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Conditions de travail

L’OGBL souhaite une convention collective dans les laboratoires



Les laboratoires privés réalisent entre 1.200 et 3.500 tests par jour au Luxembourg. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/archives)

Les laboratoires privés réalisent entre 1.200 et 3.500 tests par jour au Luxembourg. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/archives)

Seul syndicat représenté dans les trois principaux laboratoires privés du pays (à savoir Ketterthill, Bionext Lab et Laboratoires Réunis), le syndicat OGBL souhaite sensibiliser le grand public aux conditions de travail au sein des laboratoires privés.

«Face au raz-de-marée des contaminations, les laboratoires sont en effet fortement sollicités, tout en continuant à jouer un rôle-clé dans la stratégie de sortie de l’actuelle vague de la pandémie. Une situation qui risque de s’aggraver encore davantage avec l’introduction du CovidCheck obligatoire sur le lieu de travail à partir du 15 janvier», assure Pitt Bach, secrétaire central du Syndicat Santé, Services sociaux et éducatifs de l’OGBL, avant de souligner que le personnel déjà sous tension fait également parfois face à «des agressions de plus en plus fréquentes de la clientèle, excédée par les files d’attente souvent longues».

En décembre dernier, la direction du laboratoire Ketterthill avait constaté une agressivité grandissante de la part des patients, rapportant des «débordements verbaux quotidiens» fréquents, mais surtout une agression physique sur une infirmière travaillant pour le laboratoire privé. Un incident jugé «intolérable» par la direction.

En plus de cette tension, le personnel des laboratoires privés fait face, selon le syndicat OGBL, à des cadences de travail élevées. Pitt Bach met en avant «la nécessité de recourir à des heures supplémentaires régulières» pour faire face à l’afflux massif d’activité dans les centres de dépistage des laboratoires . Actuellement, les laboratoires privés réalisaient «entre 1.200 et 1.800 tests par jour» du côté des Laboratoires Réunis et «jusqu’à 3.500 tests par jour» du côté de Bionext Lab.

Le syndicat plaide donc pour l’ouverture de négociations dans le cadre d’une convention collective sectorielle pouvant améliorer les conditions de travail des quelque 600 personnes qui travaillent dans les laboratoires privés du pays. «Les deux dernières années de pandémie ont clairement démontré que le personnel des laboratoires et l’ensemble du secteur de la biologie médicale constituent des composantes importantes et nécessaires de notre système de santé. Il est donc urgent d’améliorer les conditions de travail et de salaire pour le personnel des laboratoires privés qui œuvre quotidiennement dans une atmosphère tendue et sous une énorme pression, le tout dans le but de mener la lutte contre le Covid-19», a encore indiqué Pitt Bach. «Une laborantine qui a 15 ans d’ancienneté est aux mêmes conditions salariales qu’une laborantine avec deux ans d’expérience dans le secteur public et conventionné», a conclu le syndicaliste.

En octobre 2020 , le Dr Jean-Luc Dourson n’était pas contre l’idée d’une convention collective, à condition de trouver le moyen de la financer. «Nous n’avons pas de convention collective et je dirais que c’est dommage parce que nous n’avons au final pas de moyens d’être compétitifs au même niveau que l’est aujourd’hui le secteur public. Je suis ouvert à ce qu’on en introduise une, encore faudrait-il trouver un moyen de la financer», avait-il déclaré à Paperjam, en parlant d’une concurrence difficile du point de vue des ressources humaines entre le secteur privé et le secteur public, n’hésitant pas à parler de «vol de talents du secteur privé vers le secteur public, puisqu’au niveau salarial, on n’arrive pas à suivre par rapport au secteur public».