ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Gérard Zoller (CEO de Peintures Robin)

«Ceux qui vont survivre à cette crise sont ceux qui font preuve de réactivité»



Gérard Zoller, CEO de Peintures Robin. (Photo: SG9LU / archives Maison Moderne)

Gérard Zoller, CEO de Peintures Robin. (Photo: SG9LU / archives Maison Moderne)

Comment les entreprises s’adaptent-elles à la crise? Innovation, changement de business model ou nouvelles solutions/produits... pour faire face au coronavirus, les entreprises ont dû se réinventer. Tour d’horizon avec Peintures Robin.

L’entreprise d’Useldange Peintures Robin a transformé une de ses lignes de production et a fourni plusieurs dizaines de milliers de litres de gel hydroalcoolique au ministère de la Santé. Ce qui a évité de mettre des ouvriers au chômage provisoire dans l’attente d’une reprise des activités habituelles.

Face à la demande croissante de masques et de gel hydroalcoolique, la Direction des classes moyennes du ministère de l’Économie a décidé de supporter 100% des coûts de transformation des entreprises qui réorienteraient leur production.

Certaines n’avaient pas attendu ce moment pour le faire. À l’image de Peintures Robin, à Useldange, qui a réagi très vite face à la crise sanitaire et aux mesures d’urgence prises par le gouvernement. «Le jour où les entreprises ont été mises à l’arrêt dans le pays, nous avons indiqué au ministère de la Santé que nous pouvions nous adapter pour produire du gel hydroalcoolique», explique Gérard Zoller, CEO de Peintures Robin. «Tous nos clients, comme les peintres ou les menuisiers, étaient aussi à l’arrêt. Il fallait faire quelque chose.»

Une première commande de gel est alors rapidement arrivée. Et une ligne de production a de suite été adaptée. Au fil du temps, Peintures Robin a fourni plusieurs dizaines de milliers de litres de gel hydroalcoolique. «Notre atout était que nous avions des stocks importants d’alcool isopropylique et d’alcool éthylique. Selon les recommandations de l’OMS, on peut faire du gel avec l’un et l’autre.»

L’entreprise, qui emploie 105 personnes, a donc pu garder une équipe de production en activité, plutôt que de mettre les ouvriers au chômage provisoire. «Ce qui a été le cas de nos forces de vente, de la logistique, d’une partie du back-office», commente Gérard Zoller. «Heureusement que Peintures Robin est un peu diversifiée et que nous avions encore un peu d’export.»

Car la crise est un moment difficile. «Oui, c’est évident. Cela se ressent au niveau de la balance des paiements», conclut le CEO, qui se félicite d’avoir pris le taureau par les cornes. «C’est dans mon tempérament. Il faut s’adapter et être agile. Ce ne sont pas les grands qui vont survivre à cette crise, mais ceux qui font preuve de réactivité.»

Rassurer les équipes

Le 15 avril, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) annonçait que le travail reprendrait à partir du lundi 20 avril . «À ce moment, nous avions cessé de produire du gel, car nos stocks étaient très importants. Le soir même de l’annonce du gouvernement, nous avons commencé à battre le rappel de nos ouvriers pour leur annoncer que la production allait reprendre, sauf pour notre service ‘Carrosserie automobile’. Nous avons été tous pris un peu au dépourvu», explique encore Gérard Zoller.

Mais pas question de paniquer. «Non, tout va bien se passer. Nous avions des stocks de matières premières pour les lignes. Et le téléphone a de suite chauffé avec les appels de nos clients», poursuit le CEO. Qui a aussi, manu militari, dû résoudre de nombreux problèmes pratiques. «Combien d’ouvriers allaient revenir, c’était une vraie question. Car les écoles ou crèches étant encore fermées à ce moment, certains allaient rester à la maison. La sécurité du personnel étant prioritaire, il a fallu aussi prendre des mesures, comme maintenir le split des équipes, diviser le vestiaire en deux, supprimer la cantine… Il faut aussi rassurer notre personnel, c’est très important après une période de crise comme celle-ci.»

Période au cours de laquelle le secteur de l’industrie a su se serrer les coudes . «Je tiens à remercier la Fedil, qui a beaucoup travaillé en amont. C’est elle qui nous a donné les premières lignes directrices, et ce fut d’une aide précieuse.»