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Après l’incident à la gare de Luxembourg

Coup de pression du CSV sur le thème de la sécurité



Laurent Mosar, Claude Wiseler, Gilles Roth, Martine Hansen et Léon Gloden étaient présents lors de la conférence de presse du CSV ce jeudi 16 septembre. (Photo: Paperjam)

Laurent Mosar, Claude Wiseler, Gilles Roth, Martine Hansen et Léon Gloden étaient présents lors de la conférence de presse du CSV ce jeudi 16 septembre. (Photo: Paperjam)

Les ténors du CSV ont tenu une conférence de presse ce jeudi 16 septembre pour demander au gouvernement de faire de la sécurité une priorité, affirmant que « rien, ou presque, n’a été fait depuis des années », notamment dans le quartier de la Gare à Luxembourg-ville.

«Bien sûr que Luxembourg n’est pas Marseille, il n’y a pas de zones de non-droit, et tous les quartiers de la ville ne sont pas concernés par ces problèmes de sécurité, mais il y a des ‘hotspots’ notamment dans le quartier de la Gare, et on ne doit pas les ignorer. Si on ne fait rien sur ces petites zones, elles vont s’étendre à d’autres quartiers et vous avez toujours le risque qu’une zone de non-droit se développe», a expliqué, ce jeudi 16 septembre, le député et échevin de la Ville Laurent Mosar (CSV) lors d’une conférence de presse tenue par les ténors du parti. «Il faut toujours essayer de trouver des solutions quand les problèmes n’ont pas encore pris trop d’ampleur. Ceux à la Gare sont déjà sérieux, mais on peut encore agir pour redresser la situation, même s’il faut le faire rapidement.»

La conférence de presse avait pour but de présenter les mesures que le CSV souhaite voir appliquées par le gouvernement pour «lutter contre ces problèmes d’insécurité. On discute de ces sujets depuis des années. Il y avait déjà des réunions publiques en 2018 lorsqu’ Étienne Schneider (LSAP) était ministre de l’Intérieur, puis en 2019 avec François Bausch (Déi Gréng). Ils ont promis monts et merveilles aux résidents et rien, ou presque, n’a été fait. C’est dramatique que le gouvernement n’ait pas pris de mesures conséquentes, à part l’augmentation légère des effectifs de police, mais les propositions que nous avons faites n’ont pas été entendues ou réalisées.»

Bodycams et Tasers

Et alors que la présence de la société de gardiennage G4S nourrit les débats depuis l’incident survenu le samedi 4 septembre au soir dans le quartier de la Gare , Laurent Mosar a confirmé le soutien du CSV – parti de coalition avec le DP à la tête de la Ville – à la bourgmestre Lydie Polfer (DP). «À force de demander de l’aide au gouvernement pour avoir des renforts policiers et plus de moyens, rien n’a été fait, nous avions le choix entre ne rien faire et engager ces agents privés. Et pour nous, ne rien faire n’était pas une option. Mais si le gouvernement accède à nos demandes, peut-être que le contrat ne sera pas renouvelé avec cette société. Nous préférerions engager les fonds de la ville dans des missions sociales, mais on n’a pas le choix pour le moment.»

Et parmi les huit mesures demandées par le CSV, il y a notamment la mise en place systématique de patrouilles de police dans les rues des «hotspots», de la vidéosurveillance, la mesure légale dite du «Platzverweis», qui correspond à la prérogative de pouvoir expulser une personne ou un attroupement de personnes qui troubleraient l’ordre public. «Nous demandons également à équiper les agents de police de bodycams et de tasers», ajoute Laurent Mosar.

Un «paquet de mesures» attendu en octobre

Le député et échevin de la Ville confirme également que «sur la sécurité, le DP de la Ville n’est manifestement pas d’accord avec le DP du gouvernement, mais nous, nous sommes d’accord avec l’analyse de la bourgmestre Lydie Polfer. Cela fait des mois que l’on dit que la situation à la gare est catastrophique. On n’a plus de temps à perdre. Les gens sont très impatients et attendent des mesures, donc le gouvernement doit agir.» Et le CSV d’annoncer qu’une réunion publique sera «bientôt» organisée avec les habitants du quartier de la Gare pour «entendre leur ressenti.»

Pour rappel, les effectifs dans le quartier de la Gare ont augmenté d’une vingtaine d’unités en 2020, pour un total d’environ 70 à 75 fonctionnaires. Et le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox avait également annoncé en janvier dernier qu’un recrutement à plus grande échelle avait été lancé . Et pour répondre aux critiques venues de tous bords, un «paquet de mesures» concernant la sécurité est actuellement en préparation au sein du ministère de la Sécurité intérieure. Il devrait être livré au conseil de gouvernement dans le courant du mois d’octobre.