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Réaction

Vëlosummer, un «coup de communication» selon l’ACL



L’initiative gouvernementale de réserver des tronçons routiers aux vélos, piétons et bus ne ravit pas l’ACL. (Photo: Matic Zorman/archives/Maison Moderne)

L’initiative gouvernementale de réserver des tronçons routiers aux vélos, piétons et bus ne ravit pas l’ACL. (Photo: Matic Zorman/archives/Maison Moderne)

L’Automobile Club Luxembourg (ACL) déplore la fermeture, durant un mois cet été, de tronçons routiers sans consultation préalable.

L’ initiative Vëlosummer – un été à vélo – présentée il y a 10 jours par le vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité,  François Bausch (Déi Gréng), et son collègue au Tourisme,  Lex Delles (DP), ne fait pas que des heureux. 

Profitant des records d’utilisation du vélo enregistrés en avril et anticipant un été pas comme les autres, le gouvernement a imaginé trois mesures – navette pour vélos, ouverture de tronçons routiers réservés aux cyclistes et transport des bagages – destinées à promouvoir le tourisme à deux roues et s’ajoutant à la prime de 600 euros pour l’achat d’un vélo. 

Les plus de 600km de pistes cyclables existantes ne sont pas celles dont a besoin le citoyen pour se déplacer sur son lieu de travail.

Automobile Club Luxembourg

«La mesure proposant de couper 16 tronçons routiers pendant tout un mois au trafic motorisé ne risque-t-elle pas de donner suite à des mécontentements et autres effets indésirables ou inattendus?», réagit l’ACL, tout en saluant ces efforts en faveur de la mobilité douce. «La coupure à la circulation de petits tronçons routiers ne semble pas poser de problèmes dès lors que les déviations sont restreintes, c’est moins le cas de la proposition de fermeture du tronçon Schoenfels-Kopstal-Mamer, dont les 12km sont habituellement très sollicités.» Même en août, cette route accueille en effet 4.800 véhicules par jour, indique l’ACL, qui déplore les conséquences en termes d’ajout de trafic dans les villages aux alentours.

«L’ACL souhaite une action menée sur le long terme avec, par exemple, le développement des pistes cyclables, dont le réseau souffre d’une infrastructure perfectible», indique l’asbl, qui assure «soutenir la mobilité douce et multimodale». «En effet, les plus de 600km de pistes cyclables existantes ne sont pas celles dont a besoin le citoyen pour se déplacer sur son lieu de travail, mais plutôt celles faisant défaut dans et autour des agglomérations.»

Au-delà de l’attrait touristique, l’ACL préconise des actions qui «devraient d’abord viser le développement de l’infrastructure manquante, tout comme la formation des usagers de la route (cyclistes, motocyclistes et automobilistes), dont la cohabitation est, aujourd’hui encore, problématique».

Et déplore que «les politiques n’[aie]nt pas consulté au préalable les différents acteurs (communes, ponts et chaussées, clubs automobiles et cyclistes) pour échanger sur cette initiative, afin de la préparer dans les meilleures conditions, sans stress et précipitation».

Selon l’ACL, «les mesures du Vëlosummer 2020 apparaissent encore une fois comme un ‘coup de communication’ monté à la va-vite plutôt que comme une action réfléchie et planifiée sur le long terme».