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UNION EUROPéENNE

Nouveau délai de six mois pour le Brexit



Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et l’UE laissent six mois de plus à la Première ministre britannique, Theresa May, pour obtenir un accord. (Photo: Conseil européen)

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et l’UE laissent six mois de plus à la Première ministre britannique, Theresa May, pour obtenir un accord. (Photo: Conseil européen)

Les dirigeants européens et la Première ministre britannique se sont mis d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi sur un nouveau délai du Brexit, jusqu’au 31 octobre, avec un point d’étape en juin.

«Cette nuit, le Conseil a décidé d’accorder au Royaume-Uni une extension flexible de l’article 50 jusqu’au 31 octobre.»

À 2h10, dans la nuit de mercredi à jeudi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a présenté les résultats du Conseil. Le nouveau délai court jusqu’à la veille de l’installation de la nouvelle Commission européenne. «Ce qui veut dire qu’on a six mois de plus. Au cours de cette période, le Royaume-Uni poursuivra sa coopération sincère et restera un allié loyal!», assure-t-il.

Le Royaume-Uni conserve tous ses droits et obligations, mais s’est engagé politiquement à ne pas perturber le processus européen, selon les déclarations de la Première ministre britannique, Theresa May, qui espère profiter du dialogue qu’elle a entamé la semaine dernière avec les Travaillistes .

Il devrait donc y avoir des élections européennes au Royaume-Uni. Certains candidats de l’Ukip à des élections européennes pas encore vraiment prévues outre-Manche ont déjà annoncé qu’ils ne respecteraient pas l’accord politique visant à ne pas interférer sur les travaux européens en attendant la fin de l’année.

Le précédent de 1997

À Bruxelles, a encore commenté le Polonais, cette période «est plus courte que je ne l’aurais imaginée, mais elle est suffisante. Ne perdez pas ce temps, je vous en conjure!»

«La Commission est heureuse du résultat obtenu», a commenté à ses côtés son président, Jean-Claude Juncker , «puisque nous nous sommes mis d’accord à 27 que nous pourrions avoir des réunions à 27 ou sans les Britanniques pour préparer le futur cours des choses».

Un Brexit dur serait un véritable désastre.

Jean-Claude Juncker,  Président,  Commission européenne

L’ancien chef du gouvernement luxembourgeois a rappelé le précédent de décembre 1997 pour différencier un des États membres: la création de l’Eurogroupe.

Le délai court jusqu’à ce qu’un accord soit ratifié à Londres et le texte restera dans son intégralité, par respect pour le backstop irlandais, a précisé M. Juncker.

Point intermédiaire le 20 ou 21 juin

En juin est prévu un point intermédiaire d’information et pas de négociations avec les Britanniques. Ce point  interviendrait au cours d’un sommet européen régulier déjà programmé les 20 et 21 juin.

«Il vaut mieux quelque chose que rien du tout! Et espérons un peu de bonne volonté à la Chambre des communes», a encore dit M. Tusk. «Un Brexit dur serait un véritable désastre», a ajouté M. Juncker, qui quittera ses fonctions le 1er novembre.

«La butée du 31 octobre nous protège», car c’est «une date-clé, avant l’installation d’une nouvelle Commission européenne», a expliqué le chef d’État français. Emmanuel Macron a indiqué «assumer» ce «rôle de clarté» et de «fermeté», en soulignant qu’il n’aurait pas «été logique» de «donner une extension longue» aux Britanniques. Il s’agit, a-t-il expliqué, de «respecter le vote britannique» en faveur d’une sortie de l’Union européenne, et «de ne pas entraver le bon fonctionnement de l’UE». L’Élysée a précisé que sa position de fermeté avait été soutenue par la Belgique, le Luxembourg, l’Espagne et Malte.

À son arrivée à Bruxelles, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel , avait indiqué que Mme May aurait pu commencer à négocier avec Jeremy Corbyn bien plus tôt. «Il serait plus simple de les faire sortir sans accord. Mais le risque que le Luxembourg figure parmi les pays qui ont le plus à perdre dans un tel scénario est bien réel», a dit M. Bettel. «On ne peut pas se retrouver ici toutes les trois semaines pour accorder un nouveau délai», s’est-il agacé.

Avant de quitter la grande salle de conférence à Bruxelles, cette nuit, le président de la Commission européenne a regretté que l’actualité soit accaparée par le Brexit alors que la Chine et l’Union européenne ont trouvé un «accord historique».