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Rentrée

Télétravail: différentes stratégies selon les entreprises



Dans de nombreuses entreprises du pays, le télétravail restera une réalité lors de cette rentée, avec des modalités d’application qui peuvent évidemment varier de l’une à l’autre. (Photos: Maison Moderne; Shutterstock. Montage: Maison Moderne)

Dans de nombreuses entreprises du pays, le télétravail restera une réalité lors de cette rentée, avec des modalités d’application qui peuvent évidemment varier de l’une à l’autre. (Photos: Maison Moderne; Shutterstock. Montage: Maison Moderne)

Certaines entreprises prévoient un retour progressif de leurs salariés, d’autres souhaitent conserver encore l’alternance entre travail à domicile et sur site… Avec des variantes, le télétravail restera en tout cas bel et bien une réalité pour cette seconde rentrée sous Covid.

La cloche va bientôt sonner  pour les élèves et les étudiants, mais aussi pour les derniers salariés encore en vacances. Et pour certains, rentrée rimera avec retour au bureau, au moins en partie.

Paperjam a contacté différents grands employeurs du pays afin de connaître leur stratégie.

Une présence plus importante au bureau, ce sera notamment le cas pour les 800 salariés des CFL qui peuvent télétravailler, parmi les 4.800 au total. «Depuis le 1er juillet 2021, le dispositif durable de télétravail a été mis en place.» Une période transitoire permet d’augmenter progressivement la présence au bureau. Pour arriver, le 1er octobre, à un maximum de deux jours de télétravail par semaine. «Évidemment, nous suivons l’évolution de la situation de très près pour réagir si besoin.»

Chez Post, également, «une part importante de nos fonctions ne sont pas éligibles au télétravail». Pour les autres, «la répartition entre bureau et télétravail se fait en fonction des départements. Post prépare le retour progressif sur le lieu de travail à partir de la rentrée». L’entreprise aux 4.620 salariés ne donne pas plus de détails sur le nombre de jours possibles, mais précise que les réunions en visioconférence restent encouragées. Certaines ont aussi lieu sous CovidCheck. Les modalités peuvent là aussi évoluer. Pour l’après-crise, les conditions de télétravail seront «élaborées avec les partenaires sociaux».

Le flou autour des frontaliers

Depuis le 15 juillet déjà, les 1.890 employés de la Banque internationale à Luxembourg (BIL) sont passés d’un régime de trois à deux jours de télétravail par semaine. «L’organisation se fait au niveau de chaque équipe», précise Olivier Kormann, responsable People care, Benefits and Solutions. Elle souhaite passer à un jour de télétravail par semaine, ce qui devrait rester la norme après la crise. À partir de quand? «Nous allons décider dans les jours à venir du dispositif à mettre en place». La banque se tient évidemment prête à augmenter le télétravail en cas de nouvelle vague. Elle encourage à se faire tester ou vacciner, «mais cela reste à la décision de chacun», position que partagent par ailleurs toutes les autres entreprises interrogées.

Difficile de s’organiser sans visibilité sur les possibilités de télétravail pour les frontaliers. Pour rappel, ceux-ci sont imposables dans leur pays de résidence à partir d’un certain nombre de jours de travail effectués à domicile par an et retombent sous le coup de la Sécurité sociale de leur pays de résidence s’ils effectuent chez eux plus de 25% de leur temps de travail total. Des quotas gelés par des accords de crise, régulièrement renouvelés, comme cela vient d’être le cas pour le volet sécurité sociale des frontaliers français . Ceux concernant le volet fiscalité de ces mêmes frontaliers français, mais aussi belges,  prendront fin le 30 septembre , sauf en cas de nouvelle prolongation.

«Au 1er octobre, on devrait donc avoir un retour sur site important des frontaliers», prévoit alors Stéphanie Hayart, directrice des ressources humaines chez CTG IT Solutions. La plupart des 165 salariés travaillent habituellement chez les clients, mais beaucoup ont fermé leurs portes aux consultants. Conséquence, «nous sommes en train d’aménager nos locaux» pour faire de la place aux salariés, au cas où ils ne pourraient plus travailler chez eux. Dans l’idéal, l’entreprise aimerait proposer deux jours de télétravail par semaine.

Chacun son type de rotation

Au sein d’ING Luxembourg (890 salariés), on a fait le choix de la stabilité: «Nous poursuivons notre système de rotation 50/50». La moitié du staff vient au bureau pendant que l’autre télétravaille pendant deux semaines, puis la situation s’inverse les deux semaines suivantes. La banque préconise, pour l’après-crise, un système hybride qui dépendra des accords avec les pays frontaliers.

Chez BGL BNP Paribas (4.050 salariés), le système de rotation hebdomadaire reste d’application. La banque dit étudier «les modalités de mise en place d’un télétravail pérenne».

Chez Société Générale, deux options sont possibles pour les 1.200 salariés: «Alternance une semaine sur deux ou alternance de trois et deux jours par semaine», détaille Philippe Perain, directeur des ressources humaines. Un dispositif «adaptable et réversible en fonction de la situation sanitaire». À terme, la banque souhaite «étendre le télétravail».

Pour les salariés qui peuvent télétravailler, parmi les 3.660 d’ArcelorMittal, «nous demandons au moins deux jours de présence par semaine». Les discussions pour l’après-Covid dépendront là aussi des accords frontaliers. À l’usine, les règles de distanciation sociale ne changent pas.

De même chez Goodyear, où les salariés qui le peuvent parmi les 3.570 travaillent en partie à distance.

Le télétravail restera donc une réalité encore forte pour cette deuxième rentrée sous Covid. Reste à savoir s’il se pérennisera vraiment ou s’il disparaitra au fil des mois et années à venir.