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Résultats annuels

Post Group rebondit en 2019



Serge Allegrezza et Claude Strasser se sont félicités de la performance du groupe en 2019. (Photo: Post/dbcreation)

Serge Allegrezza et Claude Strasser se sont félicités de la performance du groupe en 2019. (Photo: Post/dbcreation)

Après une contraction en 2018, le bénéfice net de l’opérateur a gonflé de 13% en 2019 à 37,8 millions d’euros, porté par les métiers technologiques et logistiques. Mais le plus gros employeur du pays redoute un impact négatif du coronavirus sur ses comptes en 2020.

Avec un bénéfice net qui s’affiche à 37,8 millions d’euros, Post Group renoue avec son niveau de 2017 et signe une croissance de 13,2% au terme d’un exercice boosté par les activités colis et ICT. «Tous les voyants sont au vert et on a fait mieux que les objectifs qu’on s’était fixés», a commenté jeudi son directeur général, Claude Strasser .

Post Technologies a généré l’an dernier 54% des 861,9 millions d’euros de revenus du groupe. Le tassement de 2% des lignes fixes a été compensé par la croissance des lignes mobiles (+2,5% à 406.000 unités), sans oublier les cartes SIM embarquées dans des objets en hausse de 5% à plus de 1,4 million d’unités.

Le courrier a contribué à 22% du chiffre d’affaires du groupe. Ce métier est celui de tous les écarts entre une chute de 4% du volume de lettres à 126 millions de plis et le rebond des colis (+17%) à 4 millions d’envois au Luxembourg.

À côté de cela, l’activité logistique dédiée au traitement des paquets en provenance d’Asie vers l’Europe a vu son volume tripler pour atteindre 13 millions d’unités.

Le volume des colis poursuit son ascension, non sans adaptations de la part de Post Group. (Photo: archives Maison Moderne)

Le volume des colis poursuit son ascension, non sans adaptations de la part de Post Group. (Photo: archives Maison Moderne)

Répondre au boom de l’e-commerce

Moins de lettres et plus de colis , cela pousse le groupe à s’adapter depuis plusieurs années. Il a investi l’an dernier dans une nouvelle trieuse de colis pour son centre de Bettembourg.

«Si l’e-commerce poursuit sa trajectoire actuelle, on sera amené sous peu à réinvestir et trouver de nouvelles solutions», a reconnu le directeur général Claude Strasser, qui dit être prêt à répondre à la situation jusqu’en 2021, «mais il faut être vigilant au-delà». Quant à la distribution, le réseau des points de dépôt automatisé PackUp a atteint les 103 unités l’an dernier et complète un «réseau alternatif» complémentaire aux 57 bureaux de poste du pays avec les Points Post et les Espaces Post.

«On ne veut pas fermer les bureaux de poste, mais mieux servir les clients là où ils se trouvent», a soutenu Serge Allegrezza , président du conseil d’administration du groupe.

Un CCP appelé à muter, Join absorbé

Quant au métier bancaire, il a progressé de 1% pour atteindre 28 millions d’euros de revenus, soit 3% du total. Il n’a pas pu compter sur les revenus des intérêts, plombés par les taux directeurs négatifs, mais a par contre profité des revenus des commissions renforcées par les adaptations tarifaires opérées en mai 2019, la croissance du nombre de comptes et celle des dépôts qui ont tutoyé les 2,3 milliards d’euros (+24%).

«Nous devons trouver un nouveau modèle pour les produits CCP», a admis Claude Strasser qui, face à un déficit de rentabilité, dit plancher sur «une solution de long terme» pour ce produit utilisé par plus de 200.000 clients.

Autre évolution, celle de l’opérateur Join qui a été complètement absorbé par Post Telecom . «Je suis ravi de pouvoir annoncer que Join a pour la première fois une contribution positive au résultat de Post au niveau de l’Ebitda, pas pour le résultat net où il laisse une contribution négative de 0,4 million d’euros», selon le directeur général. L’arrêt des activités belges de l’opérateur mobile a pesé sur la contraction de 4% des revenus générés par les autres filiales du groupe, à 182 millions d’euros.

2020, une année d’investissements

Après un ralentissement de 7% des investissements en 2019, Post Group s’apprête à appuyer sur la pédale d’accélérateur cette année avec un budget prévu de 186 millions d’euros, soit une hausse de 57%. Outre le nouveau siège social en reconstruction face à la gare centrale, la 5G mobilise des ressources. «Ce n’est pas que la 5G puisqu’il y aura une modernisation complète du réseau mobile qui est en cours de préparation», a annoncé Claude Strasser.

Le futur nouveau siège de Post Group face à la gare pèse sur le budget des investissements en 2020. (Photo: POST Group)

Le futur nouveau siège de Post Group face à la gare pèse sur le budget des investissements en 2020. (Photo: POST Group)

La crise sanitaire ne devrait pas ralentir l’arrivée prévue avant la fin 2020 de la 5G puisque l’attribution des fréquences est prévue via des enchères en ligne .

Et puis, le bilan 2020 devrait porter les traces de la pandémie de coronavirus, qui n’a certes pas stoppé les activités du groupe aux 4.652 salariés, mais qui l’a contraint à quelques adaptations. «Oui, il y aura certainement un impact sur le résultat», a glissé Claude Strasser.

Enfin, Post Group dit avoir pris contact avec l’Administration des biens du Grand-Duc «pour faire un inventaire des vrais besoins de la Cour». Le rapport Waringo diffusé en janvier a fait état de gratuités accordées à l’institution pour des frais de courrier (entre 10.000 et 15.000 euros par an) et de communications (entre 550.000 et 600.000 euros). «La régularisation se fera courant 2020», a assuré Claude Strasser.