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À la Chambre

Gramegna résolument optimiste face à un budget de crise



«Cette année très exceptionnelle promet de s’achever sur une note plus positive», a assuré le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), face aux députés lors des débats sur le projet de la loi sur le budget 2021. (Photo: Chambre des députés / Flickr)

«Cette année très exceptionnelle promet de s’achever sur une note plus positive», a assuré le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), face aux députés lors des débats sur le projet de la loi sur le budget 2021. (Photo: Chambre des députés / Flickr)

Bien que le solde de l’Administration centrale s’établira à -2,7 milliards d’euros en 2021, Pierre Gramegna s’est voulu positif à propos du projet de loi sur le budget 2021 lors de son discours à la Chambre. Les investissements publics font du Luxembourg le pays le plus généreux de l’UE.

«Les évolutions des trois derniers mois montrent qu’il y a de bonnes raisons d’être optimiste pour l’année 2021», a tâché de positiver, mercredi, le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), lors de sa déclaration à la Chambre des députés à propos du projet de loi sur le budget 2021.

Le vote de cette loi – une des plus importantes de l’année – aura lieu jeudi et, d’ici là, les débats se succèdent à la Chambre depuis la présentation, mardi, du rapport de la loi par le député François Benoy (Déi Gréng).

Les finances publiques sont bien sûr impactées par la crise sanitaire . Le solde de l’Administration centrale s’établira ainsi à -2,7 milliards d’euros en 2021. Un montant légèrement supérieur à ce qui était initialement prévu (-2,5 milliards), du fait de la prolongation des régimes d’aides dans le cadre de la lutte contre la pandémie et de l’introduction de nouvelles mesures déposées depuis le dépôt du projet en octobre.

4.928 euros par personne

Une rallonge de 191 millions d’euros supplémentaires a ainsi été nécessaire, avec notamment 20 millions pour financer des projets dans la lutte contre le virus via le régime d’aides, 30 millions pour financer le prolongement des aides aux investissements, 20 millions pour soutenir les entreprises les plus affectées par la crise, et 16,5 millions d’euros pour financer l’achat du vaccin. Ou encore 386 millions d’euros de remboursement par l’État à la CNS dans le contexte du financement du congé pour raisons familiales, du congé pour soutien familial et des indemnités pécuniaires.

Ce budget 2021 s’inscrit donc bien sûr dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, mais aussi dans celui de la relance verte, a assuré le ministre. Qui a rappelé que les mesures introduites au Luxembourg ont été les plus généreuses dans l’Union européenne: 4.928 euros par personne, contre 1.497 euros en Belgique, 977 euros en France et 1.888 euros en Allemagne. L’Irlande occupe, avec 3.450 euros par personne, la deuxième place après le Luxembourg.

La conséquence d’une politique d’investissements publics élevée qui a reçu le soutien de toutes les chambres professionnelles du pays – même si la CSL n’a pas manqué de critiquer le manque d’ambition sociale du budget – ainsi que l’avis positif de la Commission européenne, s’est félicité Pierre Gramegna.

Fort rebond de l’activité

Le ministre a rappelé que, même si la Cour des comptes s’inquiète à ce sujet, le Luxembourg «est, dans le contexte de la crise sanitaire, le pays européen avec la progression la plus faible de sa dette publique»: elle n’augmentera que de 7,4 points de pourcentage du PIB entre les années 2019 et 2021, contre 16,4 points dans la zone euro (10,7 points en Allemagne).

Le pays pourra en outre bénéficier en 2021 de «perspectives économiques améliorées», avec un fort rebond de l’activité économique au troisième trimestre et une décroissance pour l’année 2020 finalement moins prononcée que celle initialement prévue. Et le cadre financier pluriannuel de l’UE de 1.074 milliards d’euros ainsi que le plan de relance Next Generation EU de 750 milliards d’euros constitueront, selon le ministre, «une véritable impulsion budgétaire supplémentaire».

Et si les finances publiques ne manqueront pas d’être impactées pendant des années par les conséquences de la crise sanitaire, l’arrivée d’un vaccin suscite des espoirs, «en ce qu’elle ouvrira la voie à une reprise économique durable», veut croire Pierre Gramegna.