Sandrine Dubois a occupé ses premiers mandats d’administratrice à partir de 2016. (Montage: Maison Moderne)

Sandrine Dubois a occupé ses premiers mandats d’administratrice à partir de 2016. (Montage: Maison Moderne)

Dans son numéro Women on board, Paperjam met en lumière plus de 100 profils de femmes prêtes à rejoindre un conseil d’administration. Tout au long du mois de mars, découvrez divers profils de femmes ainsi que leurs points de vue et leurs idées pour un meilleur équilibre des genres dans les instances de décision. 

Experte en gouvernance, Sandrine Dubois dispose de 30 ans d’expérience dans le secteur bancaire, la gestion de patrimoine et les fonds d’investissement au Luxembourg. Administratrice certifiée par l’Institut luxembourgeois des administrateurs, elle est membre de plusieurs conseils d’administration de sociétés de gestion, de gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs (AIFM) et de fonds d’investissement domiciliés au Luxembourg telles que Eurizon Capital, Klarphos, ICG Europe, Langham Hall Luxembourg et plusieurs fonds d’investissement. 

Quels sont les principaux défis que vous avez rencontrés en tant que femme administratrice indépendante?

. – «Pour démarrer puis progresser dans la carrière d’administrateur indépendant, de nombreux défis sont à relever. Je n’ai pas le sentiment qu’ils ont été différents parce que je suis une femme. Cependant, les avoir relevés en tant que femme offre l’opportunité d’inspirer d’autres femmes et c’est gratifiant.

Pensez-vous que l’égalité hommes-femmes progresse au sein des conseils d’administration? 

«Les statistiques affichent un trop léger progrès, de plus, les conseils d’administration se renouvellent lentement. Cependant, même lente, la progression est visible.

Que pensez-vous des quotas pour les femmes dans les conseils? 

«Je pense que les quotas ne sont pas une solution idéale, mais ils sont une étape utile. Ils ne devraient pas être une finalité, mais une mesure intermédiaire pour inciter à des changements plus profonds et rééquilibrer la balance.

Ma présence et celle des autres femmes au conseil et à la direction montrent qu’il est possible d’atteindre ces niveaux de responsabilité.
Sandrine Dubois

Sandrine Dubois

En tant que femme administratrice, sentez-vous une responsabilité particulière de défendre les questions de parité et d’inclusion?

«En tant que femme dans un conseil, il est naturel de ressentir une certaine responsabilité de porter ou de défendre des sujets liés à la parité et à l’inclusion. Je dois cependant noter ne jamais m’être sentie isolée dans cette cause. J’attache la même importance à la place des femmes au sein des comités de direction. Ma présence et celle des autres femmes au conseil et à la direction montre qu’il est possible d’atteindre ces niveaux de responsabilité. Je souhaite que cela inspire également les générations futures au sein des entreprises.

Selon vous, comment la diversité influence-t-elle la performance d’un conseil d’administration?

«La diversité, pas seulement de genre, influence positivement la performance d’un conseil d’administration en apportant une richesse de perspectives et une meilleure représentation des différentes parties prenantes. Les points de vue variés permettent d’identifier des risques ou des opportunités qui pourraient être négligés dans un groupe homogène. Les conseils diversifiés ne se contentent pas de cocher une case, ils envoient un signal positif en termes de gouvernance et d’engagement pour l’inclusion, et renforcent leur image auprès des investisseurs, des partenaires et des clients.

Selon vous, quelles solutions ou quelle politique pourraient encourager une meilleure parité?

Une meilleure parité dans les conseils d’administration, mais également au niveau de la direction pourrait être encouragée à la fois par des mesures incitatives et des changements culturels: imposer des quotas temporairement, mettre en avant les entreprises performantes en matière de parité, mais surtout transformer durablement les mentalités. Les nouvelles générations tendent à être plus ouvertes et impliquées pour la diversité.

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui hésiterait à se lancer?

«Osez sortir de votre zone de confort, ne sous-estimez pas votre expertise et vos capacités: concentrez-vous sur vos compétences et non sur vos lacunes. Acceptez les opportunités, n’attendez pas de vous sentir entièrement prête. La plupart des compétences peuvent s’acquérir par la pratique, en situations réelles. Vous n’avez pas besoin d’être parfaite!»