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 à la Chambre des députés

«Un budget pour préparer le futur»



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Les députés devraient voter le budget jeudi en fin de matinée. (Photo: Matic Zorman)

Les députés ont entamé ce mercredi matin l’examen du budget 2019 de l’État. Le rapporteur André Bauler (DP) a mis en avant la nécessité d’investir au mieux pour préparer l’avenir, dans un contexte parfois incertain, et faire que le Luxembourg reste attractif et stable.

Avant de débuter ses travaux sur le budget 2019, la Chambre des députés s’est recueillie en la mémoire du  Grand-Duc Jeandécédé ce mardi . Le président  Fernand Etgen  (DP) puis le ministre d’État et Premier ministre  Xavier Bettel  ont évoqué avec émotion son action en faveur du Luxembourg et des Luxembourgeois.

Une minute de silence a ensuite été respectée par l’assemblée dont presque tous les membres étaient vêtus de noir ou de couleurs sobres.

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Un portrait du Grand-Duc a été placé dans la Chambre des députés, orné d’un ruban noir en signe de deuil. (Photo: Matic Zorman)

C’est ensuite le député  André Bauler  (DP) qui a eu la parole en tant que président de la Commission des finances et du budget, et rapporteur des travaux parlementaires.

Concernant  le rapport adopté le 17 avril dernier , il a rappelé que le budget avait un triple objectif : assurer la bonne santé et l’attractivité de l’économie nationale, renforcer la cohésion sociale et créer une économie durable. Il se veut donc «de notre temps» et prévoit «d’investir pour préparer l’avenir, c’est un budget pour préparer le futur». Petit pays à l’échelle européenne et mondiale, le Luxembourg doit donc se montrer «flexible et créatif». 

455 millions de dépenses auront lieu dans le cadre de mesures environnementales cette année.

André Bauler,  rapporteur du budget 2019

Le rapporteur a aussi évoqué l’impact du budget sur «la compétitivité de nos opérateurs». Mais aussi sur la société civile, et donc son importance au niveau social. De là, des mesures prioritaires pour le gouvernement comme l’augmentation du salaire social minimum ou la baisse de la TVA à 3% sur certains produits.

Il n’a pas oublié non plus l’environnement dans les 34 pages de son rapport. Mettant en avant que «la durabilité est un point central de l’accord de gouvernement» et que «20% des dépenses se font dans le cadre de mesures environnementales, soit 455 millions d’euros cette année».

Et de rappeler que le Luxembourg «s’était engagé à respecter les accords de Paris et investissait en conséquence».

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Le député André Bauler a détaillé les 34 pages du rapport des travaux parlementaires. (Photo: Matic Zorman)

André Bauler a aussi largement évoqué les mutations numériques,  véritable colonne vertébrale de son rapport . Un défi que le Luxembourg doit relever, ce qui passera par des formations, de la recherche et du développement, des partenariats ciblés...

Un haut comité pour la transformation digitale

Enfin, le rapport adresse cinq recommandations au gouvernement. Tout d’abord, anticiper au maximum les événements dans un environnement macroéconomique potentiellement volatil, notamment via des audits préalables. Ensuite, simplifier les règles de gouvernance et développer les procédures numériques.

Le rapport conseille aussi au gouvernement de mener une analyse critique de certaines politiques engagées depuis quelques années et qui doivent peut-être être ajustées. De même, le contrôle des projets de grands travaux publics pourrait aussi être plus sévère.

La quatrième recommandation vise à collaborer, notamment avec les milieux universitaires, dans le cadre de questions éthiques posées par la digitalisation ainsi que de la responsabilité des différents intervenants.

Enfin, en dernier lieu, il est demandé de favoriser la mutation numérique en faveur des citoyens, de rendre les procédures plus efficaces et transparentes. De là le souhait de la création d’un haut comité pour la transformation digitale.

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Le ministre des Finances Pierre Gramegna a mis en avant les mesures sociales du budget, mais aussi les aides aux entreprises. (Photo: Matic Zorman)

Les ministres des Finances  Pierre Gramegna  (DP) et de l’Économie  Étienne Schneider  (LSAP) ont ensuite donné quelques explications, plus brièvement, sur le Programme national de stabilité et de croissance, et sur le Programme national de réforme, soit les mesures qui doivent conférer sécurité et développement au pays à moyen terme, dans le respect des objectifs européens.

Ce qui a fait dire à Pierre Gramegna que si des mesures sociales étaient prises, des aides – notamment fiscales – seraient accordées aux entreprises. Le budget sécurise, selon lui, la note triple A et maintient la dette sous la barre des 30% du PIB.

Un budget «fourre-tout» pour le CSV

Le CSV a ensuite été le premier parti à réagir. De manière offensive. La cheffe de fraction  Martine Hansen  a évoqué un budget «fourre-tout», notamment bâti sur des recettes aléatoires.

Le CSV s’interroge aussi sur la pertinence de la gratuité des transports publics au 1er mars 2020 et sur le fait que le bien-être au Luxembourg semble être une priorité de second rang pour le gouvernement.

Les prises de parole des différents chefs de fraction auront lieu jusqu’à jeudi en fin de matinée, moment où les députés passeront au vote.