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Tests à grande échelle

Objectif: tester la population d’ici fin juillet



Pour traiter des tests dont le nombre pourra atteindre jusqu’à 20.000 par jour, la méthode du pooling sera utilisée. Celle-ci permet de mélanger plusieurs échantillons pour les analyser ensemble. Si un regroupement de tests revient positif, chaque test est alors une nouvelle fois analysé individuellement. (Photo: Shutterstock)

Pour traiter des tests dont le nombre pourra atteindre jusqu’à 20.000 par jour, la méthode du pooling sera utilisée. Celle-ci permet de mélanger plusieurs échantillons pour les analyser ensemble. Si un regroupement de tests revient positif, chaque test est alors une nouvelle fois analysé individuellement. (Photo: Shutterstock)

Alors que la sélection des nouveaux tests ou celle du laboratoire partenaire ont pu susciter des interrogations, les acteurs du projet de dépistage massif se sont expliqués devant les députés de la commission de la santé. Le pragmatisme aurait dicté leurs choix.

«On peut discuter de la forme, mais cette démarche en elle-même est une bonne démarche», estime le président de la commission de la santé à la Chambre, le député Mars Di Bartolomeo (LSAP), à propos de la stratégie de dépistage massif de la population, autour de laquelle règne une certaine confusion.

Les acteurs responsables de ce projet – la ministre de la Santé, Paulette Lenert  (LSAP), le ministre de la Recherche, Claude Meisch  (DP), le Luxembourg Institute of Health (LIH), le Haut-Commissariat à la protection nationale (HCPN), la Direction de la santé – s’expliquaient mardi matin devant les députés. Une deuxième réunion après celle qui avait eu lieu la semaine dernière .

L’argument d’une recherche de rapidité et de performance expliquerait la plupart des choix effectués. Celui, par exemple, des 486.000 nouveaux tests PCR, commandés sans appel d’offres et alors que leur qualité n’était pas encore validée, avait ainsi pu paraître prématuré. «L’objectif était de s’assurer qu’il y en ait autant que possible, sur un marché très mouvementé», a-t-on expliqué aux députés, rapporte Mars Di Bartolomeo. «La priorité a été donnée à la disponibilité des tests, sous la condition que la qualité des kits soit assurée.» Ceux-ci seraient désormais utilisés en Allemagne, en Espagne, en Italie et sur le point de l’être aux États-Unis, ce qui validerait a posteriori leur fiabilité.

Un seul laboratoire sélectionné

Le choix du laboratoire qui prend en charge les tests a aussi suscité des interrogations, alors que seuls les Laboratoires Réunis étaient sélectionnés, laissant de côté, sans qu’aucun appel d’offres n’ait été passé, Ketterthill et Bionext Lab, qui participaient pourtant à la précédente phase de dépistage.

«J’ai demandé si le travail de ces laboratoires avait été satisfaisant, ce à quoi on m’a répondu que oui», explique Mars Di Bartolomeo. Quels sont les critères qui ont donc guidé le choix vers les Laboratoires Réunis? «Nous avons choisi le laboratoire qui a la plus grande capacité d’exploitation de tests», a été la réponse apportée devant la commission. Le pragmatisme, donc. Mais pourquoi ne sélectionner qu’un seul laboratoire, alors que le nombre de personnes testées va augmenter et, qu’a priori, trois laboratoires pourraient travailler plus efficacement qu’un seul? La question reste en suspens. «À situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles», résume le président de la commission de la santé.

La méthode du pooling

Pour traiter des tests dont le nombre pourra atteindre jusqu’à 20.000 par jour, la méthode du pooling sera utilisée. Celle-ci permet de mélanger plusieurs échantillons pour les analyser ensemble. Si un regroupement de tests revient positif, chaque test est alors une nouvelle fois analysé individuellement. «Si la prévalence est faible, on est plus efficace avec cette méthode, sans perdre de sensibilité», assurait la semaine dernière le CEO du LIH, Ulf Nehrbass .

Alors que le dépistage massif de la population, après un report , a commencé lentement la semaine dernière , cette capacité de tests permettra – en théorie – de dépister l’ensemble de la population d’ici la fin du mois de juillet.

Chaque semaine, un groupe représentatif correspondant à 14% de la population sera invité – par courrier postal envoyé au domicile des résidents et frontaliers – à se faire dépister. «Comme cela repose sur le volontariat , personne ne peut dire quelle quantité de population viendra», prévient cependant Mars Di Bartolomeo.

Le succès de cette stratégie repose pourtant sur la bonne volonté de la population. Car identifier les chaînes d’infection pour pouvoir les briser ne sera possible que si un nombre important de personnes vient se faire dépister.

«Comme la protection est d’autant plus importante que le nombre de personnes testées est élevé, nous encourageons tous les citoyens du pays à participer à cette mesure de santé publique unique en son genre», déclarait Paulette Lenert lors du lancement du projet , il y a maintenant un mois.