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Dans quoi investir en période de taux bas?



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Cinq experts partagent leurs préconisations d’investissement en période de taux bas. (Photo: Shutterstock)

Différents experts se sont prêtés au jeu de livrer leurs recommandations d’investissement dans le contexte persistant de taux d’intérêt bas. Ils privilégient les actifs «réels», des secteurs d’activité précis comme la santé, la robotique ou l’éducation digitale, mais aussi certaines zones géographiques (Grèce ou Italie).

Trouver des classes d’actifs ou des secteurs délivrant des rendements attractifs dans l’environnement actuel de taux d’intérêt extrêmement bas relève de la gageure.

Cinq experts ont relevé le défi et partagent leurs préconisations d’investissement.

1/ La santé

Ilario Attasi, head of group investment research chez KBL epb, privilégie le secteur de la santé , en particulier aux États-Unis. Ce dernier est favorisé par l’évolution démographique mondiale et la hausse des dépenses de santé des personnes âgées, comme des classes moyennes.

L’innovation technologique bat également son plein dans ce secteur, relativement protégé de l’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché, car nécessitant d’importants moyens financiers en matière de R&D.

La guerre commerciale ne devrait pas avoir d’impact direct sur le secteur, qui devrait être plus résistant que le marché actions moyen en cas de mouvement de correction généralisé.
Ilario Attasi

Ilario Attasi,  head of group investment research,  KBL epb

2/ Les obligations grecques ou italiennes

Pour Charles Zerah, gérant marchés internationaux obligataires chez Carmignac Luxembourg, il est temps de revenir sur les obligations souveraines grecques , les fondamentaux économiques du pays s’étant améliorés.

Les obligations italiennes offrent également un rendement attractif selon lui, malgré un contexte politique incertain.

L’arrivée au pouvoir d’un nouveau Premier ministre grec ‘pro-business’, Kyriákos Mitsotákis, dont l’objectif est le retour à une notation ‘investment grade’ dans les 18 prochains mois, devrait ouvrir de nouvelles perspectives à la Grèce et profiter aux détenteurs de dette grecque.
Charles Zerah

Charles Zerah,  gérant marchés internationaux obligataires,  Carmignac Luxembourg

3/ L’éducation digitale

Les investisseurs doivent regarder vers les logiciels ludo-éducatifs, estime Nannette Hechler-Fayd’herbe, CIO International Wealth Management chez Crédit Suisse. Les cours en ligne sont en effet de plus en plus prisés, notamment du fait de l’augmentation du coût des études et de la maturité des technologies utilisées.

Selon Nannette Hechler-Fayd’herbe, le potentiel de développement de l’éducation digitale est important, en particulier dans les pays émergents.

Il n’est pas surprenant que les cours en ligne accrédités, qui sont bon marché, efficaces et interactifs, soient très populaires et que les dépenses ludo-éducatives soient le segment de l’éducation qui augmente le plus rapidement aux États-Unis.
Nannette Hechler-Fayd’herbe

Nannette Hechler-Fayd’herbe,  CIO International Wealth Management,  Crédit Suisse

4/ Les actifs «réels»

David Seban-Jeantet, chief investment officer chez Société Générale Private Wealth Management, recommande de miser sur les «actifs réels» , comme l’immobilier ou les infrastructures, même si cela requiert une stratégie d’investissement complexe et une «large surface financière».

L’or fait également partie de ces actifs «réels», à considérer comme une valeur refuge.

L’or constitue une réserve de valeur pour l’investisseur face à un risque de remontée à terme de l’inflation sous l’action des politiques monétaires expansionnistes, mais c’est également une valeur refuge qui prend tout son intérêt en cas de récession ou de crise.
David Seban-Jeantet

David Seban-Jeantet,  chief investment officer,  Société Générale Private Wealth Management

5/ La robotique

Johan Van Der Biest, senior equity fund manager chez Candriam, parie quant à lui sur le domaine de la robotique , soutenu dans son développement par l’évolution démographique et les défis environnementaux.

Selon lui, la robotisation peut aussi bien aider aux soins des personnes âgées et à la lutte contre le réchauffement climatique qu’aux activités d’industries manufacturières.

Il faut bien être conscient qu’un tel portefeuille ne sera jamais un investissement défensif, mais étant donné l’évidence de ces trois tendances majeures (technologique, démographique et environnementale), c’est une opportunité qu’aucun investisseur ne devrait rater.
Johan Van Der Biest

Johan Van Der Biest,  senior equity fund manager ,  Candriam