POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Étude du Statec

Pourquoi l’emploi a finalement peu souffert du Covid



Au Luxembourg, près de la moitié de la population en activité peut travailler efficacement depuis son domicile. (Photo: Shutterstock)

Au Luxembourg, près de la moitié de la population en activité peut travailler efficacement depuis son domicile. (Photo: Shutterstock)

Pourquoi, contrairement aux autres États de l’UE, l’emploi a-t-il continué à croître au Luxembourg en 2020? Dans une nouvelle étude, le Statec avance différents facteurs liés à la structure de l’activité et aux différentes mesures adoptées.

Le chiffre est connu: en 2020, malgré la profondeur de la crise sanitaire, l’emploi a encore augmenté de 2% au Luxembourg par rapport à 2019. Après Malte (+2,7%), il s’agit de la meilleure performance de l’Union européenne.

Comment expliquer cette performance alors que, pour l’ensemble de l’UE, l’indicateur s’est contracté de 1,5%? Pour le Statec, qui consacre son édition du mois d’août de «Regards» à ce phénomène, les explications sont multiples.

La première est que l’activité économique est restée plus soutenue dans le pays que dans la plupart des autres. Étant donné le profil des activités, les restrictions ont été moins importantes. Des secteurs comme le commerce, l’horeca et les transports ont en effet subi des interdictions plus importantes que le secteur financier.

Plus de secteurs qui recrutent

Les branches d’activité les plus en vue au Luxembourg sont aussi parfois celles qui recrutent le plus. En 2020, observe le Statec, la variation annuelle de l’emploi a été négative dans seulement deux branches d’activité sur dix (agriculture et industrie). Au niveau de l’UE, l’emploi a baissé dans sept branches.

Pour le Grand-Duché, les branches les plus porteuses ont été l’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale, les activités immobilières et la construction.

Même la branche commerce, horeca, transport a connu une légère hausse de l’emploi, alors qu’au niveau européen, elle est responsable de la moitié de la baisse de l’emploi.

Le Statec a également comparé l’évolution du nombre d’heures travaillées et de l’emploi. Si l’évolution des deux variables était assez similaire avant la crise de 2020, des différences plus ou moins fortes d’évolution ont cette fois été observées d’un pays à l’autre.

Chômage partiel et congé familial

L’explication vient des mesures prises au niveau national pour atténuer l’effet du confinement et des mesures de protection de la population. Une partie de l’écart provient donc de mesures comme le chômage partiel ou le congé familial , qui réduisent la présence au travail sans supprimer d’emplois.

Enfin, la possibilité de recourir au télétravail est aussi une variable très importante pour éviter la suppression, parfois forcée, d’un emploi. Or, au Luxembourg, le poids du secteur financier et sa capacité à travailler à distance  réduisent encore ce risque.

Avec une part de résidents de 52% seulement qui ne peuvent jamais faire de télétravail, le Grand-Duché occupe encore la première place au niveau européen. En Allemagne, la proportion est encore de 79%. Elle est de 71% en France et de 66% en Belgique.