POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Alain Rix (président de la fédération Horesca)

«Un non-vacciné ne va pas payer 10 ou 20€ pour venir au restaurant»



Les cuisiniers et serveurs devraient eux aussi présenter leur CovidCheck pour venir travailler au restaurant. (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

Les cuisiniers et serveurs devraient eux aussi présenter leur CovidCheck pour venir travailler au restaurant. (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

Le CovidCheck obligatoire pour le personnel de l’horeca soulève plusieurs questions: notamment celle des sanctions possibles et celle de l’impact sur le recrutement. Un flou que regrette Alain Rix, président de l’Horesca. La fédération tente de répondre à certaines interrogations dans un guide publié sur son site internet.

En rendant le CovidCheck obligatoire au restaurant , le gouvernement vise également son personnel. L’article 2 du  projet de la prochaine loi Covid le dit clairement: «À l’intérieur des établissements de restauration et de débit de boissons, les clients et l’ensemble du personnel sont soumis au régime CovidCheck.» La loi doit être votée pour le 18 octobre et appliquée dès le lendemain, mais cet article 2 fait partie de ceux qui n’entreront en vigueur que le 1er novembre.

 Je pense qu’il y aura une perte considérable.
Alain Rix

Alain Rix,  président,  fédération Horesca

Que se passe-t-il en cas de refus d’un salarié de se soumettre au CovidCheck? «Le droit du travail sera d’application», écrit l’Horesca sur son site internet. Concrètement, «il n’y a rien de précis», traduit le président de la fédération, Alain Rix. Il ne sait pas si les salariés sans CovidCheck se mettront en arrêt maladie ou pourront être licenciés. Pour lui, l’obligation concerne les personnels de cuisine comme ceux en salle. Même si «les choses ne sont pas encore claires» sur ce point non plus. Le coût du test PCR d’un salarié ni vacciné ni guéri devrait en tout cas être à sa charge, sauf si son patron décide de le lui financer. Et il devra s’effectuer «en dehors du temps de travail».

La mesure complique aussi les recrutements. «Je ne vais pas embaucher quelqu’un qui n’est pas vacciné. Mais est-ce que j’ai le droit de lui demander? Non, je ne peux pas», résume Alain Rix.

Hôtels, salons de consommation et cantines d’entreprises sous CovidCheck

Malgré ces zones de flou, la fédération a publié un guide, sur son site internet,  pour répondre aux questions que se posent les acteurs du secteur. Elle rappelle que le CovidCheck devient obligatoire à partir de 12 ans dans les restaurants, cafés et salles de petit-déjeuner. Ce qui inclut les hôtels. «Les clients qui ne disposent pas d’un certificat «3G» («geimpft, getest, gesond» pour «vacciné, testé ou en bonne santé», ndlr) peuvent néanmoins prendre le petit-déjeuner et des repas dans leur chambre.» Le buffet peut donc revenir sans restriction. Les autres lieux de rencontre (réception, couloirs, ascenseurs) restent soumis au port du masque et les établissements peuvent décider ou non de passer leurs espaces wellness et salles de conférence sous CovidCheck.

Les restaurants d’entreprise passent eux aussi sous CovidCheck, a confirmé le ministère de la Santé à Paperjam. L’obligation ne touche cependant pas les cantines scolaires et universitaires.

Le régime CovidCheck s’applique également pour «une boulangerie ou autre qui propose un salon de consommation», complète l’Horesca.

Exception pour les terrasses, le take-away et les toilettes

Les terrasses échappent au CovidCheck obligatoire. Les clients peuvent toujours entrer dans le restaurant pour récupérer leur plat à emporter ou utiliser les toilettes, mais doivent garder leur masque. L’attente à l’intérieur devrait se faire debout, imagine Alain Rix.

«Je pense qu’il y aura une perte considérable», conclut le président de l’Horesca. Il regrette aussi que les tests rapides ne soient plus reconnus à partir du 1er novembre. «Une personne non vaccinée ne va pas payer entre 10 et 20 euros pour venir au restaurant. Nous sommes ennuyés, c’est nous qui en faisons les frais.»

M. Rix considère l’horeca comme le «bouc émissaire» de cette crise sanitaire. C’est pourquoi sa fédération demande, en contrepartie, le maintien des mesures du régime d’aides actuel pour le secteur.