leur dirais de se rendre au travail aussi heureux et confiants que possible. Je vais aussi essayer de remettre le travail et la vie privée de concert. Les deux éléments doivent bien s’imbriquer. C’est un défi pour les années à venir.»

Autre style, autre tempérament par rapport à son prédécesseur. Quel signal le ministre Georges Engel veut-il envoyer aux chefs d’entreprise? «Ce sont les chefs d’entreprise qui créent les emplois, qui ont aussi besoin des bons salariés. Souvent, les socialistes sont considérés comme des adversaires des patrons. Je ne suis pas leur adversaire. Je les considère comme des partenaires dans le cadre d’un grand travail général à mener.»

Un état d’esprit que Georges Engel entend perpétuer dans les prochains jours, lorsqu’il rencontrera tour à tour patronat… et syndicats.