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réunion à luxembourg

Brexit et climat s’invitent au sommet Benelux



C’est au Mudam que le Premier ministre Xavier Bettel a accueilli ses homologues hollandais et belge, Mark Rutte et Charles Michel. (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

C’est au Mudam que le Premier ministre Xavier Bettel a accueilli ses homologues hollandais et belge, Mark Rutte et Charles Michel. (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

Les Premiers ministres du Luxembourg, de la Belgique et des Pays-Bas ont eu matière à discussion lors de leur rencontre de ce mardi. L’actualité du moment a grandement influencé les échanges.

Le Benelux fête cette année ses 75 ans, mais à en croire Xavier Bettel , Charles Michel et Mark Rutte, cette union n’a pas pris une ride. «Au contraire, le Benelux démontre qu’il y avait déjà voici 75 ans une vision commune», a surenchéri le Premier ministre luxembourgeois. «Cette union est le symbole de ce que l’on peut faire ensemble en mettant ses atouts en commun.»

Ce sommet sous présidence luxembourgeoise a été l’occasion de renouveler la collaboration avec la région voisine de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, comme c’est le cas depuis 10 ans. «Nos trois pays et ce land ami représentent 45 millions de personnes. Nous avons déjà évoqué des domaines comme la gestion de crise, l’énergie, le marché du travail.»

Le Benelux fête ses 75 ans. Le sommet s’est déroulé cette année au Luxembourg. (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

Le Benelux fête ses 75 ans. Le sommet s’est déroulé cette année au Luxembourg. (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

De son côté, Armin Laschet s’est félicité d’être le partenaire privilégié du Benelux. «Nous avons toujours été admiratifs de ce qui se faisait au sein du Benelux, souvent plus vite qu’à l’échelle de l’Europe», a-t-il affirmé. «Les collaborations et débouchés sont importants. Par exemple, nos marchandises manufacturées ne partent pas dans le monde entier depuis le port d’Hambourg, mais depuis ceux d’Anvers et de Rotterdam.»

Si on devait prolonger la procédure de Brexit au-delà du 26 mai, les élections européennes devront aussi avoir lieu au Royaume-Uni.

Xavier Bettel,  Premier ministre du Luxembourg

Mais les deux sujets d’actualité que sont le Brexit et le climat ont été au centre des discussions. Le Premier ministre hollandais a expliqué, en ce qui concerne le premier sujet, que «la balle est dans le camp anglais. Un sommet européen est prévu le 10 avril. L’espoir reste d’éviter un Brexit dur qui serait une mauvaise nouvelle pour le Benelux et le restant de l’Europe.» Charles Michel, pour la Belgique, a rappelé que «ce Brexit était le choix des Anglais, pas le nôtre. Mais nous le respectons.»

Armin Laschet, ministre-président du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie; Mark Rutte, Premier ministre, ministre des Affaires générales du royaume des Pays-Bas; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d’État et Charles Michel, Premier ministre du royaume de Belgique (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

Armin Laschet, ministre-président du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie; Mark Rutte, Premier ministre, ministre des Affaires générales du royaume des Pays-Bas; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d’État et Charles Michel, Premier ministre du royaume de Belgique (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

Aucun des chefs de gouvernement n’a en tout cas osé émettre de pronostic quant à l’issue de la procédure de départ du Royaume-Uni. «Mais il est temps qu’ils nous disent ce qu’ils veulent», a conclut Xavier Bettel. Qui a indiqué en tout cas que la position du Luxembourg serait ferme: «Si le Royaume-Uni, à un moment, demande une prolongation au-delà de la date des élections européennes, il faudra que ces élections soient aussi organisées chez eux. On ne peut en effet avoir le moindre doute quant à leurs intentions. J’ai déjà fait valoir cette position au sein du Conseil des chefs de gouvernement.»

Une plate-forme climat

Quant au climat, les trois pays ont réaffirmé vouloir tout faire pour respecter les accords de Paris et limiter le réchauffement à 1,5°. «C’est notamment dans ce cadre qu’une plate-forme climat va être mise en place au sein du Benelux et devra jouer un rôle moteur dans le domaine des énergies renouvelables. Pour alimenter la réflexion, nous allons recevoir les jeunes et écouter leurs demandes.»

Mark Rutte, Premier ministre, ministre des Affaires générales du royaume des Pays-Bas; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d’État et Charles Michel, Premier ministre du royaume de Belgique. (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

Mark Rutte, Premier ministre, ministre des Affaires générales du royaume des Pays-Bas; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d’État et Charles Michel, Premier ministre du royaume de Belgique. (Photo: Emmanuel Claude / SIP)

Signe de cette bonne entente, même l’état des centrales nucléaires belges ne suscite plus la crainte. Pourtant, les derniers incidents ou problèmes, notamment à Tihange, ont provoqué des grincements de dents au Luxembourg et en Allemagne. Avec un appel à fermer la centrale. «Charles Michel et le gouvernement belge sont totalement transparents sur ce sujet et ils ont toute notre confiance», a indiqué Xavier Bettel.

Avant que son homologue belge ne précise que la Belgique avait voté un plan de sortie du nucléaire à l’horizon 2025, investissait dans l’éolien offshore et les centrales au gaz. Mais aussi que le niveau des mesures de sécurité était très élevé dans les centrales belges et imposait une communication transparente lors du moindre incident.

Tous à la même heure

La question du changement d’heure a aussi été évoquée. Des experts y travaillent. La volonté des trois pays est en tout cas de parvenir à un consensus et de se positionner ensemble soit en faveur de l’heure d’hiver soit en faveur de l’heure d’été. «Et d’entraîner ensuite les autres pays à tous adopter la même heure», a terminé Xavier Bettel. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en tout cas, s’alignera sur la position qui sera adoptée par le Benelux.