POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

échanges sur le climat entre ministres et lycées

«Des écoles et une mobilité plus durables»



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Le recours aux trains plutôt qu’aux avions pour voyager ou encore des écoles utilisant de l’énergie renouvelable comptent parmi les nombreuses suggestions évoquées par les lycéens.  (Photo: MENJE)

Mercredi, 140 élèves des lycées de la capitale ont participé à la première rencontre sur le réchauffement climatique avec trois ministres. Des échanges qui se poursuivront tout au long du mois de mai. Du côté des organisateurs de la marche pour le climat, on ne se réjouit pas trop vite. 

«On est plus chaud, plus chaud que le climat», scandaient plusieurs milliers de jeunes dans les rues de la capitale le 15 mars dernier .

Message reçu par le gouvernement qui, suite à cette mobilisation massive lors de la marche pour le climat, organise en mai cinq échanges régionaux avec les étudiants du secondaire. Objectif: recueillir leurs attentes et solutions .

Le gouvernement doit miser sur plus de sensibilisation au sein de la population pour moins gaspiller.

Chelsea Dalscheid,  lycéenne,  Lycée de garçons de Luxembourg

La première rencontre sur le réchauffement climatique avait lieu au Forum Geesseknäppchen le mercredi 8 mai. 140 lycéens ont participé aux échanges, en présence des ministres  Claude Meisch , ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse;  Carole Dieschbourg , ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable et   Romain Schneider , ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural.

Des établissements scolaires plus verts

«Nous n’avons pas directement discuté avec les ministres mais les échanges avec l’ensemble des personnes présentes ont été très informatifs», commente Chelsea Dalscheid, 17 ans, élève au Lycée de garçons à Luxembourg. «Dans notre école, par exemple, nous disposons de robinets automatiques, plus économes, alors que d’autres écoles n’en disposent pas encore. Je pense aussi que le gouvernement doit miser sur plus de sensibilisation au sein de la population pour moins gaspiller.»

Nous voudrions avoir des écoles plus durables.

Mara Erang,  lycéenne,  Lycée de garçons

«Il devrait y avoir plus d’échanges de ce type à l’avenir», explique aussi Mara Erang, 17 ans, élève au Lycée de garçons, également présente lors de la première rencontre sur le réchauffement climatique. «Nous voudrions avoir des écoles plus durables, en favorisant par exemple le partage de livres entre les élèves ou encore en récupérant des livres auprès des anciens lycéens pour éviter les achats inutiles.»

Parmi les nombreuses autres suggestions proposées par les élèves présents mercredi, il y a:

- le recours aux trains de nuit plutôt qu’aux avions pour découvrir l’Europe;

- l’installation de panneaux photovoltaïques et poubelles à compost dans chaque école;

- plus de fontaines d’eau dans les écoles;

- l’utilisation d’aliments d’origine locale et bio dans les cantines;

- la réduction des emballages des aliments;

- tendre vers une consommation de viande et de produits d’origine animale plus responsable.

Un plan national avec les solutions des jeunes

Le gouvernement précise que les résultats de ces échanges «alimenteront le processus d’élaboration du  plan national intégré en matière d’énergie et de climat du gouvernement

Un plan qui doit comprendre des mesures concrètes en faveur du climat et sera finalisé d’ici la fin de l’année. 

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140 jeunes des lycées de la capitale ont participé à la première rencontre sur le réchauffement climatique. Quatre autres échanges de ce type sont prévus en mai à travers le pays.  (Photo: MENJE)

Prudence du côté des organisateurs de la marche pour le climat

L’initiative est bien accueillie du côté de l’organisation de la marche pour le climat, mais on ne se réjouit pas trop vite.

«C’est une très bonne initiative, mais seulement si cela aboutit à un résultat qui changera vraiment des choses», confie à Paperjam Elise Darras, coorganisatrice de la marche pour le climat et membre de la plate-forme Youth for Climate Luxembourg .

Je m’attends à une conversation où les politiciens nous écoutent et prennent des notes mais, au final, qu’il n’y ait pas vraiment de choses qui soient changées.

Elise Darras,  membre,  Youth for Climate Luxembourg 

La lycéenne Elise Darras, également membre de la délégation de lycéens qui avait rencontré le Premier ministre Xavier Bettel le 25 mars dernier en vue de l’organisation de ces échanges régionaux, participera aussi à l’un des ateliers. Un brin fataliste.

«Je ne pense pas que cela va vraiment régler les choses», poursuit-elle. «Je m’attends à une conversation où les politiciens nous écoutent et prennent des notes mais, au final, qu’il n’y ait pas vraiment de choses qui soient changées. Néanmoins, le dialogue avec les politiciens est important. Il faut essayer de trouver un terrain d’entente.»

La nouvelle marche pour le climat, annoncée pour le 24 mai prochain à Luxembourg , reste à l’ordre du jour.

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La marche du 24 mai prochain à Luxembourg fera écho au mouvement Global Strike for Future et aux autres marches prévues une nouvelle fois aux quatre coins du globe. (Photo: Nader Ghavami / Archives)

Agenda des échanges régionaux avec les lycéens:

• le lundi 13 mai 2019 de 14h à 17h au Forum Geesseknäppchen à Luxembourg (pour les classes de l’enseignement européen et international public et privé; avec le ministre Claude Turmes );

• le mercredi 15 mai 2019 de 14h à 17h au Maacher Lycée à Grevenmacher;

• le vendredi 17 mai 2019 de 14h à 17h au Lycée Nic-Biever à Dudelange.