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Visite d’État en France

120 millions du Luxembourg pour les frontaliers



Le Luxembourg «cofinancera» des projets dans la mobilité des frontaliers de France à hauteur de 120 millions d’euros à l’horizon 2028, apprenait-on à l’issue du premier séminaire intergouvernemental franco-luxembourgeois ce mardi à Paris.

Huit ministres luxembourgeois et onze membres du gouvernement français signaient quatre accords ce mardi à Matignon, dont un «protocole d’accord relatif au renforcement de la coopération en matière de transports transfrontaliers». Ce protocole inclut, d’une part, le ferroviaire «en prévoyant une augmentation de capacité sur le sillon lorrain par le biais d’un cofinancement franco-luxembourgeois». D’autre part, les deux gouvernements souhaitent favoriser le covoiturage, car actuellement, les voitures qui traversent la frontière franco-luxembourgeoise tous les matins seraient occupées par 1,1 personne en moyenne.

Il fallait consulter des officiels en marge de la conférence de presse du Premier ministre, Xavier Bettel (DP), et de son homologue français, Édouard Philippe, pour apprendre que le gouvernement luxembourgeois s’engage à hauteur de 120 millions d’euros pour les différents projets. La majorité de cette somme – 110 millions d’euros – est réservée au ferroviaire, afin d’atteindre éventuellement une cadence de neuf trains par heure entre la France et le Luxembourg, expliquait Xavier Bettel.

Mise à jour à 16h10 : Le ministre du Développement durable, François Bausch (déi Gréng) insistait mardi après-midi lors d’un point presse que le Luxembourg ne ferait pas de « virement » à la Lorraine, mais qu’il cofinancera bien des projets concrets.

Détails de la part de François Bausch

On apprenait que les rames seraient dédoublées sur différents segments, permettant grâce à une bonne coordination d’augmenter la cadence. 10 millions d’euros sont prévus pour le volet «covoiturage», qui inclut notamment la construction de «parkings relais». Paperjam révélait la semaine dernière que trois seraient construits le long de l’A31, dont un près de Thionville et un à Longwy.

Si, sur 10 ans, la somme de 120 millions d’euros peut sembler modeste, les deux gouvernements s’accordaient ce mardi sur le fait que «dans l’hypothèse où le montant maximal fixé dans le protocole (…) ne suffisait pas à financer à hauteur de 50% l’intégralité des aménagements ferroviaires sur le territoire français évoqués dans le protocole, les deux gouvernements conviennent d’établir un avenant à ce protocole précisant les modalités retenues pour la poursuite et la finalisation du programme». Les officiels espèrent que les projets puissent être réalisés à l’horizon de 2022. Plus tard ce mardi, le ministre du Développement durable, François Bausch (Déi Gréng) doit donner plus de détails sur les différents projets.

Mise à jour à 16h10 : Les projets retenus seraient complémentaires aux projets du côté du Luxembourg comme la modernisation de la gare de Bettembourg et l’ajout de deux quais à la gare centrale de Luxembourg. Autrement, augmenter la cadence des trains ne serait pas absorbable, expliquait François Bausch. Les quais de la gare de Thionville seraient d’ailleurs également élargis. Au total le ministre estime que la capacité du rail pourrait être « presque triplée ».

Le ministre du Développement durable annonçait par ailleurs le lancement, le 10 avril, d’une application mobile « copilote », sur le modèle de « Uber , qui pourrait faciliter le covoiturage de frontaliers et de luxembourgeois.

Pour souligner l’importance d’augmenter « l’efficience » du réseau autoroutier, François Bausch indiquait que chaque jour 250.000 sièges vides circulent en direction de l’agglomération de Luxembourg. Ainsi, il serait d’ailleurs inutile d’élargir les autoroutes, car cela ne ferait qu’élargir les embouteillages.

Outre la question de la mobilité, les deux gouvernements signaient ce mardi un accord sur la non-double imposition des revenus et des fortunes, un «accord de coopération administratif en matière de détachement des travailleurs» et un «protocole additionnel relatif à la coopération scientifique et universitaire» qui garantiraient en outre, selon nos informations, 25 places pour des étudiants en médecine dans les universités françaises.