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Nouvelle campagne de communication

Public et privé s’allient pour l’électromobilité



Les bornes SuperChargy commencent leur déploiement, en complément des 500 bornes Chargy en activité au Luxembourg. (Photo: MEA / Sophie Margue) 

Les bornes SuperChargy commencent leur déploiement, en complément des 500 bornes Chargy en activité au Luxembourg. (Photo: MEA / Sophie Margue) 

La campagne «Stroum beweegt» mobilise aussi bien les autorités publiques que des entreprises privées pour concevoir une feuille de route pour l’électrification de la mobilité au Luxembourg.

Quelques heures à peine après les remontrances de la House of Automobile et de l’ACL , qui demande à être associée aux décisions, le gouvernement a dévoilé une initiative commune réunissant tous ces interlocuteurs autour de l’électromobilité.

«Nous avons besoin d’une conscientisation large autour de l’électromobilité et de travailler avec l’ensemble des acteurs pour l’organiser», a expliqué, mercredi matin,  Claude Turmes (déi Gréng), ministre de l’Énergie, lors du lancement de la campagne «Stroum beweegt».

Celle-ci réunit pour l’instant une vingtaine d’acteurs labellisés, dont des opérateurs de bus, des fournisseurs d’électricité, ou encore des entreprises dotées d’une flotte automobile importante, comme la Stëftung Hëllef Doheem notamment. Leur point commun? Ils ont signé une charte pour marquer leur «détermination à unir [leur] forces en vue de surmonter les obstacles existants et de soutenir les objectifs de l’initiative avec des mesures et activités exemplaires», dit le texte.

Un nouveau régime d’aides dès le 1er avril

«On espère que l’on va avoir plus d’acteurs à bord qui s’engagent pour l’électromobilité», a surenchéri Carole Dieschbourg (déi Gréng), ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable.

Dès ce 1er avril, un nouveau régime d’aides gouvernementales entre en application à l’achat d’une voiture électrique ou dotée d’une pile à combustible à hydrogène. Cette enveloppe de 58 millions d’euros comporte également une réserve pour couvrir la période allant de septembre 2020 à mars 2021, soit sept mois de «backload» pour le traitement des demandes. Jusqu’à présent, près de 12 millions d’euros de subsides ont déjà été alloués par le gouvernement aux détenteurs de véhicules électriques, hybrides, ainsi que de vélos.

Et alors qu’en février dernier, les voitures électriques représentaient 2,4% de part de marché au Luxembourg (avec 10.572 véhicules), le pays ambitionne d’atteindre 49% d’électromobilité d’ici 2030, avec une électrification quasi complète à l’horizon 2050.

Pour y parvenir, les trois écologistes ne misent pas seulement sur les primes, mais aussi sur l’infrastructure de recharge: à côté des 500 bornes Chargy et Chargy OK opérationnelles, 88 bornes ultra-rapides SuperChargy , qui permettent d’alimenter 100km d’autonomie en 5 minutes, sont annoncées sur 19 sites d’ici 2023. Leur déploiement sera accéléré l’été prochain au P+R de Junglinster, avant celui du Kirchberg, puis en septembre sur les aires d’autoroute de Berchem et Capellen, a annoncé François Bausch (déi Gréng).

«Par rapport à l’étranger, le Luxembourg est – juste après les Pays-Bas – le pays européen où le réseau de bornes est le plus étoffé», a soutenu le ministre de la Mobilité et des Travaux publics.

Reste qu’environ 80% de l’électricité consommée au Luxembourg est importée, ce qui pose naturellement la question de la capacité du réseau électrique à soutenir un afflux de véhicules électriques à recharger. «Il faut des efforts supplémentaires pour des bornes intelligentes qui communiquent entre elles sur les recharges», a plaidé Claude Turmes.

Les aides aux entreprises en attente d’un feu vert européen

Et de rappeler que des aides existent pour l’installation de bornes à domicile et dans les immeubles. Quant aux entreprises, demandeuses d’un soutien, comme l’a relayé la HOA dans une lettre ouverte à Carole Dieschbourg ce mercredi, le Luxembourg se heurte au régime européen relatif aux aides d’État. «Nous avons élaboré un programme pour développer des aides aux entreprises, mais nous sommes en pourparlers avec la Commission européenne», a indiqué Claude Turmes. Le ministre de l’Énergie n’a pas précisé d’échéance à laquelle le projet pourrait recevoir le feu vert de Bruxelles pour se concrétiser.

En attendant, la campagne «Stroum beweegt» est lancée, avec une communication orchestrée par myenergy pour sensibiliser un large public à l’électromobilité. Infrastructure, marché automobile et gestion de flotte sont autant de volets développés sur la plateforme . Après une phase de promotion et de labellisation des acteurs engagés, la prochaine étape de la campagne se profile à l’automne 2021 avec les premiers groupes de travail.