ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Zéro emballage

De sérieuses difficultés financières pour Ouni



Ouni a ouvert son second point de vente à Dudelange, quelques jours avant le confinement du printemps 2020, ce qui a mis à mal sa trésorerie. (Photo: Ouni)

Ouni a ouvert son second point de vente à Dudelange, quelques jours avant le confinement du printemps 2020, ce qui a mis à mal sa trésorerie. (Photo: Ouni)

Forte de deux épiceries situées à Luxembourg et à Dudelange, la coopérative luxembourgeoise Ouni lance un appel à l’aide: elle cherche de nouveaux membres pour la soutenir financièrement.

Alors que le mois de décembre devrait marquer le 5e anniversaire d’Ouni , l’heure n’est pas à la fête pour cette enseigne dédiée aux produits sans emballages: elle connaît de sérieuses difficultés financières qui pourraient mettre à mal son existence, annonce un communiqué de presse.

Pour remonter la pente, la structure recherche de nouveaux coopérateurs via des achats de parts (à 100 euros l’unité), des prêts actionnaires (à partir de 1.000 euros), mais compte aussi lancer une campagne de crowdfunding. «Et surtout, nous invitons tout le monde à venir faire ses courses chez Ouni», ajoute sa porte-parole, Anne-Claire Delval.

«Le besoin de trésorerie est estimé à 100.000 euros d’ici à la fin de cette année et environ 100.000 euros supplémentaires au premier trimestre 2022», estime Julien Gannard, président du conseil d’administration de la coopérative.

Trois jours d’ouverture avant le confinement

Son bilan 2020 fait état d’un résultat négatif de 303.351,40 euros et d’une dette totale de 352.927,92 euros. Bien que son chiffre d’affaires soit resté quasi stable à un peu plus de 730.000 euros, la coopérative a fait face au revers de la crise sanitaire du Covid-19: son deuxième point de vente , situé à Dudelange, n’a ouvert que trois jours avant de se retrouver confiné. Impossible, dans ce contexte, pour la coopérative, de rentabiliser les investissements consentis pour ce développement.

Car si l’enseigne commercialise des aliments, ceux-ci sont en vrac, et le contexte sanitaire incertain du printemps 2020 a jeté un froid sur ce segment. «Au tout début de la pandémie, nous ne savions pas comment le virus se propageait. Et comme nous fonctionnons sans emballages, nous ne voulions pas mettre à mal nos clients», explique Anne-Claire Delval.

Aujourd’hui pleinement opérationnelles, les deux épiceries pâtissent du télétravail et de la fréquentation poussive des commerces de proximité.

Dans un communiqué, Ouni précise avoir pu bénéficier du soutien de la Ville de Dudelange, qui s’est montrée conciliante, notamment quant au loyer. Quant au magasin de la rue Glesener, dans le quartier de la gare, il a souffert du chantier du tram et du climat tendu du quartier.

Dans ce contexte particulier, Ouni recherche non seulement de nouveaux financements, mais aussi un nouveau gérant «qui soit en mesure d’impulser une nouvelle dynamique au sein des équipes et des membres», indique-t-elle.

Et de rappeler que la coopérative ne se limite pas à la vente de produits en vrac, mais se veut être un véritable lieu de rencontre et un moteur de sensibilisation, d’éducation et de contribution au développement durable.