POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

revue de presse

«Déi Gréng traverse une crise»



269211.jpg

François Bausch estime que Roberto Traversini a pris la bonne décision, celle de démissionner de ses fonctions de bourgmestre. (Photo: Olivier Minaire/Archives)

Le ministre de la Mobilité, des Travaux publics et de la Sécurité intérieure, François Bausch, concède que son parti se trouve dans une mauvaise passe. Josée Lorsché, présidente du groupe parlementaire, est du même avis, mais n’utilise pas le terme de «crise» pour qualifier cette mauvaise séquence.

Interrogé par la radio 100,7 lundi matin,  François Bausch  est longuement revenu sur le cas Traversini, trois jours après  la démission du bourgmestre de Differdange . Appelant à «penser à l’homme» derrière l’affaire, le ministre écologiste a affirmé que son parti n’avait pas eu à «exercer une pression» sur l’édile pour qu’il renonce à son mandat. « Roberto Traversini  était conscient qu’il avait commis des erreurs», ajoute-t-il, tout en insistant sur la nécessité d’attendre l’issue judiciaire de ce dossier.

Privé de son mandat communal, Roberto Traversini doit-il se retirer de la Chambre des députés? M. Bausch l’exclut pour le moment, sans vouloir se prononcer plus précisément sur les éventuelles conséquences d’une mise en examen par le Parquet de Luxembourg, qui a ouvert une instruction judiciaire à l’encontre de l’ancien bourgmestre pour détournement de deniers publics ou privés, prise illégale d’intérêts, blanchiment et violation de la législation sur l’aménagement communal et le développement urbain.

Josée Lorsché , présidente du groupe parlementaire Déi Gréng, a quant à elle expliqué sur les ondes de RTL que Roberto Traversini avait pris la décision qui s’imposait. «Mais le dossier dont il est question est municipal, il n’y a pas de lien avec son poste de député», a-t-elle aussi concédé. Avant de mettre en avant «la présomption d’innocence qui doit prévaloir».

Une situation difficile

«Nous connaissons plusieurs situations difficiles chez Déi Gréng», concède encore François Bausch, faisant allusion à l’absence de Félix Braz , victime d’un malaise cardiaque fin août, à l’affaire Traversini, et ce un an après le décès brutal de Camille Gira , figure emblématique de l’action et de la montée en puissance des écologistes au Grand-Duché. «Le parti traverse une crise dont nous allons sortir, j’en suis convaincu.»

Josée Lorsché n’utilise pas le mot «crise». Mais la députée acquiesce à propos du  fait que «l’affaire Traversini» ne fait ni du bien à la politique ni à son parti. Elle estime cependant que les ressources sont là afin d’assumer tous les mandats, et de mener les différentes missions à bien.

Ministre: Traversini évidemment hors-jeu

Reste un casse-tête à démêler pour Déi Gréng, alors que le ministre de la Justice doit vraisemblablement être remplacé jusqu’à la fin de la législature. Roberto Traversini n’étant «pas une option pour le gouvernement», dit clairement le ministre, qui pourrait rejoindre M. Bausch,  Sam TansonCarole Dieschbourg  et  Claude Turmes  au gouvernement? Pour Josée Lorsché, la piste Traversini est également morte. Ce choix serait incompréhensible aux yeux de l’opinion et politiquement catastrophique.

La question se pose également pour les prochaines élections puisque Félix Braz et Roberto Traversini étaient les deux mieux élus Déi Gréng dans le Sud. «Nous devons reconstruire dans le Sud», acquiesce M. Bausch, qui évoque également des «formations» au sein du parti afin de sensibiliser les élus à leurs obligations et au risque de conflit d’intérêts.

Pour autant, le ministre ne craint pas un manque de relève, avançant que son parti dispose de deux ministres à peine quadragénaires et de jeunes pousses à grand potentiel, dont Djuna Bernard , qui n’est pas trentenaire.