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Économie internationale

Mathias Cormann intronisé ce 1er juin à la tête de l’OCDE



Mathias Cormann part pour un mandat de 5 ans en tant que secrétaire général de l’OCDE. (Photo: Shutterstock)

Mathias Cormann part pour un mandat de 5 ans en tant que secrétaire général de l’OCDE. (Photo: Shutterstock)

L’Australien Mathias Cormann prendra ses nouvelles fonctions à la tête de l’OCDE ce 1er juin, en tant que secrétaire général. Un héritage lourd à porter après 15 années marquées du sceau d’Angel Gurría.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) change de visage. Ce 1er juin, le Mexicain Angel Gurría confiera le poste de secrétaire général qu’il occupe depuis 2006 à l’Australien Mathias Cormann .

À 50 ans, l’ancien ministre australien des Finances aura pour rude mission de préserver l’aura internationale qu’a su gagner l’institution basée à Paris et liée, en partie, à une certaine bonhomie de son secrétaire général.

L’annonce de l’élection de Cormann, en mars dernier, par les représentants des 37 États membres – dont le Luxembourg –, a quelque peu surpris dans la mesure où il était confronté à l’ancienne commissaire européenne, la Suédoise Cecilia Malmström , qui partait favorite. Mais le candidat d’Asie-Pacifique a reçu le soutien des États-Unis, soucieux de trouver des alliés pour contrecarrer la Chine.

Un proche voisin du Grand-Duché

Autre sujet d’étonnement par rapport au CV du nouveau secrétaire général: ses origines belges. Mathias Cormann est en effet un migrant de cœur: il a rejoint l’Australie en 1996 après un voyage touristique dans la ville de Perth en 1994.

Mais, né en Belgique germanophone (Eupen), c’est en Belgique qu’il a étudié le droit et entamé une carrière politique au sein du parti social-chrétien germanophone. En 2013, il expliquait au quotidien L’Écho que c’était pour trouver du travail à son arrivée qu’il avait rapidement contacté un homme politique du Parti libéral.

Son ascension fut ensuite très rapide. Sénateur depuis 2007, il devient ministre des Finances en 2013 et le restera jusqu’en octobre 2020.

À l’aube de prendre ses nouvelles fonctions, le nouvel homme fort de l’OCDE inquiète par ses positions sur l’environnement et le climat. En Australie, il a notamment approuvé un projet gazier qu’il savait néfaste aux émissions globales du pays et a pris des positions climatosceptiques à plusieurs reprises.

D’aucuns affirment toutefois qu’il avait radicalement changé de point de vue au cours de la campagne menée pour sa nomination. À constater sur le terrain.

De gros dossiers à récupérer

En attendant, il devra reprendre les dossiers confiés à son prédécesseur qui concernent la fiscalité internationale , la taxation des Gafa ou encore la disparition des paradis fiscaux.

Mais contrairement à Angel Gurría, qui avait dû rapidement affronter la crise financière de 2008, puis celle des dettes souveraines, Mathias Cormann pourrait profiter d’une période de croissance économique post-Covid, comme vient de le prévoir l’OCDE pas plus tard que ce lundi matin en relevant ses prévisions mondiales à +5,8% pour cette année.