POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Rapport sur le Luxembourg

L’OCDE multiplie les conseils pour l’avenir du pays



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L’OCDE conseille au Luxembourg de multiplier les mesures de fiscalité environnementale. Les carburants sont clairement visés. (Photo: Maison Moderne/Archives)

L’OCDE publie ce mercredi 10 juillet son étude économique périodique sur le Luxembourg. La situation est toujours jugée très bonne, mais, sur le long terme, des mesures doivent être étudiées pour assurer l’avenir.

«La croissance est robuste et le bien-être est élevé.» Les premiers mots de  la nouvelle étude  de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) laissent entendre que, comme lors des précédentes éditions, le Luxembourg n’a guère de souci à se faire pour son avenir.

Mais cette situation saine, marquée par une croissance du PIB largement supérieure à la moyenne de la zone euro au cours de la dernière décennie, n’empêche pas quelques mesures de prudence. L’OCDE, c’est son rôle, a donc pointé les zones dangereuses et les mesures à prendre dans un rapport de plus de cent pages. Voici donc les principales recommandations que l’organisation propose à l’exécutif luxembourgeois d’appliquer sans tarder.

Veiller au vieillissement

Le vieillissement de la population est un défi à long terme pour les finances publiques. En 2070, les dépenses publiques consacrées aux retraites devraient représenter 18% du PIB contre une moyenne de 11% pour les pays de l’OCDE. Par rapport à ce risque, l’OCDE propose au Luxembourg d’adapter progressivement l’âge de la retraite à l’évolution de l’espérance de vie.

Elle propose aussi de restreindre les dispositifs de retraite anticipée qui font qu’actuellement, l’âge moyen de départ est de 61 ans plutôt que 65, une limite légale déjà jugée généreuse.

Limiter les emprunts hypothécaires

Des risques financiers pèsent sur les ménages et les banques. Ils sont notamment liés aux coûts du logement et à leur progression rapide. Les emprunts hypothécaires ont suivi cette évolution. Résultat: une part des ménages plus importante que dans la plupart des pays développés se retrouve fortement endettée.

Malgré les mesures de renforcement des fonds propres des banques, l’OCDE estime que le Luxembourg devrait adopter une panoplie de mesures pour limiter les risques liés aux emprunts hypothécaires des ménages. Elle propose notamment de plafonner la quotité de prêts ou d’établir des ratios limitant l’endettement selon les revenus.

Recettes fiscales différentes, croissance plus durable

Le renforcement de la transparence internationale en matière d’impôt sur les sociétés risque de provoquer des pertes de recettes pour le Luxembourg. L’OCDE conseille donc à l’exécutif de diversifier ses recettes fiscales. Elle fait deux propositions concrètes. La première vise à accroître les impôts fonciers, les impôts périodiques sur la propriété immobilière étant les plus faibles de l’OCDE. Pour réduire, dans la foulée, le vaste problème du logement, une idée serait de relever notamment le taux d’imposition pour les terrains constructibles non utilisés.

La deuxième proposition concerne la fiscalité environnementale, un thème sur lequel le pays accuse du retard. Même si l’exécutif vient de relever les taxes sur les carburants, l’OCDE estime ces mesures insuffisantes pour avoir un effet réellement dissuasif. Elle pointe aussi que la fiscalité automobile est relativement faible, avec comme conséquence des taux d’émission de CO2 des voitures neuves supérieurs à la moyenne de l’UE. L’idée est donc de relever ces taxes sur base des émissions polluantes.

Doper l’innovation

C’est une remarque récurrente pour l’économie luxembourgeoise: la productivité est élevée, mais elle n’évolue que peu depuis une vingtaine d’années. Pour assurer l’avenir économique du pays, il est donc nécessaire de pousser les entreprises à devenir encore plus innovantes. L’OCDE note que l’investissement en recherche et développement est modeste par rapport à l’évolution au niveau international. Il est aussi de moins en moins financé par les entreprises.

L’OCDE propose donc au Luxembourg de se lancer dans des technologies nouvelles, voire de «rupture» comme l’intelligence artificielle, qui «pourrait contribuer à faire repartir les gains de productivité à la hausse». Elle voit aussi des opportunités au niveau de la technologie des chaînes de blocs (blockchain) au niveau de laquelle le Grand-Duché a déjà pris différentes initiatives.