POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

À la Chambre

Un examen très attentif des finances publiques 



Les députés débattront ce mercredi 27 avril du pacte de stabilité et de croissance (PSC) et du programme national de réforme (PNR). (Photo: Chambre des députés/Flickr)

Les députés débattront ce mercredi 27 avril du pacte de stabilité et de croissance (PSC) et du programme national de réforme (PNR). (Photo: Chambre des députés/Flickr)

Les répercussions de la guerre en Ukraine, la flambée des prix énergétiques et le dossier des pensions pourraient impacter la politique budgétaire du gouvernement. Le pacte de stabilité et de croissance et le programme national de réforme apporteront des estimations détaillées.

Ce 27 avril, la ministre des Finances, Yuriko Backes  (DP), et le ministre de l’Économie, Franz Fayot  (LSAP), présenteront le pacte de stabilité et de croissance (PSC) et le programme national de réforme (PNR) du pays. Tous deux s’inscrivent dans les obligations européennes de chaque État membre dans le domaine de la politique budgétaire.

Les débats entourant le PSC et le PNR à la Chambre des députés se tiendront ce 28 avril.

À l’occasion d’ une réunion conjointe de la commission des finances et du budget et de la commission de contrôle de l’exécution budgétaire à la Chambre des députés, la ministre des Finances a fait le bilan des finances de l’État au 31 mars. Elle y a indiqué que les recettes encaissées par l’Administration centrale, en croissance de +13,4% par rapport à fin mars 2021, ont atteint 6,1 milliards d’euros. Les dépenses s’élevaient quant à elles à 5,3 milliards d’euros. Au 31 mars de cette année, le solde des finances publiques s’élevait à +757 millions d’euros, contre +56 millions d’euros au 31 mars 2021.

L’objectif de moins de 30% de dette publique

La ministre des Finances a également noté que la dette publique a diminué d’un milliard d’euros, dans la foulée d’un remboursement d’un emprunt obligataire échu le 22 mars. Représentant 23,7% du PIB, la dette publique s’élève à 16,9 milliards d’euros. De la sorte, elle reste en dessous du seuil de 30% que s’était fixé le gouvernement lors de la prise de fonction en 2018.

Lors de la présentation du précédent PSC, en avril 2021, il avait été prévu que la dette publique continue de gonfler . Atteignant 15,942 milliards d’euros en 2020, soit 24,9% du PIB, le gouvernement avait indiqué qu’elle atteindrait 18,322 milliards d’euros à la fin de 2021, soit 26,9% du PIB. Elle devait alors poursuivre sa progression à la hausse jusqu’en 2025, à 22,992 milliards d’euros, soit 27,6% du PIB, dans la mesure où un scénario macroéconomique favorable restait en l’état. La situation économique et sécuritaire en Europe a pourtant changé de manière significative en l’espace d’une année.

En matière de dette publique, le Luxembourg s’en sort plutôt bien par rapport à la moyenne européenne. Alors que, selon les données publiées le 22 avril par l’Office européen des statistiques (Eurostat), le ratio dette publique brute de l’Union européenne à la fin de 2021 atteignait 88,1%. La dette publique brute du Luxembourg s’élevait quant à elle à 24,4%.

L’impact de la guerre et du coût de l’énergie

La situation des finances publiques au 31 mars risque donc de ne pas présenter une image fidèle de la réalité actuelle. L’impact de la guerre en Ukraine, des mesures prises dans le cadre de la tripartite et de l’Energiedësch n’ont pas encore été pris en compte, a souligné la ministre des Finances.

Appelant à une certaine prudence, elle s’attend d’ailleurs à une «dégradation considérable du solde de l’Administration centrale dans les mois à venir». Ce qui devrait dès lors se retrouver dans le PSC qui sera détaillé à la Chambre des députés.

Précédemment, le 19 avril, le Premier ministre Xavier Bettel  (DP), ainsi que la ministre des Finances et le ministre de l’Économie, présentait devant la commission «tripartite» le paquet des mesures du Solidaritéitspak. Résultant de l’accord entre le gouvernement, l’Union des entreprises luxembourgeoises et les organisations syndicales LCGB et CGFP, le coût cumulé des mesures prises s’élève à 827 millions d’euros. Une somme qui sera répartie sur les années budgétaires 2022 et 2023. Notant «une charge importante pour le budget de l’État», le communiqué de presse expliquait en revanche que, «grâce à ces mesures, l’impact de la crise liée à la flambée des prix de l’énergie et à la guerre en Ukraine sera nettement amorti pour les ménages et les entreprises».

Il faudra toutefois attendre la présentation du gouvernement de ce 27 avril à la Chambre pour des estimations plus détaillées des conséquences de la flambée des prix de l’énergie et des retombées de la guerre en Ukraine sur le budget de l’État.

Le dossier des pensions

Le PSC et le PNR reprennent également les données relatives à la projection des pensions. Expliquant que le nombre de bénéficiaires d’une pension est passé de 153.345 en 2013 à 194.441 en 2020, le ministre de la Sécurité sociale, Claude Haagen  (LSAP), a expliqué ce 26 avril que cette croissance au niveau des recettes et des dépenses a augmenté respectivement de 44% et 47%.

Bien que le régime général reste excédentaire et que la réserve accumulée génère des recettes de placement, l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) estime dans ses prévisions 2020-2070 que, «tant les recettes en cotisations que les dépenses pour pensions augmenteront jusqu’à l’horizon de 2070». Toutefois, «les dépenses évolueront plus vite que les recettes à cause de l’évolution démographique, y compris en termes de PIB». 

L’IGSS conclut que, «sur le long et le très long terme , les évolutions économique, financière et démographique devront cependant être surveillées de près».