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Mobilité

Les infrastructures des transports prêtes pour la gratuité



Les CFL disposent actuellement de 149 trains, et 34 nouveaux trains seront livrés d’ici 2024, ce qui compensera l’arrêt de l’utilisation de 22 vieilles automotrices. (Photo: Anthony Dehez / archives / Maison Moderne)

Les CFL disposent actuellement de 149 trains, et 34 nouveaux trains seront livrés d’ici 2024, ce qui compensera l’arrêt de l’utilisation de 22 vieilles automotrices. (Photo: Anthony Dehez / archives / Maison Moderne)

La hausse du nombre d’usagers des transports due à la gratuité sera légère, et les infrastructures en place – tram, bus et trains – sont parées pour y faire face. Les investissements prévus sont en effet importants, les projections tablant sur une croissance soutenue ces prochaines années.

La gratuité des transports publics, qui sera effective samedi 29 février ( 24 heures plus tôt que prévu initialement ), est avant tout «une mesure sociale», rappelait dans une récente réponse à une question parlementaire le ministre de la Mobilité et de Travaux publics, François Bausch (Déi Gréng). «Elle n’aura pas de grande répercussion sur le nombre de passagers», estime-t-il, calmant les inquiétudes provoquées par l’hypothèse d’une amplification de la croissance du nombre d’usagers due à la gratuité.

Les infrastructures et le matériel des transports publics doivent déjà être prêts à absorber une croissance continuelle du nombre d’usagers, et pourront donc s’adapter aux conséquences de la gratuité.

Ainsi, au niveau des CFL, entre 2018 et 2019, la croissance du nombre de passagers a dépassé les 7% pour franchir le seuil de 25 millions de passagers transportés sur un an. Et, sur 15 ans, le nombre de voyageurs a augmenté de plus de 70%. Pour les années à venir, les CFL prévoient, en tenant compte de la démographie et de l’évolution des dernières années, une croissance de 5 à 7% par an.

Concernant les conséquences de la gratuité, les CFL sont sur la même ligne que le ministre. S’ils reconnaissent que les capacités sont limitées en heure de pointe, «nous ne nous attendons pas à une grande croissance du nombre de passagers dans la mesure où les prix des abonnements sont actuellement déjà suffisamment bon marché», confirme la chef du service communication des CFL, Alessandra Nonnweiler.

34 trains commandés d’ici 2024

Pour faire face à la croissance du nombre d’usagers, un contrat avec Alstom a été signé en décembre 2018 . Si les CFL disposent actuellement de 149 trains, offrant une capacité de 48.339 places, un nouveau matériel est ainsi attendu pour 2024, avec les premières livraisons dès 2022: 34 trains Alstom de 80 mètres et de 160 mètres de long, qui proposeront respectivement 334 et 692 places assises. Soit la plus grande commande de l’histoire des CFL pour un budget de 350 millions d’euros. Et même si cette commande compense l’arrêt de l’utilisation de 22 vieilles automotrices, «d’ici la fin de l’année 2024, l’augmentation des places assises sera de quasiment 48%, et 104% si l’on compte les places debout», précise Alessandra Nonnweiler.

Mais dans le cas où les hypothèses de croissance étaient dépassées sur les dix années à venir, le contrat signé avec Alstom en décembre 2018 prévoit, en plus des 34 trains, un lot optionnel permettant l’achat de 20 automotrices supplémentaires.

Côté infrastructure, le projet «Vision 2024» des CFL passe par une série de chantiers: une mise à double voie à Sandweiler-Contern, une nouvelle ligne Bettembourg-Luxembourg, l’allongement d’au moins un quai sur 21 gares, 4 voies supplémentaires à la gare centrale. «Nous estimons que, pour les dix ans à venir, les CFL disposeront des capacités nécessaires pour répondre à la demande», conclut ainsi François Bausch.

Le réseau RGTR amélioré

Les autres moyens de transport en commun sont aussi mis à contribution. À l’heure actuelle, 141 bus AVL circulent dans la ville de Luxembourg, un nombre relativement stable (142 en 2008). Ils avaient transporté, en 2018, 40.300.000 passagers (contre 27.788.000 passagers en 2007). La flotte va évoluer pour intégrer 10 bus électriques standards (de 12 mètres) fin 2020.

Avec une flotte de 1160 bus actuellement, le réseau de bus RGTR transportait quant à lui 125.000 passagers par jour, selon un chiffre de 2016. D’importants changements sont prévus sur le réseau RGTR et seront mis en place graduellement jusqu’en septembre 2021, afin que celui-ci gagne en cohérence. Ainsi, sur les 234 lignes qui sillonnent le pays actuellement, le RGTR passera à 179 lignes, avec 115 tracés modifiés. Mais le réseau couvrira près de 70 millions de kilomètres contre 52 millions actuellement, soit une augmentation de presque 31% de route en plus.

Surtout, cette réorganisation est censée assurer une meilleure couverture aux heures de pointe, avec quelque 550 courses assurées aux heures de pic, et des bus circulant plus tard et en plus grand nombre.

33 rames de tram prévues

Le tramway aussi évolue et atteindra la gare centrale d’ici la fin de l’année . Fin 2018, 22.000 passagers étaient transportés par jour par les 8 rames en exploitation entre Luxexpo et la place de l’Étoile, ce qui permet d’assurer une rame toutes les 6 minutes. Avec ces rames de 45 mètres, d’une capacité de 420 passagers (450 maximum), le tram peut transporter jusqu’à 10.000 personnes par heure et par sens et assurer une fréquence de passage toutes les 3 à 6 minutes. Et, lorsque le parcours du tramway se rendra de l’aéroport du Findel jusqu’à la Cloche d’Or, Luxtram assure que 33 rames sont prévues pour exploiter l’ensemble de la ligne.

Des moyens importants sont ainsi mis en œuvre pour faire face à la croissance continuelle du nombre d’usagers des transports publics. Ce qui permettra très probablement d’absorber la hausse sensible due à la gratuité.