POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

françois bausch (ministre de la mobilité)

«Un réseau de mobilité complet en 2028»



François Bausch voit toujours dans le tram un élément important pour la mobilité du futur. (Photo: Matic Zorman/archives)

François Bausch voit toujours dans le tram un élément important pour la mobilité du futur. (Photo: Matic Zorman/archives)

Pour le vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité, François Bausch (Déi Gréng), l’inauguration du second tronçon du tram, allant de la place de l’Étoile à la gare, n’est évidemment pas une fin en soi. Selon lui, disposer d’un réseau complet en 2028 n’est pas une utopie.

Ce second tronçon mis en service, c’est un soulagement, pour vous?

François Bausch. – «C’était en tout cas un moment très attendu. Nous savions que ce tronçon serait très difficile à gérer, car très complexe. Mais malgré tout, nous avons respecté les délais. Cela, alors que nous avons dû composer avec cinq semaines d’arrêt des travaux. Tout cela en respectant notre budget. C’est même mieux, puisque nous sommes même en avance par endroit, comme avenue de la Liberté, où les trottoirs sont presque finis.

Pourquoi était-ce plus complexe?

«C’était dans cette partie qu’il y avait le plus de travaux à faire. Car le tram, ce n’est pas seulement poser des rails et mettre des machines. Il y a une série de travaux connexes à mener: remplacement de conduites, de câbles… Cela aurait de toute façon dû être fait, notamment avenue de la Liberté. Nous en avons profité pour tout refaire d’un coup. Et le résultat parle de lui-même. À la limite, quand tout sera terminé place de Paris, notamment, on ne reconnaîtra plus les lieux. Ce sera plus beau qu’avant.

On va réussir à mettre en place une boucle autour de la capitale et à créer un lien entre Luxembourg-ville et Esch, les deux pôles économiques les plus importants du pays.
François Bausch

François Bausch,  vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité

Commerçants et riverains ont cependant dû prendre leur mal en patience…

«Je les en remercie et je sais que cela a été très difficile. Mais maintenant, ils vont en profiter pleinement, et cela va devenir un des plus beaux endroits de la capitale.

Le nouveau pont Buchler sera terminé à l’été prochain. (Photo: MDDI)

Le nouveau pont Buchler sera terminé à l’été prochain. (Photo: MDDI)

Est-ce que les travaux à venir seront plus simples à mener?

«La grande différence est que nous disposons maintenant d’une sacrée expérience. Néanmoins, il faut continuer à faire coïncider les travaux du tram avec les chantiers publics nécessaires. Mais les difficultés sont moindres. Après la gare, jusqu’au pôle d’échange de Bonnevoie, on ne gênera personne. Le pont Buchler sera terminé à la fin de l’été prochain, et il restera à poser les rails. Jusqu’au Ban de Gasperich, ce sera un rien plus délicat, notamment rue des Scillas. On va élargir le boulevard, car la nouvelle N3 sera déviée par là. Mais à terme, cela va profiter à toute la zone, les terrains seront valorisés. Ce sera un nouveau coup d’accélérateur au développement du quartier de Howald. Après le Ban, plus de problème non plus, puisque tout a été construit là-bas en tenant déjà compte du tram. Et ensuite, de la Cloche d’Or à Foetz, je ne vois pas non plus trop de complexité. Quand la volonté politique est là, on sait aller de l’avant.

La Cloche d’Or en 2023, le Findel en 2024

Mais il y a encore des litiges avec certains?

«Deux problèmes se posent encore. Tout d’abord avec l’entreprise Bétons Feidt, avec qui nous sommes en négociation et qui va peut-être déménager. Nous lui apporterons notre aide. Ensuite, il y a Olos Fund, qui détient des parcelles qui nous intéressent . Là, c’est plus compliqué, car nous ne savons plus qui est notre interlocuteur. J’ai donc lancé une procédure d’expropriation. Même si je continue à préférer un arrangement à l’amiable.

Cela peut-il ralentir le chantier du tronçon vers la Cloche d’Or?

«Non. Si nous n’avons pas de solution ou d’expropriation dans les temps, nous ferons passer temporairement le tram sur une seule voie, ce qui est possible. Cela sur seulement 150 mètres. La desserte sera alors de un tram toutes les cinq minutes, plutôt que toutes les trois minutes. 

Les deux prochains tronçons iront d’un côté vers la Cloche d’Or, de l’autre côté vers le Findel. Quels seront les délais?

«Pour la Cloche d’Or, cela reste fixé à septembre 2023. Pour le Findel, ce sera un peu plus tard: début 2024.

Quelles sont les autres priorités?

«J’en vois plusieurs: le tram rapide vers Esch depuis la Cloche d’Or, un tronçon vers Hollerich, une seconde ligne au Kirchberg vers les nouveaux quartiers d’habitation et RTL, et enfin, la première partie de la liaison vers Mamer jusqu’au Centre hospitalier. Avec les boulevards de Merl et de Cessange qui relieront Hollerich à la route d’Arlon, on aura ainsi une boucle complète autour de la capitale, mais aussi un lien efficace entre Luxembourg-ville et Esch, les deux pôles économiques les plus importants du pays.

Tout cela ne sera pas terminé demain…

«2028, c’est demain, et je travaille pour que ce soit le cas et qu’on ait un réseau complet de mobilité en 2028. On a démontré qu’on savait le faire. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent a été mené en cinq ans, finalement. Je travaille pour que les lois de financement soient votées avant la fin de cette législature et que cet objectif soit atteint en 2028. Mais la mobilité du futur, je l’ai toujours dit, repose sur le tram, qui en est un élément important, mais pas le seul: il faut des pôles d’échange, des parkings… C’est la multimodalité qui est la bonne réponse globale.»