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Visite de travail

«Fermer les frontières est le dernier réflexe à avoir»



Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, et Clément Beaune, secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, ont été accueillis lundi 3 mai par le Premier ministre, Xavier Bettel, pour une visite de travail. (Photo: SIP/Jean-Christophe Verhaegen)

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, et Clément Beaune, secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, ont été accueillis lundi 3 mai par le Premier ministre, Xavier Bettel, pour une visite de travail. (Photo: SIP/Jean-Christophe Verhaegen)

Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton était en visite de travail lundi 3 mai dans le pays, aux côtés du secrétaire d’État français Clément Beaune. Il a notamment souligné la manière dont le Luxembourg réagit et s’adapte à la pandémie de Covid-19.

Pour la troisième fois depuis son investiture en tant que commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton était au Luxembourg lundi 3 mai pour une visite de travail aux côtés de Clément Beaune, secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, et du Premier ministre Xavier Bettel  (DP). L’occasion de faire le point sur la situation du pays et, globalement, de l’Europe face au Covid-19. «La manière dont les choses sont engagées ici est tout à fait remarquable, le travail que vous menez au Luxembourg a pour moi une valeur d’exemplarité», s’est ainsi adressé Thierry Breton – qui est également à la tête de la task force sur le renforcement de la production de vaccins au sein de la Commission européenne – au Premier ministre Xavier Bettel, lors de la conférence de presse organisée en début d’après-midi.

«La pandémie que nous vivons n’est pas une science exacte, on doit s’adapter, et la façon dont vous le faites – et les chiffres le prouvent – va dans le bon sens.» Thierry Breton et Xavier Bettel ont également évoqué le «green pass», ou certificat vert , conçu pour faciliter les voyages en temps de pandémie, le Luxembourg faisant partie des huit pays-tests. «Se faire vacciner est un acte citoyen et humain, la vaccination ne sera donc jamais obligatoire, et ce certificat n’est pas un passeport, à ce titre. Pour ceux qui ne veulent pas être vaccinés, il faudra présenter un résultat négatif d’un test PCR ou un taux d’anticorps prouvant son immunité», précise Thierry Breton.

«L’Europe va prendre un leadership avec Meluxina»

Le Premier ministre luxembourgeois a de son côté souligné «l’importance d’avoir une approche européenne dans la lutte contre le Covid-19, comme par exemple avec l’action en justice menée actuellement contre AstraZeneca, et à laquelle nous participons . Et l’UE a réussi à s’imposer sur le marché mondial en matière de fabrication de vaccins. Entre l’Europe et la France, il y a une libre circulation, et si certains pays ont choisi de fermer leurs frontières, cela aurait été le dernier réflexe à avoir dans notre situation, car nous sommes particulièrement dépendants des frontaliers dans le milieu hospitalier.»

Thierry Breton, également en charge du numérique, a profité de sa visite de travail au Luxembourg pour inaugurer le siège d’EuroHPC, l’entreprise commune européenne pour le calcul à haute performance. «Cela me rappelle la création de la Ceca ici même il y a 70 ans, nous jetons sur les fonts baptismaux une infrastructure du digital qui permettra à l’Europe de tenir son rang en ce qui concerne l’économie numérique, mais aussi de prendre un leadership. La création de l’EuroHPC, la mise en place de superordinateurs, ce n’est pas rien. Il n’y a pas d’économie numérique s’il n’y a pas de puissance de calcul. Cela nécessite donc un certain nombre d’infrastructures et de compétences humaines, et le Luxembourg représente tout cela.»

Un réseau de superordinateurs

L’Union européenne prévoit d’utiliser ces technologies pétaflopiques dans le domaine de l’intelligence artificielle, pour la médecine personnalisée, ou encore le changement climatique, le climat. «Et on ne va pas s’arrêter là, nous allons associer les PME, les start-up, le monde de l’espace, nous prévoyons de développer la physique quantique, les calculs quantiques, et peut-être, à terme, les ordinateurs ou les calculateurs quantiques, et l’EuroHPC aura à se pencher sur ces nouvelles applications et ces nouveaux horizons extraordinaires. C’était une nécessité absolue pour l’UE de s’équiper de cet outil, et je suis ravi que ce soit au Luxembourg que l’on plante ce drapeau-là», ajoute Thierry Breton.

Pour rappel, le projet de HPC (high performance computer) du Luxembourg, nommé Meluxina – EuroHPC étant le nom de la structure juridique et financière qui supervisera la mise en commun des ressources pour développer et mettre en place un réseau européen de superordinateurs – et annoncé en 2019, est d’un coût de 30,4 millions d’euros. Il doit être inauguré au mois de juin, et sera le deuxième superordinateur du réseau européen à être opérationnel, après Vega, l’équivalent slovène de Meluxina .

La visite de travail s’est ensuite notamment poursuivie avec la visite du centre de vaccination de la Halle Victor Hugo de Luxembourg, en compagnie de la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), ainsi qu’avec celle de la maison Schuman, à Luxembourg-Clausen.