POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Vote pour la présidence 

L’Eurogroupe, gardien de la santé de la zone euro



Mário Centeno (au centre) a renoncé à son poste de ministre des Finances du Portugal et doit donc être remplacé à la présidence de l’Eurogroupe. (Photo: Shutterstock)

Mário Centeno (au centre) a renoncé à son poste de ministre des Finances du Portugal et doit donc être remplacé à la présidence de l’Eurogroupe. (Photo: Shutterstock)

Ce 9 juillet, l’Eurogroupe élira son nouveau président, un poste pour lequel Pierre Gramegna est candidat. La fonction est prestigieuse, même si ce club des ministres des Finances de la zone euro n’est qu’un organe informel.

Sept ans après la fin du mandat de Jean-Claude Juncker , un homme politique luxembourgeois prendra-t-il à nouveau les commandes de l’Eurogroupe? Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent en tout cas ce jeudi 9 juillet pour se trouver un nouveau président après la démission du Portugais Mário Centeno , qui a quitté le gouvernement de son pays.

Trois candidats se sont officiellement déclarés et bien malin celui qui pourrait dire lequel remportera la joute. Pour être élu, il faudra en tout cas disposer d’une majorité absolue de 10 voix sur 19.

Le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna  (DP), devra se frotter à la ministre espagnole de l’Économie, Nadia Calviño, que l’on voit souvent comme la favorite, et au ministre irlandais des Finances, Paschal Donohoe.

Le nouvel élu pour un mandat de 2,5 ans devra en tout cas faire preuve d’un dynamisme à toute épreuve, alors que la zone euro traverse une crise économique d’une gravité jamais vue, et d’une certaine dose de diplomatie, pour mettre d’accord les pays du nord et du sud sur les moyens à mettre en œuvre pour sortir de la tempête.

En avril, l’Eurogroupe a d’ailleurs dû s’y reprendre à deux fois pour boucler un plan d’urgence de 540 milliards d’euros à présenter pour accord aux dirigeants de l’Union européenne.

Se réunissant une fois par mois, la veille du conseil des ministres des Finances et de l’Économie de l’UE – l’Ecofin –, l’Eurogroupe est plus vu comme un club informel des grands argentiers de la zone euro que comme un organe officiel de l’écosystème européen.

Son premier objectif est d’assurer la meilleure coordination possible entre les politiques économiques des 19 États de la zone euro, afin d’assurer la stabilité dans la zone. Lors de leurs rencontres mensuelles, les ministres discutent aussi des conditions à maintenir ou des réformes structurelles à mettre en place pour assurer une croissance la plus forte possible dans la zone euro.

Lorsque cela s’avère nécessaire, c’est l’Eurogroupe qui discute aussi des mesures d’assistance financière à accorder à des États de la zone euro qui connaissent de graves difficultés financières. C’est aussi lui qui prépare l’entrée de nouveaux membres dans le club de l’euro.

En juin 2018, c’est au château de Senningen que les argentiers européens ont célébré le vingtième anniversaire de l’institution , qui y avait tenu sa réunion fondatrice. Lors de cette réunion, il a été décidé à combien de représentants aurait droit chaque pays. Le chiffre a été fixé à deux personnes, à choisir entre le ministre des Finances, celui de l’Économie et un représentant de la banque centrale nationale.

Élu en 2005, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, alors Premier ministre et ministre des Finances, en a été le premier président officiel. Il a occupé la fonction jusqu’en 2013. Dans une interview à Paperjam en 2017 , il expliquait ainsi que «la présidence de l’Eurogroupe est une contrainte de tous les jours». Un travail qui, estimait-il à l’époque, prend trois jours par semaine.