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Incident à la Gare

Lydie Polfer: «Les dealers commencent à défendre leur territoire»



La bourgmestre de Luxembourg a dénoncé une fois de plus une situation de violence dans la capitale liée au trafic de drogue. (Photo: Romain Gamba/archives Maison Moderne)

La bourgmestre de Luxembourg a dénoncé une fois de plus une situation de violence dans la capitale liée au trafic de drogue. (Photo: Romain Gamba/archives Maison Moderne)

Pour Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg, le dernier fait divers du quartier Gare n’est qu’un petit aperçu de la triste réalité du terrain.

La bourgmestre de la capitale se serait bien passée de cette rentrée anticipée. Après un épisode violent – devenu viral sur les réseaux sociaux – entre des agents de sécurité et un individu outrancier dans la rue de la Gare samedi soir, Lydie Polfer  (DP) a haussé le ton et a réaffirmé sa détermination face à cette criminalité et cette violence visiblement en lien avec le trafic de drogue.

«C’est un cas d’intimidation de plus envers les agents de sécurité. Une intimidation qui se fait également sur nos ‘streetworkers’ sociaux du projet ‘À vos côtés’ qui œuvrent dans des actions de prévention de la violence. Des dealers intimident et harcèlent les agents de sécurité et les ‘streetworkers’. J’ai plus de 24 vidéos qui le montrent. Cette violence est désormais quotidienne. Les dealers commencent à défendre leur territoire et la situation est très préoccupante», a lancé la bourgmestre.

«Que faut-il faire? Démissionner devant eux? Baisser les bras? Doit-on entrer dans leur jeu? Est-ce que l’on doit leur donner raison? C’est justement ça que l’on ne doit pas et ne peut pas faire», a déclaré la bourgmestre.

Nous sommes dans un environnement vraiment très violent.
Lydie Polfer

Lydie Polfer,  bourgmestre,   Ville de Luxembourg

Quant à la vidéo montrant un agent de sécurité ayant du mal à faire lâcher prise à son chien , la bourgmestre se refuse à incriminer la société G4S. «Une enquête est en cours. Le chien et l’agent ne seront plus sur le terrain jusqu’à la fin de l’enquête. Nous travaillons depuis des années avec des agents de sécurité, notamment pour les parcs de la ville. Jamais nous n’avons eu un incident comme celui de la Gare. Ici, nous sommes dans un environnement vraiment très violent», a fustigé Lydie Polfer avant de justifier sa politique.

Depuis le début de l’année, la bourgmestre a pris le dossier de l’insécurité à bras-le-corps. En avril dernier, elle a passé un contrat de 380.000 euros avec la société G4S pour six mois afin d’assurer des patrouilles dans le quartier de la gare et veut mettre la pression sur la délinquance.

En plus des éventuels comportements grossiers et des agressions, les habitants du quartier Gare se retrouvent souvent confrontés à des seringues usagées sur le seuil des portes ou dans les jardins.

Miser sur la vidéosurveillance

Mais Lydie Polfer se refuse à pointer du doigt la police et assure ne pas être naïve. «Je savais très bien que mettre des agents de sécurité dans la rue n’allait pas résoudre l’ensemble du problème. C’est un tout. On en a discuté en long et en large, pendant des heures et des heures, en discussions publiques, à la Chambre des députés. Avec les agents de sécurité, il faut donner à la police les moyens en personnel et en matériel pour vraiment avoir un meilleur contrôle sur la situation. J’insiste sur le côté matériel avec la vidéosurveillance. C’est quand même incroyable que dans cette avenue de la Gare, un lieu récurrent en matière d’insécurité, nous n’ayons pas de vidéosurveillance. Encore une fois, cela ne va pas tout régler, mais la vidéosurveillance peut aider la police. Avec de la vidéo dans l’avenue de la Gare, nous aurions vu l’ensemble de la scène qui s’est déroulée pendant 20 minutes, et pas juste quelques secondes violentes. J’ai déjà interrogé plusieurs fois le ministre sur la question. Mais nous avons un ministre qui n’est pas favorable à la vidéosurveillance», a encore dit la bourgmestre.

Avant de conclure: «Nous travaillons aussi sur le volet social, car nous avons connaissance de la misère humaine qui est derrière ce problème de délinquance. Mais l’on ne peut pas oublier la qualité de vie des autres citoyens, qui est en danger», a souligné la bourgmestre.