POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Nouvelle ambassadrice de France au Luxembourg

«Le Luxembourg faisait partie de mes vœux»



Claire Lignières-Counathe, anciennement en poste en Lituanie, a succédé à Bruno Perdu en devenant la nouvelle ambassadrice de France au Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Claire Lignières-Counathe, anciennement en poste en Lituanie, a succédé à Bruno Perdu en devenant la nouvelle ambassadrice de France au Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Quatrième femme à occuper le poste d’ambassadrice de France au Luxembourg depuis 1942, Claire Lignières-Counathe a accepté de nous recevoir quelques jours après avoir remis ses lettres de créance au Grand-Duc Henri.

Madame l’Ambassadrice, avez-vous choisi de venir au Luxembourg?

Claire Lignières-Counathe. – «Les nominations se font en conseil des ministres. En pratique, j’ai été conduite à faire des vœux sur une liste de postes disponibles. Oui, le Luxembourg faisait partie de mes vœux et je suis très heureuse et honorée d’y avoir été nommée.

Pourquoi avoir fait le vœu de venir au Luxembourg?

C.L.-C. «Depuis quelques années, je me suis spécialisée sur les pays membres de l’Union européenne. J’ai travaillé au ministère des Affaires étrangères sur les relations avec l’Allemagne et les pays d’Europe centrale. Je viens de faire un séjour de trois ans en Lituanie, comme ambassadrice de France, et je voulais rester proche des sujets européens. D’où l’intérêt de venir au Luxembourg, une zone où il y a une forte coopération bilatérale, notamment dans le domaine frontalier.

Vous avez remis vos lettres de créance au Grand-Duc . Un moment particulier dans le mandat d’un ambassadeur au Luxembourg. Lui avez-vous fait une demande particulière?

C.L.-C. «C’était le 22 septembre dernier, et c’était un moment assez impressionnant. Le Grand-Duc m’a accordé une audience et m’a parlé du Luxembourg et des relations avec la France. Je n’ai pas fait de demande en particulier, j’ai plutôt écouté le Grand-Duc avant de lui assurer faire le maximum pour développer les relations entre nos deux pays. Des relations qui sont déjà d’un niveau extrêmement élevé, mais je pense que l’on peut encore mieux travailler certains aspects de cette relation.

Lesquels?

C.L.-C. «En premier lieu, il faut continuer à améliorer les dossiers du quotidien, notamment dans la coopération frontalière. Il y a des demandes de part et d’autre de la frontière, et cela ne cessera pas compte tenu des nombreux échanges des deux côtés de la frontière. Nos deux pays ont des relations très riches, et ce dans tous les secteurs. Mais il faut continuer à apporter des réponses et des solutions aux problèmes qui se posent, allant de la facilité des échanges aux difficultés de la vie quotidienne en passant par la culture, l’éducation, la santé, la coopération dans le domaine policier…

Avez-vous déjà rencontré Xavier Bettel ?

C.L.-C. «J’ai eu l’occasion de saluer le Premier ministre au cours d’un événement non officiel. J’ai rencontré, en début de semaine, M. Asselborn , le ministre des Affaires étrangères et européennes. Je vais continuer à prendre des contacts avec les interlocuteurs – c’est une démarche qui prendra quelques semaines – et pas uniquement dans la sphère politique. Il y a aussi la sphère économique et culturelle. Je dois aussi rencontrer les Français et les conseillers des Français de l’étranger .

Bruno Perdu m’a surtout transmis son enthousiasme pour la fonction d’ambassadeur au Luxembourg et le travail déjà entrepris.
Claire Lignières-Counathe

Claire Lignières-Counathe,  ambassadrice de France,  France

Dans quelques mois, vous allez devoir organiser les élections présidentielles au Luxembourg. Comment abordez-vous ce dossier?

C.L.-C. «Les Français de l’étranger vont pouvoir voter aux élections présidentielles, et il faut que la logistique suive. Chaque ambassade et section consulaire d’ambassade organisent les bureaux de vote où se rendront les Français. Nous avons déjà des précédents et nous avons déjà commencé à travailler sur cette organisation. Depuis les dernières élections présidentielles, le nombre de Français au Luxembourg a augmenté. Nous assurerons une préparation minutieuse et précise pour que chacun puisse voter dans de bonnes conditions.

Votre prédécesseur vous a-t-il transmis quelques conseils?

C.L.-C. «Je connais bien Bruno Perdu. Je l’apprécie beaucoup et je crois qu’il a fait un très bon travail au cours de sa mission au Luxembourg . Il m’a donné beaucoup d’informations et des conseils sur certains points. Mais, globalement, il m’a surtout transmis son enthousiasme pour la fonction d’ambassadeur au Luxembourg et le travail déjà entrepris. Il ne s’agit pas de partir de zéro, mais encore une fois, sur la base du travail déjà engagé, de continuer à améliorer les relations avec le Luxembourg.

Les résidents français savent qu’il est parfois difficile d’obtenir un rendez-vous rapide au consulat à cause d’un manque d’effectif. Pensez-vous pouvoir améliorer les choses?

C.L.-C. «Il faut que je puisse évaluer la situation. Les visiteurs du consulat doivent être reçus dans les meilleures conditions. D’un côté, il y a eu une baisse des effectifs, puis une stabilisation; et, de l’autre, une augmentation du nombre de résidents français. Il est envisageable d’avoir des renforts ponctuels, notamment pour les élections à venir. Pour le moment, l’organisation en place permet de recevoir les Français avec une qualité d’accueil exemplaire. Concernant les délais pour un rendez-vous, nous allons essayer de les raccourcir. Mais je ne peux pas être plus affirmative pour le moment du fait de ma récente prise de fonction. Il y a également de plus en plus de possibilités en ligne pour permettre aux Français d’effectuer des démarches sans avoir à se déplacer.

Je ne suis pas surprise de voir autant de mes compatriotes se plaire au Luxembourg.
Claire Lignières-Counathe

Claire Lignières-Counathe,  ambassadrice de France,  France

Que pouvez-vous répondre à ceux qui considèrent le poste d’ambassadrice de France au Luxembourg comme une fonction relativement reposante?

C.L.-C. «Dans les activités de l’ambassade, il y a notamment les liens avec la communauté française et la coopération transfrontalière. En outre, nous avons une échéance importante, dans la relation bilatérale, qui est la présidence française de l’Union européenne qui va commencer en janvier prochain pour un semestre. C’est quelque chose qui est préparé à l’administration centrale du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, mais également avec les partenaires, dont le Luxembourg. Nous avons beaucoup de choses à évoquer ensemble.

Il n’existe pas d’ambassade où l’on se repose sur ses lauriers, notamment au sein de l’Union européenne. Il s’agit quand même du premier cercle de pays partenaires pour la France parmi lesquels les pays frontaliers ont une place de choix. La question n’est pas de savoir si c’est reposant ou pas. Il y a beaucoup de choses à faire et une liste très étoffée de domaines d’activité. Une relation bilatérale, ce n’est pas seulement des échanges diplomatiques. Même si nous avons des liens déjà très étroits, nous devons continuer à les développer et, parfois, œuvrer à la résolution des problèmes.

Quelle est votre première impression sur le pays?

C.L.-C. «Il est très agréable de voir le contraste entre la ville de Luxembourg, une capitale cosmopolite et très active à taille humaine, et les régions autour qui sont également actives, mais beaucoup plus ancrées dans la nature. Je prends pour exemple un récent week-end dans les vignobles de la Moselle où, en 20 kilomètres, on change complètement d’univers. Je trouve que c’est un pays très riche dans sa diversité géographique et je pense qu’il est très agréable d’y habiter. Je ne suis pas surprise de voir autant de mes compatriotes s’y plaire.»