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Mobilier de bureau

La demande de chaises ergonomiques dopée par le télétravail



Les douleurs au dos se font ressentir chez les télétravailleurs, qui achètent de plus en plus de sièges ergonomiques, habituellement commandés par les entreprises. (Photo: Shutterstock)

Les douleurs au dos se font ressentir chez les télétravailleurs, qui achètent de plus en plus de sièges ergonomiques, habituellement commandés par les entreprises. (Photo: Shutterstock)

Le télétravail a fait exploser les ventes de sièges ergonomiques chez certains fournisseurs de mobilier de bureau. Très orientés B to B, certains réfléchissent d’ailleurs à réorienter leur offre vers les particuliers.

Un jour sur deux, deux semaines par mois, jusqu’en juillet, septembre, décembre… Peu importe son rythme, le télétravail se poursuit dans beaucoup d’entreprises . Dans un premier temps, canapé ou chaise de cuisine ont fait l’affaire. Mais petit à petit, le provisoire a duré. Et les télétravailleurs ont senti le besoin d’investir dans du matériel, notamment des sièges ergonomiques.

Les particuliers: un bond de 10 à 40% de la clientèle

Si bien que la demande a «plus que doublé» chez Imac. «Nous avons commandé du stock supplémentaire», témoigne Filipe Oliveira, responsable Grands projets dans l’entreprise de mobilier de bureau. «Les gens restent plus longtemps que prévu en télétravail. Au bout d’un certain temps, ils ne peuvent pas continuer à travailler avec la petite chaise du salon, ils ont mal au dos», explique-t-il. Le plus vendu: le siège ergonomique Okay II, à 1.100 euros.

Habituellement, les particuliers représentent 10% de la clientèle. «C’est passé à 40%.» Au lieu d’un à deux clients par jour au show-room, Imac en reçoit entre cinq et six chaque après-midi depuis sa réouverture le 11 mai. «Nous avons dû garder certains commerciaux au magasin pour répondre à leur demande», révèle Filipe Oliveira. «Nous réfléchissons à une solution pour développer l’offre sur ce marché, avec la partie menuiserie.»

D’un autre côté, les commandes B2B de la part des professionnels ont été mises à l’arrêt par le coronavirus. Elles ont chuté de 80%. Le réaménagement des bureaux ne semble en effet ne plus être la priorité du moment, à l’heure où beaucoup restent fermés. Imac peut en revanche compter sur une reprise importante des appels d’offres publics, pour l’aménagement d’écoles ou autres bâtiments. De deux par mois en temps normal, elle en a reçu 12 en avril. «C’est énorme.» De quoi l’aider à maintenir un chiffre d’affaires plutôt stable.

Ventes doublées

Les chaises ergonomiques ont le vent en poupe aussi chez Inscape Interiors. Les ventes ont augmenté de 40 à 50% pendant le confinement. Elles ont été boostées par l’inscription de l’entreprise sur Letzshop. Alors que les particuliers représentaient uniquement 10% de la clientèle, ils sont maintenant 50%. Et «ça continue», constate Islem Binous, associé-gérant. Le plus gros succès revient au modèle Capisco du fournisseur Häg, qui a bénéficié d’une promotion pendant la crise, passant son prix de 420 à 313 euros. «Son design ne plaît pas à tout le monde, mais elle peut être utilisée par toute la famille», commente-t-il. Il conseille néanmoins à chacun d’essayer le siège pendant trois jours pour savoir s’il lui convient.

Les clients B2B restent eux aussi discrets. «Je pense que nous avons facilement une baisse de 80% du chiffre d’affaires à ce niveau», calcule Islem Binous, même si leur demande «reprend doucement».

En attendant, l’entreprise planifie l’élargissement de sa gamme de chaises ergonomiques pour les particuliers. «Nous sommes en train de les sélectionner avec nos partenaires.» Elle revoit également la taille et le design de ses tables de bureau à hauteur réglable pour qu’elles s’adaptent mieux à l’intérieur d’une maison.

Le succès du plexiglas

L’effet télétravail peut cependant différer d’un fournisseur de mobilier de bureau à l’autre. «Nous avons fait quelques affaires pour des particuliers qui travaillent à la maison. Peut-être 10% de plus que d’habitude. En général, des chaises. Ce sont des entrées de gamme», rapporte prudemment un responsable commercial chez le fournisseur de matériel ergonomique Alma, qui préfère rester anonyme. En ce qui concerne les entreprises, «l’activité reste très calme, vous avez beaucoup de bureaux vides et certains gros groupes poursuivent le télétravail». Ils demandent surtout des «produits type Covid», des plaques en plexiglas  aux distributeurs de gel hydroalcoolique. La société note en moyenne une baisse de 50 à 75% de son activité.

Pas d’afflux de demandes de particuliers non plus chez Mobilier2Buro. Mais l’entreprise a triplé son chiffre d’affaires en se spécialisant dans les équipements de protection et plaques en plexiglas durant la crise. Et

elle tente d’anticiper encore. «Le télétravail va se renforcer, il y aura donc encore de la demande», prévoit-elle. Pour y faire face, Mobilier2Buro travaille sur un projet de développement de l’offre aux particuliers, sur lequel elle ne souhaite pas donner de détails pour le moment.

Selon le règlement grand-ducal du 15 mars 2016 , l’employeur «fournit, installe et entretient les équipements nécessaires au télétravail». On parle surtout des coûts «liés aux communications». Mais si la pratique s’inscrit dans la durée, peut-être qu’au lieu d’investir dans leurs espaces de travail, les entreprises offriront des chaises à leurs salariés…