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Investissements

1,5 milliard d’euros pour le rail luxembourgeois



La passerelle reliant la gare de Luxembourg au quartier de Bonnevoie sera démontée l’été prochain et entièrement refaite. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

La passerelle reliant la gare de Luxembourg au quartier de Bonnevoie sera démontée l’été prochain et entièrement refaite. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Nouveaux trains, gares, infrastructures et autres pôles d’échange: les CFL ont détaillé lundi les investissements publics destinés à adapter le réseau ferré luxembourgeois au boom des usagers.

Quand on aime, on ne compte pas, et il est de notoriété publique que François Bausch (déi Gréng) a à cœur la mobilité durable. Voilà pourquoi le ministre de la Mobilité et des Travaux publics a présenté lundi les investissements de l’État, aussi bien pour l’infrastructure ferroviaire que pour le matériel roulant. L’enveloppe totale s’élève à 1,48 milliard d’euros.

«En 2019, l’investissement de l’État dans l’infrastructure ferroviaire était de 448 euros par habitant et par an au Luxembourg, on a devancé la Suisse, qui était le champion», a souligné l’écologiste.

Plus de trains, plus de confort et davantage de quais

Dans le détail, le Luxembourg prévoit 400 millions d’euros pour les 34 rames Coradia , commandées auprès d’Alstom et qui sont attendues pour une mise en service entre fin 2022 et 2025. Dotées d’une connexion wifi, d’un système de comptage automatique et d’échange de données télémétriques, elles devraient permettre de renforcer les capacités, alors que le nombre de voyageurs a bondi de 85% entre 2003 et 2019, à 25 millions de personnes.

Autre investissement majeur: la ligne supplémentaire entre Luxembourg et Bettembourg, partiellement cofinancée par l’Union européenne, devrait coûter 292 millions d’euros. La date de mise en service fait encore l’objet d’analyses, mais le chantier devrait permettre d’améliorer la fluidité du trafic vers le sud du pays et la France, véritable «goulot d’étranglement» au dire de Marc Wengler , directeur général des CFL.

Toujours dans le sud, 110 millions d’euros d’investissement sont consacrés à la ligne entre Metz et Bettembourg, suite à une convention signée entre la France et le Grand-Duché en 2018 . D’ici 2024 au plus tard, deux nouveaux P+R devraient sortir de terre à Thionville et Longwy, couplés à la mise en service des équipements nécessaires à la circulation des rames de 990 places assises, contre 660 actuellement. Plus tard, à l’horizon 2030, la ligne devrait pouvoir accueillir, chaque heure, huit TER, un TGV et un train de fret.

Vient ensuite le réaménagement de la gare de Luxembourg , attendu pour 2024 ou 2025, mais dont les premiers effets concrets devraient être perceptibles d’ici la fin de cette année pour les voyageurs, avec la mise en service des voies n° 12, 13 et 14.

«On peut comparer cela à une opération à cœur ouvert», illustre Marc Wengler puisque la gare suit son train-train pendant que le chantier de construction de nouveaux quais, de corridors et d’une nouvelle passerelle se poursuit. «Le but est que chaque ligne de train ait son quai dédié», a souligné le directeur général des CFL.

Plus de 3.600 nouvelles places dans les P+R

Et en dehors de la capitale, les travaux vont bon train également: à Rodange, 151 millions d’euros sont prévus pour la création d’un pôle d’échange multimodal, d’un P+R de 1.600 places et d’une voie à quai supplémentaire. Le P+R, qui représente 29% du budget, devrait être mis en service l’an prochain, et la nouvelle gare en 2023.

Le Luxembourg investit aussi 100 millions d’euros pour améliorer la ligne vers Kleinbettingen , point de départ de la liaison vers Bruxelles, que l’on sait actuellement très lente. Si aujourd’hui il faut plus de 3 heures pour relier les deux capitales, l’objectif est d’atteindre 2h05 en faisant circuler les trains à 160km/h avec arrêts à Arlon, Libramont et Namur.

Dans le nord, 98 millions d’euros sont prévus à Ettelbruck pour y créer un pôle d’échange multimodal, un nouveau P+R de 430 places et la construction de deux voies à quai supplémentaires. L’échéance est fixée à 2023 pour la partie ferroviaire et 2026 pour le P+R, dont le seul coût est estimé à 14,4 millions d’euros.

La phase 2 de la gare d’Howald devrait, quant à elle, mobiliser 88,3 millions d’euros, avec la mise en service d’ici 2024 d’un pôle d’échange multimodal, d’un nouveau point d’arrêt et d’une connexion à la nouvelle ligne Luxembourg-Bettembourg.

Un pôle d’échange est également attendu à la gare de Mersch, ainsi qu’un nouveau P+R de 400 places pour un total de 70,5 millions d’euros d’ici 2023 au plus tard.

En outre, tous ces chantiers ciblent des opérations d’allongement des voies couplées à des adaptations en termes d’accessibilité. L’objectif est clair: rendre le train accessible à tous. Et de rappeler qu’à côté des 2.430 places de P+R annoncées, 1.219 places supplémentaires sont planifiées à Troisvierges, Wasserbillig et Bascharage-Sanem d’ici 2026.

Notre stratégie de mobilité doit être multimodale.
François Bausch

François Bausch,  ministre de la Mobilité et des Travaux publics

«Notre stratégie de mobilité doit être multimodale», a insisté le ministre, avant de dévoiler une campagne de promotion des chantiers ferroviaires. Car si, pour beaucoup d’observateurs, 2021 est l’année de la reprise des activités après une année 2020 plombée par le confinement total de la première vague de Covid-19, elle est aussi l’Année européenne du rail. Au Luxembourg, elle est surtout celle de l’intensification des travaux ferroviaires, mais l’adage est connu: après l’effort, le réconfort.