ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Nouvelles immatriculations

L’électrique explose dans un marché automobile en berne



Le nombre d’immatriculations de véhicules particuliers a chuté de 18,6% en 2020.  (Photo: Shutterstock)

Le nombre d’immatriculations de véhicules particuliers a chuté de 18,6% en 2020.  (Photo: Shutterstock)

Info Paperjam – Le marché de l’automobile n’a pas été épargné par la crise sanitaire, aussi au Luxembourg. Néanmoins, si le nombre de nouvelles immatriculations a chuté pour les véhicules essence et diesel, celui des véhicules électriques et hybrides a bondi, selon les chiffres de l’année 2020.

Le secteur automobile n’a évidemment pas échappé à la crise sanitaire. Et le Luxembourg n’a pas fait exception: l’année 2020 a vu le nombre d’immatriculations de voitures particulières baisser de 18,6% en un an, et celui des véhicules utilitaires légers reculer de 14,2%.

Des résultats que nuance toutefois Guido Savi, porte-parole de la Febiac Luxembourg, fédération représentant les constructeurs et importateurs sur le territoire national, qui rappelle que l’année 2019, lors de laquelle 55.000 nouvelles immatriculations avaient été recensées, était une année record. «Malgré l’intensité de la crise du Covid-19, l’année 2020 ne fut pas si mauvaise. Nous avons quand même vendu 80% du volume total par rapport à 2019, qui fut une année exceptionnelle. Si nous n’avions connu qu’une seule vague de coronavirus et non deux, nous estimons que le recul des ventes se serait situé entre 10 et 15%», glisse-t-il.

Dans le détail, la part de marché des véhicules essence est passée à 43,4% tandis que les modèles diesel se sont stabilisés à 36,9%. Mercedes, VW et BMW trustent les premières places des marques les plus prisées et le podium des voitures les plus achetées est composé de la Volkswagen Golf, de la Renault Clio et de la VW Tiguan.

L’électrique et l’hybride à la fête

Si les chiffres globaux témoignent de la morosité ambiante du secteur automobile, la vente des modèles électriques et hybrides a, en revanche, bondi. La part de marché de ces derniers a grimpé de 5,7% à 14,4% en un an quand celle des véhicules électriques a grimpé de 1,8% à 5,3% sur la même période.

Plusieurs raisons peuvent expliquer que près d’une nouvelle immatriculation sur cinq le soit sur un modèle électrique ou hybride. En effet, outre le succès d’incitants tels que les primes à l’achat, les aides à l’installation de bornes de charge privées et le développement des infrastructures de charge publique, la réglementation européenne imposant une limite d’émission de CO2 de 95g/km pour les véhicules particuliers a poussé les constructeurs à produire de plus en plus de véhicules électriques. Ainsi, plus de 140 modèles de ce type sont actuellement proposés et quelque 85 autres devraient être introduits par les constructeurs d’ici à 2023.

«La majorité des consommateurs qui ont acheté un véhicule électrique rachètent un nouveau véhicule électrique ensuite. Il y a donc une perception plutôt positive même si nous observons qu’une confusion existe toujours chez les consommateurs au niveau des différents types de motorisation. L’arrivée de nouvelles marques chinoises est notée à l’échelle européenne, mais le Luxembourg n’est que peu concerné pour le moment», complète le porte-parole de la Febiac.

Par ailleurs, l’amélioration des performances a aussi joué un rôle important dans le succès des véhicules hybrides rechargeables. De manière synthétique, l’autonomie plafonne en moyenne à 50km, permettant souvent aux conducteurs de rouler sans émission sur les trajets domicile-travail. D’autant plus que, et il s’agissait d’un doute partagé par bon nombre de spécialistes du secteur, les usagers semblent être sérieux dans le processus de recharge de leur véhicule. «Les batteries sont bien chargées, le rendement environnemental est très bon. Selon les données qui nous reviennent de la part des réseaux d’infrastructure de charge, les gens rechargent correctement et fréquemment leurs véhicules», rapporte M. Savi.

Diesel et essence alignés en 2021

Outre les véhicules électriques, l’année 2021 marque également un virage plus vert pour les véhicules thermiques avec la généralisation, depuis le 1er janvier, de la norme Euro 6d. Celle-ci vise à limiter les émissions de monoxyde d’azote et de particules fines pour l’essence et le diesel. «Pour la première fois, les normes sont similaires pour le diesel et l’essence. Les émissions de monoxyde d’azote ont été réduites par 10 par rapport à Euro 1 (la norme est entrée en application en 1993, ndlr) et les budgets investis chaque année par les constructeurs en recherche et développement pour répondre aux normes européennes atteignent 56 milliards d’euros», résume Guido Savi.