ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Nouvelles immatriculations

La pénurie des semi-conducteurs pèse sur le marché de l’auto



En septembre, la Société nationale de circulation automobile (SNCA) a enregistré 2.948 nouvelles immatriculations, soit une chute de 27,6% par rapport à l’année dernière. (Photo: Shutterstock)

En septembre, la Société nationale de circulation automobile (SNCA) a enregistré 2.948 nouvelles immatriculations, soit une chute de 27,6% par rapport à l’année dernière. (Photo: Shutterstock)

Le mois de septembre 2021 aura encore une fois été bien terne pour les concessionnaires: -27,6% par rapport à 2020. Si, pour les neuf premiers mois de cette année, le marché progresse (+2,8%) par rapport à l’année précédente, il affiche un repli de 18,6% par rapport à la même période en 2019.

Au Luxembourg, le marché automobile continue de souffrir et n’arrive pas à retrouver les niveaux de croissance d’avant crise, notamment du fait de la pénurie de puces électroniques qui allonge les délais de livraison.

En septembre, la Société nationale de circulation automobile (SNCA) a enregistré 2.948 nouvelles immatriculations, soit une chute de 27,6% par rapport à l’année dernière. C’est même  un quatrième mois consécutif de baisse . Sur les dix dernières années, la moyenne des nouvelles immatriculations est de 3.340 véhicules.

Au cours des neuf premiers mois de l’année, la SNCA a enregistré 35.011 nouvelles immatriculations, soit une progression de 2,8% par rapport à l’année dernière, une année qui avait été marquée par la crise sanitaire. Mais comparé à 2019, le marché reste tout de même en repli de 18,6%.

Le principal frein à la reprise des immatriculations réside dans l’allongement des délais de livraison  en raison de la pénurie de puces électroniques. «Le marché souffre clairement de la pénurie de puces électroniques qui touche les constructeurs. Nous n’avons pas été épargnés par la crise sanitaire et cette pénurie a un lien direct avec la pandémie. Aujourd’hui, les délais de livraison peuvent aller de trois mois à plus d’un an», explique Guido Savi, porte-parole de la Febiac Luxembourg. «Cela touche principalement les voitures hybrides et électriques. D’un autre côté, l’électrification des véhicules connaît une bonne tendance, ce qui est un bon signe pour la transition écologique. Mais, sans cette pénurie, le marché connaîtrait un effet de rattrapage et une croissance plus importante», a encore souligné M. Savi.

Pour la House of Automobile (HOA), la pénurie des puces électriques n’est pas responsable du repli de près de 19%. Cette mauvaise tendance serait surtout la conséquence de plusieurs facteurs pesant sur la confiance des automobilistes. «La pénurie actuelle et les délais de livraison jouent un rôle dans les mauvais chiffres, mais il est difficile de le quantifier. D’un autre côté, on observe aussi un repli des nouvelles immatriculations du côté des particuliers contrairement aux voitures de société. Ce qui montre une certaine appréhension du consommateur à changer de voiture actuellement», estime Gerry Wagner, porte-parole de la HOA. 

Ce dernier pointe aussi le peu d’ambition du gouvernement en matière d’aides à l’achat d’un véhicule électrique ou encore le manque d’infrastructures de recharge électrique. «En début d’année, les chiffres concernant l’électrification étaient très bons, avant de stagner et de ne plus augmenter de la même façon. Cela montre donc qu’il y a une stagnation qui m’inquiète un peu. Le consommateur est dans l’incertitude et décide finalement de garder un plus longtemps son vieux véhicule, ce qui n’est pas une bonne nouvelle non plus pour la transition écologique», assure encore Gerry Wagner.  

Le diesel résiste

En ce qui concerne les motorisations, les voitures essence restent en tête avec 14,21% des nouvelles immatriculations au mois de septembre, soit 989 véhicules sur 2.948. Le diesel semble se stabiliser en représentant 22,76% des nouvelles immatriculations (671 véhicules), soit le même niveau qu’en juin dernier.

Pour rappel, la motorisation diesel représentait encore plus de 34% des nouvelles immatriculations il y a encore un an. Mais depuis quatre mois, le diesel reste autour des 20%.

14,21% des nouvelles plaques jaunes de septembre sont 100% électriques. Du côté des hybrides, 10,21% des nouvelles immatriculations du mois dernier allient diesel ou essence à des batteries rechargeables.

Enfin, 19,23% des nouvelles immatriculations concernent des véhicules hybrides non rechargeables («mild-hybrid», ou hybride léger) qui ont un effet plus marginal sur les émissions polluantes que les plug-in hybrides (ou hybrides rechargeables).

Les allemandes dominent toujours le marché

Dans le détail, les marques allemandes ont toujours la préférence des automobilistes du pays. Le mois dernier, BMW a immatriculé le plus de véhicules: 321 unités. Volkswagen se place en deuxième position avec 276 nouvelles immatriculations et Audi complète le podium (223).

À noter que la SCNA distingue Mercedes (121 nouvelles immatriculations) et Mercedes-Benz (158 nouvelles immatriculations).

Depuis le début de l’année, Volkswagen demeure la marque dominante du marché automobile luxembourgeois avec 4.232 nouvelles immatriculations sur un total de 35.011, soit 12% de part de marché.

Derrière, suivent BMW (3.665 unités), Audi (2.942 unités), Peugeot (2.155 unités), Mercedes (1.995 unités), Skoda (1.941 unités), Mercedes-Benz (1.451 unités) et Renault avec 1.429 nouvelles immatriculations.