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pandémie

La question sensible de la sortie de crise



«Celui qui pense qu’il faut tout rouvrir maintenant se trompe», a lancé le Premier ministre. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

«Celui qui pense qu’il faut tout rouvrir maintenant se trompe», a lancé le Premier ministre. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

Quand pourra-t-on envisager une sortie de la crise sanitaire en cours? La réponse est bien difficile à donner. Une certitude: ce n’est pas pour tout de suite.

Le temps passe et l’impatience grandit. Impatience du monde économique qui attend une reprise des activités. Impatience des parents qui aimeraient voir leurs enfants reprendre le chemin de l’école et de leurs études. Impatience du secteur de l’horeca dont les établissements ont été désertés. Impatience des kinés, dentistes et autres ostéopathes qui n’exercent quasiment plus. Impatience de tous les résidents qui aimeraient voir leur vie reprendre un cours normal. La liste serait encore longue, mais on va s’arrêter ici.

Cette impatience, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) la ressent. Mais il s’est voulu très clair lors du point presse qui a suivi le conseil de gouvernement de vendredi: «Celui qui pense qu’on doit rouvrir tout maintenant se trompe.» Selon les autorités sanitaires, le pic épidémique n’a pas encore été atteint et «la période la plus difficile, notamment dans les hôpitaux, est encore à venir.»

Mais si les chiffres indiquent à peine un léger ralentissement de la vitesse de propagation du virus, une stratégie de sortie de crise est déjà à l’étude. Pour son élaboration, «on va tenir compte de la capacité de notre système de santé à faire face aux cas qui se déclareront. Mais aussi du taux d’immunisation de la population. Sans oublier les facteurs psychiques et psychologiques au sein de cette population», a souligné Xavier Bettel. 

Le secteur économique ne sera pas oublié, «mais l’économique passe après la santé», a-t-il répété. Tout en admettant que l’ensemble de l’équation était complexe, et la question posée sensible. Donner une date de sortie de crise est donc illusoire pour le moment, comme Paperjam l’avait déjà souligné . Au contraire, un appel est lancé: rester vigilant et redoubler d’efforts pour respecter les mesures édictées par le gouvernement.

Une stratégie étape par étape

Plus qu’un plan de sortie de crise, c’est donc plutôt une stratégie de déconfinement qui est évoquée. Elle sera, le moment venu, progressive. «On procédera par étape», confirme le Premier ministre. «On a une liste de secteurs essentiels sur laquelle se baser.» Bref, il est illusoire de voir toutes les entreprises ou toutes les branches sectorielles redémarrer au même moment.

Quant au fait de savoir quand ce déconfinement pourrait débuter, aucune date ne peut être avancée. Mais il semble clair qu’il faut davantage évoquer des semaines que des jours avant de l’envisager. Un moment qu’il serait bon de coordonner avec les pays voisins, estime le Premier ministre – en tout cas plus que ne l’a été le confinement lui-même.