ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Horeca

L’impact limité du CovidCheck au restaurant



L’impact du CovidCheck dans les restaurants semble relativement limité, selon les témoignages de quelques restaurateurs. (Photo d’archives: Romain Gamba/Maison Moderne)

L’impact du CovidCheck dans les restaurants semble relativement limité, selon les témoignages de quelques restaurateurs. (Photo d’archives: Romain Gamba/Maison Moderne)

Dans les restaurants, la clientèle reste globalement fidèle malgré l’introduction du CovidCheck obligatoire, selon les différents établissements interrogés. Il permet même de ramener un peu d’ambiance dans les lieux les plus festifs. Le télétravail continue cependant de vider les tables à midi.

Cela fait deux semaines que tous les restaurants du pays ont dû passer sous le régime CovidCheck. Ressentent-ils l’impact tant redouté  sur la fréquentation? «C’est mi-figue, mi-raisin», résume François Koepp , secrétaire général de la fédération Horesca. «Il y a des entreprises qui affichent complet, d’autres souffrent. Cela dépend du lieu et du type de clientèle.» Il note un impact plus important pour les établissements qui s’adressent aux jeunes, lycéens, étudiants ou travailleurs. De même pour les bars et cafés.

Les jeunes salariés, peu vaccinés

Dans le quartier Gare à Luxembourg-ville, «il y a des gens, de passage, qui n’ont ni vaccin ni test et que nous refusons», témoigne-t-on au Partigiano. Cela représente environ trois personnes par jour. Ce qui n’empêche pas le restaurant italien de garder une activité similaire à l’avant-CovidCheck.

Beaucoup veulent rester en terrasse.

Nona Cojan,  manager,  Updown Bar

Au Bazaar, lieu branché du centre-ville, «nous étions passés sous CovidCheck 10 jours avant» le 1er novembre pour faire la transition en douceur. À l’époque, «nous avions eu quelques commentaires, très minoritaires, mais aussi très vindicatifs, de personnes disant que ce n’était pas normal de faire ça», se souvient le propriétaire, Gabriel Boisante , à la tête également du Paname, du Mamacita et de l’Urban. Des signaux inquiétants avant l’obligation légale, pourtant, «cela s’est bien passé, les gens comprennent et sont contents de pouvoir se mettre debout au comptoir, enlever le masque», raconte-t-il. «Cela a été plus calme les premiers jours, on l’a senti.» Ils coïncidaient aussi avec «le retour du froid». Après plus de deux semaines, «cela s’est lissé» et la fréquentation retrouve à peu près son niveau d’avant-CovidCheck.

Mais pas son niveau d’avant-Covid. «Nous sommes complets presque tous les soirs la semaine, tous les soirs le week-end. Le midi, c’est plus compliqué.» Il pointe comme responsables le télétravail, ainsi que les travaux qui rendent la circulation difficile à Luxembourg. La mise en place du CovidCheck permet en tout cas à ses établissements festifs de «retrouver leur ADN», se réjouit Gabriel Boisante.

Les salariés, pour la plupart âgés de 20 à 35 ans, ont eux aussi dû passer sous CovidCheck. Même s’ils étaient peu de vaccinés, tout le monde a pu venir travailler, assure-t-il.

Du monde en terrasse

Nona Cojan, manager de l’Updown Bar dans le Grund, ne remarque pas de baisse de fréquentation pour l’instant. «Deux semaines, ce n’est pas assez pour voir si le CovidCheck affecte l’activité ou non», estime-t-elle. Rien que le week-end dernier, le bar était «blindé avec les Irlandais» venus assister au match de leur équipe de football contre celle du Luxembourg. «Beaucoup veulent rester en terrasse», ajoute-t-elle. Plus que d’habitude en cette période de l’année pour cette zone qui échappe au CovidCheck. Pas de souci du côté des équipes, où «tout le monde est vacciné».

Du côté de Belval, le restaurant de burgers Snooze, qui attire une clientèle de jeunes ou de travailleurs, constate «un peu moins de monde» depuis l’application CovidCheck, sans pouvoir donner de chiffres.

À Ettelbruck, la clientèle plus âgée du restaurant portugais La Fiducia ne manque pas. L’établissement reçoit surtout des habitués ou des familles, précise son propriétaire, Carlos Dos Santos. Il avait décidé de passer sous CovidCheck deux semaines avant la date obligatoire, aussi pour laisser le temps aux clients et salariés de s’adapter. Pour les premiers, «je n’ai pas constaté d’impact du jour au lendemain. Il y a toujours un creux, mais je ne pense pas que cela ait un rapport avec le CovidCheck», analyse-t-il. Concernant les employés, «une grande partie n’était pas vaccinée. Ils ont reçu leur première dose après les annonces du ministère, sans qu’il n’y ait de pression de notre part.»

Les craintes pour l’avenir

Ce qui inquiète désormais les restaurateurs: la hausse des cas de Covid, qui pourrait mener à davantage de télétravail, selon François Koepp. Il réclame toujours une prolongation des aides aux coûts non couverts (en cas de perte d’au moins 40% du chiffre d’affaires) ou à la relance (250 euros par salarié au chômage partiel, plus 1.250 euros par salarié pour juillet et août, et 1.000 euros par salarié pour septembre et octobre, en cas de baisse d’au moins 25% du chiffre d’affaires), qui ne couvrent pour l’instant que les mois de juillet à octobre 2021.

Le ministre des Classes moyennes Lex Delles (DP) attend une décision de l’Union européenne pour trancher. «J’ai bon espoir qu’elles seront prolongées», prévoit François Koepp, à la suite de ses discussions avec lui. «Lorsque vous réalisez -35% de chiffre d’affaires, vous êtes quand même mal en point», analyse-t-il. En espérant que le Luxembourg ne suive pas l’exemple de Berlin , passé d’un système 3G à 2G, où le test ne permet plus d’entrer dans un restaurant, mais seulement un vaccin ou une guérison. Ou encore les Pays-Bas, qui ont remis un couvre-feu à partir de 20h.