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pot de nouvel An

Une année «superverte» mais éprouvante pour Déi Gréng



Déi Gréng a tourné la page d’une année 2019 agitée lors de son pot de Nouvel An jeudi soir, espérant que 2020 soit celle d’une «impulsion» contre le changement climatique.

Djuna Bernard et Christian Kmiotek , les coprésidents du parti, ont partagé la scène des Rotondes pour un discours tourné vers l’avenir. Pas de pupitre ni de discours statique, ils ont offert, affublés de micros-casques – qui ont fatalement connu quelques dysfonctionnements –, un duo complice devant une audience acquise et enthousiaste. Au premier rang, les ministres François Bausch , Sam Tanson , Carole Dieschbourg et Henri Kox , ainsi que les députés François Benoy , Josée Lorsché , Semiray Ahmedova ou encore la députée européenne Tilly Metz .

«2019 a été une année riche» pour le parti, commence la jeune députée, évoquant l’élection de la nouvelle présidence et la campagne des élections européennes. Une année qui a aussi eu son lot de «revers et de défis» avec en particulier la «nouvelle effrayante» tombée un soir d’août concernant le malaise cardiaque du vice-Premier ministre Felix Braz , à peine un an après le décès soudain de Camille Gira. Très ému, Christian Kmiotek confie son soulagement devant la photo de Noël de celui qui reprend vigueur jour après jour. «C’est un petit morceau de retour à la vie. Et à mon sens, cela montre que la politique et nos mandats ne sont pas ce qui est le plus important dans la vie.»

2019 a été une année superverte!
Christian Kmiotek

Christian Kmiotek,  président ,  Déi Gréng

Des mandats qui obligent toutefois ceux qui les assurent. «Les responsabilités qu’ils octroient doivent mener à agir de manière prudente et vigilante, à se poser des questions», souligne Mme Bernard, dans une allusion à l’affaire Traversini . Un scandale qui a d’ailleurs convaincu le parti d’organiser des formations pour que ses élus soient conscients de leurs droits et obligations. «Mais dans l’affaire de Differdange, la personne qui a fait des erreurs en a tiré les conséquences politiques», insiste M. Kmiotek. Roberto Traversini a en effet remis tous ses mandats – bourgmestre, conseiller communal, député, président de Pro-Sud – après qu’a éclaté le scandale et alors que la justice enquête toujours sur les travaux autorisés et non autorisés qu’il a entrepris sur son terrain de Niederkorn.

Déi Gréng s’enorgueillit toutefois d’événements plus heureux comme l’inscription de leur millième membre – alors qu’ils n’étaient que 600 en 2013 – et leur ascension irrépressible au fil des scrutins depuis 2013, signe du «bon travail» livré aussi bien au niveau communal, parlementaire et gouvernemental, pour atteindre le record de 19% de suffrages lors des dernières élections européennes. «2019 a été en ce sens une année superverte!», s’exclame M. Kmiotek. Et ce «grâce aux meilleurs ambassadeurs des idéaux des Gréng», ajoute Mme Bernard en s’adressant aux membres du parti.

On n’a jamais autant investi dans les alternatives à l’automobile.
Djuna Bernard

Djuna Bernard,  coprésidente,  Déi Gréng

Les deux orateurs ont ensuite défendu le poids et l’action de Déi Gréng au sein du gouvernement, niant qu’«aucun projet commun ne lie les partis de la 2e coalition» DP-LSAP-Déi Gréng. «Le Plan climat est une réponse claire et ambitieuse aux jeunes qui descendent dans la rue pour demander ce qu’on fait pour la planète», assure M. Kmiotek.

Hausse des accises, transports publics bientôt gratuits, réduction des émissions de CO2… «Nous devons agir contre le changement climatique», renchérit Mme Bernard. Une action qui s’exprime particulièrement dans la mobilité et l’investissement dans les infrastructures routières et ferroviaires, sans oublier la promotion de la mobilité douce ou électrique. «Nous amenons le saut de mobilité dont nous avons besoin», affirme Mme Bernard. «On n’a jamais autant investi dans les alternatives à l’automobile.»

Le populisme et la haine ne sont pas le cadre politique dans lequel je veux agir et qui va motiver les jeunes à s’engager.
Djuna Bernard

Djuna Bernard,  coprésidente,  Déi Gréng

Des mesures dont Déi Gréng défend la visée aussi sociale qu’écologique, évoquant des «discussions internes au gouvernement» visant à compenser la hausse des accises sur les carburants par un crédit d’impôt en faveur des plus démunis, comme promis par l’accord de coalition. Un point à surveiller alors que se profile une nouvelle réforme fiscale.

Et que souhaitent les présidents de Déi Gréng pour 2020? «Une impulsion pour qu’en 2030, nous vivions et nous déplacions de manière climatiquement neutre grâce à nos investissements dans les infrastructures», avec pour corollaire une population «en meilleure santé» et «plus de place pour la mobilité douce», répond M. Kmiotek. Tandis que sa partenaire de scène attend «un nouveau discours politique au Luxembourg, en Europe et dans le monde, dans le multilatéralisme et le dialogue», ainsi que d’autres formes de communication politique, loin des «tweets polarisés» qui défraient la chronique. «Je souhaite un discours politique qui ne cherche pas les erreurs de l’autre, mais conduit à trouver des politiques alternatives.» Et de poursuivre: «Le populisme et la haine ne sont pas le cadre politique dans lequel je veux agir et qui va motiver les jeunes à s’engager.»

Des premiers vœux pleins d’espoir en même temps que ceux, le même soir, du DP et du CSV, avant ceux de l’ADR, de Déi Lénk et du LSAP dans les prochaines semaines.