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Pandémie

Avec le variant Delta, une rentrée scolaire à risque



Dans l’ensemble, le dispositif sanitaire mis en place lors de l’année scolaire précédente – mesures graduelles en fonction de scénarios préétablis – «a bien fonctionné», juge-t-on au ministère. Il devrait donc être «reconduit, mais adapté» pour certains aspects encore à définir. (Photo: Shutterstock)

Dans l’ensemble, le dispositif sanitaire mis en place lors de l’année scolaire précédente – mesures graduelles en fonction de scénarios préétablis – «a bien fonctionné», juge-t-on au ministère. Il devrait donc être «reconduit, mais adapté» pour certains aspects encore à définir. (Photo: Shutterstock)

Le variant Delta, plus contagieux, notamment chez les jeunes, fait de la rentrée scolaire une étape sensible. Cette tranche d’âge, moins vaccinée, est exposée. Et, indirectement, la population aussi. Dans les écoles, les mesures sanitaires devraient rester les mêmes, même si des adaptations sont envisagées.

Le retour des vacances a mis fin à plusieurs semaines de déclin de l’épidémie au Luxembourg . Un phénomène qui devrait s’accentuer ces prochaines semaines. Et, sous l’effet du variant Delta, majoritaire et plus contagieux, notamment chez les jeunes, la rentrée scolaire sera particulièrement à risque.

Dans une recommandation du 17 août 2021 au sujet de la vaccination des plus de 12 ans, le Conseil supérieur des maladies infectieuses (CSMI) constatait bien «une contagiosité plus importante des nouveaux variants viraux dans la population, y compris dans les tranches de population plus jeunes».

Conséquence: «Les taux de notification des cas chez les enfants et adolescents dans la plupart des pays sont actuellement parmi les plus élevés, avec des niveaux d’infection similaires à ceux des jeunes adultes», et ils représentent «une proportion croissante de cas hebdomadaires depuis janvier 2021», remarque le CSMI.

0,6% d’hospitalisations chez les 0-15 ans

Plusieurs raisons, en plus de la forte contagiosité des variants, expliquent cette évolution: la vaccination des adultes, la réticence des plus jeunes face aux mesures anti-Covid et aux vaccins, et des interactions sociales plus importantes au sein de cette population.

Interactions qui devraient redoubler avec la rentrée scolaire, et donc multiplier les risques. Risques d’abord pour les enfants et les adolescents eux-mêmes. Car, si ces derniers restent le plus souvent peu symptomatiques, et les infections graves exceptionnelles, «certains d’entre eux nécessitent une hospitalisation en raison de leur infection, dont, pour certains, aux soins intensifs», constate le CSMI.

Au Luxembourg, depuis le début de la pandémie, 3,1% des hospitalisations concernent les 0-19 ans, dont 1,3% des hospitalisations aux soins intensifs. Entre mars 2020 et avril 2021, environ 10.000 enfants entre 0 et 15 ans ont été testés positifs. 0,6% d’entre eux ont été hospitalisés, et, parmi eux, 6% en soins intensifs.

En outre, le «Covid long» n’épargne malheureusement pas les jeunes. «Un pourcentage considérable d’entre eux développera des symptômes persistants après l’infection», déplore ainsi le CSMI.

La population exposée

Les décès, très rares – aucun décès pédiatrique n’est à déplorer au Luxembourg –, restent tout de même possibles: selon l’OMS, sur 5 millions d’infections chez les 0-24 ans en Europe, 421 ont conduit à un décès chez les jeunes, dont 295 décès chez les 15-24 ans.

Le deuxième risque est de laisser le virus circuler au sein d’une partie non négligeable de la population (les moins de 18 ans représentent 21% de la population au Luxembourg), exposant ainsi indirectement le reste de la population.

«Aussi longtemps que le virus pourra circuler au sein de ce groupe d’âge, le reste de la population restera à risque d’exposition et d’infection par le virus», prévient le CSMI, qui précise que «les enfants et les adolescents peuvent être infectés par le Sars-CoV-2 et le transmettre à d’autres individus».

Des mesures d’atténuation nécessaires

«Des mesures d’atténuation appropriées» sont donc nécessaires dans les écoles pour circonscrire les infections, prévient le CSMI. Au ministère de l’Éducation nationale, les discussions autour de ces mesures, en interne et avec le ministère de la Santé, devraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois d’août. Mais, dans l’ensemble, le dispositif sanitaire mis en place lors de l’année scolaire précédente – mesures graduelles en fonction de scénarios préétablis – «a bien fonctionné», juge-t-on au ministère. Il devrait donc être «reconduit, mais adapté» concernant certains aspects encore à définir.

Si la vaccination des plus de 12 ans a été ouverte, la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), reconnaissait dernièrement,  lors d’une conférence de presse , que «la population plus jeune est encore plus réticente à se faire vacciner». Pour compenser ce manque, des autotests antigéniques rapides réguliers et en continu sont prévus pour surveiller les enfants non vaccinés, a-t-elle annoncé. Et le dispositif de tests d’urgence au sein des clusters, notamment dans les écoles, sera maintenu.

Annonces le 3 septembre

Le président du syndicat des enseignants SNE/CGFP, Patrick Remakel, espère qu’un «équilibre» sera trouvé entre la nécessité de cours en présentiel, «importants pour les élèves», et la nécessité de «faire primer la santé des élèves et des enseignants» et de prendre «toutes les mesures nécessaires» pour que «le virus ne se propage pas».

Une conférence de presse du ministère de l’Éducation nationale présentant le dispositif sanitaire de la rentrée est prévue le 3 septembre prochain.