POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

pandémie et retour au travail

Le télétravail reste la recommandation pour plusieurs semaines



Le travail à distance reste fortement recommandé. «C’est une question de bon sens», font valoir les autorités. (Photo: Shutterstock)

Le travail à distance reste fortement recommandé. «C’est une question de bon sens», font valoir les autorités. (Photo: Shutterstock)

Les employés actuellement en télétravail vont-ils être de retour à leur bureau à partir de lundi? Certains l’espèrent puisque la première phase de déconfinement sera amorcée. Cela reste néanmoins vivement déconseillé, «au moins durant la phase 1 du plan de sortie de crise».

Après plusieurs semaines de travail à distance, pour ceux pour qui cela était possible, l’impatience gagne les employés de retrouver leur bureau, leurs collègues… Alors que la phase 1 du déconfinement débutera lundi pour certains secteurs seulement, dont celui de la construction , des entreprises pourraient battre le rappel des troupes et demander à leurs salariés de revenir sur leur lieu de travail, au bureau.

Pour la Direction de la santé, il s’agit là d’une très mauvaise idée. «Si le secteur de la construction reprend lundi, c’est avec des conditions sanitaires très strictes», rappelle le docteur Jean-Claude Schmit , directeur de la Santé. «Non seulement pour les ouvriers, mais aussi pour les employés des services administratifs de ces entreprises. La recommandation est d’ailleurs de continuer à travailler à distance si cela est possible.»

Pour les employés des entreprises privées – institutions financières, services… – et du service public, «le télétravail reste privilégié. Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire. Les mesures prises par le gouvernement s’appliquent toujours

Pas avant la fin de la phase 1 de déconfinement

Le cabinet du Premier ministre, contacté par Paperjam, rappelle que, comme cela a été dit mercredi, «les sociétés, entreprises et administrations sont de manière générale encouragées à continuer de promouvoir le télétravail tout au long de la sortie du confinement».

Aucune date n’a été fixée, car, dit-on encore, la recommandation de ne pas venir sur son lieu de travail s’appliquera «au moins durant la phase 1 du plan de sortie de crise, prévue pour durer trois semaines à partir du 20 avril. Mais qui pourrait être plus longue si l’épidémie reprend de la vigueur.»

Recommandation ne signifie cependant pas interdiction: «C’est vrai, et d’ailleurs le gouvernement n’a jamais interdit de se rendre à son bureau. Mais il faut faire preuve de bon sens, car nous n’en avons pas fini avec l’épidémie, le mot d’ordre est toujours de rester chez soi et de télétravailler!»

Le ministre du Travail et vice-premier ministre Dan Kersch (LSAP) a enfoncé le clou à son tour lors d'une conférence de presse: «il est clair que les recommandations de faire du télétravail autant que possible restent d’application. C’est valable pour toutes les sociétés. Et si des choses ne peuvent être faites à la maison, il y a des règles claires. Dans son entreprise, il faut une distance de 2m entre les gens.»

La Commission de surveillance du secteur financier, par exemple, avait anticipé le message et dès ce vendredi matin, a demandé «à toutes les institutions financières tombant sous sa surveillance prudentielle de continuer à privilégier le travail à domicile jusqu’au 25 mai au moins», tout en «garantissant des conditions de sécurité informatique suffisantes».

Des directives précises données sous peu

De plus, le cabinet du Premier ministre rappelle «que l’employeur doit s’assurer de la sécurité des employés, comme l’indique le Code du travail.  Dans les entreprises, des règles sont aussi à respecter , notamment quant à la distanciation entre les gens. Prochainement, des directives précises vont d’ailleurs être données aux employeurs par le ministère du Travail.»

Enfin, la mobilité sera aussi un frein au retour dans les bureaux puisque l’offre de transports en commun reste limitée . Et le passage des frontières autorisé uniquement si l’on dispose d’une attestation de son employeur.