POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Infrastructure Européenne de Cloud

Le Luxembourg soutient Gaia-X



D’ici cinq ans, la masse de données européennes aura été multipliée par cinq. Gaia-X doit permettre de les utiliser pour progresser. (Photo: Shutterstock)

D’ici cinq ans, la masse de données européennes aura été multipliée par cinq. Gaia-X doit permettre de les utiliser pour progresser. (Photo: Shutterstock)

Le ministre de l’Économie, Franz Fayot, a annoncé, ce lundi après-midi, que le Luxembourg apportait son soutien à Gaia-X, le projet d’infrastructure européen autour du cloud, à l’occasion de la première conférence sur le sujet au Grand-Duché.

«Une collaboration efficace conduit au succès.» Dans un message enregistré, le ministre de l’Économie, Franz Fayot (LSAP), a assuré le service minimum : indiquer que le Luxembourg était favorable au développement de l’infrastructure de cloud européenne Gaia-X, lancée en 2018 par l’Allemagne, et rejointe l’an dernier par la France, et inviter les acteurs du cloud au Luxembourg à rejoindre le mouvement.

«Nos trois associations, Cloud Community Europe-Luxembourg, ICT Luxembourg et la Fedil, sont pleinement engagées à soutenir cette initiative», lui a répondu le maître de cérémonie de cette première conférence sur le sujet au Luxembourg et CEO d’EBRC, Yves Reding , à la fin de la conférence.

Gaia-X n’est pas un cloud européen, mais une infrastructure lancée il y a un an et déjà rejointe par 500 participants, dont 300 entreprises, dont les trois quarts sont des PME loin de l’image des géants de la technologie. Tout est à inventer en Europe – même si le projet intéresse le Japon, la Corée du Sud et quelques pays d’Amérique du Sud – pour que la masse de données à venir puisse être collectée, traitée et utilisée dans le respect des règles et des valeurs européennes. D’où la création récente d’une fondation européenne à Bruxelles, que toutes les parties intéressées peuvent rejoindre autour de projets communs.

L’internet des objets va tout changer

Et ce n’est pas une mince affaire sur un continent où chacun a longtemps fait son bonhomme de chemin dans son coin, où les experts ne se bousculent pas, et où il faudra à la fois jouer le jeu du collectif et être capable de faire valoir ses différences.

Selon Federico Milani, qui suit ces questions stratégiques à la DG Connect de la Commission européenne, l’Europe verra sa masse de données passer de 33 zettabytes aujourd’hui à 175 zettabytes en 2025.

Un zettabyte? La bibliothèque du Congrès américain contient 25 millions de livres. S’ils étaient numérisés, cela représenterait 28 terabytes. Un zettabyte représente 180 millions de bibliothèques.

Outre la masse, ces données proviendront à 80% des objets connectés, contre 20% aujourd’hui. Il est donc nécessaire de pouvoir harmoniser le recueil, l’interopérabilité et le traitement de ces données, sans quoi l’Europe sera assise sur une mine d’or dont elle ne pourra rien faire, ni pour mieux gérer nos ressources en eau, par exemple, comme l’a suggéré le ministre, ni pour améliorer le trafic routier ou toutes sortes de choses qui vont du médical à la mobilité, en passant par l’industrie ou la finance de demain.

Meluxina, utile dès l’an prochain

C’est un aspect-clé que le ministre a aussi rappelé: à partir de mars prochain, le HPC luxembourgeois Meluxina viendra apporter sa pierre à l’édifice européen – un réseau de huit de ces ordinateurs très puissants – et sera mis au service des entreprises et de la recherche.

La Commission européenne devrait mettre en œuvre trois initiatives législatives pour «encadrer» ces évolutions, dont une liste de jeux de données (géospatiale, environnementale, de mobilité et climatique) accessibles à des machines et gratuites, pour doper leurs usages, mais aussi investir jusqu’à 6 milliards d’euros et pousser dans le domaine des compétences.

Le manque d’experts est la deuxième crainte mise en évidence par le MIT au cours d’une enquête menée auprès de 1.000 entrepreneurs. Avec 42%, le sujet est juste derrière la gestion des quantités astronomiques de données (48%) et devant les problèmes de régulation et de sécurité des données (39%) et les coûts (29%). Autant d’arguments qui plaident pour une mutualisation intelligente, défendue par les constructeurs automobiles allemands depuis deux ans et désormais sur un boulevard.