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Négociations

Budget pluriannuel de l’UE: blocage au sommet



Le sommet extraordinaire du Conseil européen était consacré au projet de budget pluriannuel 2021-2027 et s’est poursuivi tard dans la nuit, sans aboutir à un accord. (Photo: SIP)

Le sommet extraordinaire du Conseil européen était consacré au projet de budget pluriannuel 2021-2027 et s’est poursuivi tard dans la nuit, sans aboutir à un accord. (Photo: SIP)

Les discussions sur le budget pluriannuel européen se sont poursuivies tard dans la nuit du jeudi 20 février. Aucun accord n’a pour l’heure été communiqué.

Xavier Bettel   n’est pas Merlin l’enchanteur . Et il «ne sait pas si Charles Michel est un frère caché de David Copperfield, mais en investissant moins, je ne sais pas comment on pourra réaliser les objectifs retenus», a lancé le Premier ministre à son arrivée à Bruxelles jeudi 20 février, lors du sommet extraordinaire du Conseil européen. «Il faut se donner les moyens de ses ambitions», a ajouté Xavier Bettel.

Le sommet était consacré au projet de budget pluriannuel 2021-2027 et s’est poursuivi tard dans la nuit. Aucun accord n’a pour l’instant été communiqué. Les discussions doivent reprendre vendredi 21 février.

Ce «super-budget» fixe les sommes maximums que l’UE est autorisée à dépenser pour financer ses grandes politiques (marché unique, environnement, migration, sécurité…). Et doit aussi tenir compte de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, qui complique la donne.

«L’heure est venue de parvenir à un accord à notre niveau sur le cadre financier pluriannuel. Tout report créerait de sérieux problèmes pratiques et politiques, et il deviendrait alors compliqué de poursuivre les programmes et politiques actuels, ainsi que d’en lancer de nouveaux», insistait Charles Michel, président du Conseil européen, dans sa  lettre d’invitation  adressée aux membres du Conseil.

«Calcul d’épicier»

Mais les divergences d’intérêt entre les membres du Conseil européen sont importantes, entre les États partisans d’un budget serré et ceux favorables à un budget ambitieux.

«Beaucoup se contentent de faire un calcul d’épicier. Leur équation est de savoir ce qu’ils devront payer et ce qu’ils obtiendront en retour. Or l’UE est bien plus qu’une calculatrice», a lancé Xavier Bettel.

Problème: le Conseil européen doit adopter le projet à l’unanimité, avant qu’il soit approuvé par une majorité des députés au Parlement européen. David Sassoli, président de ce dernier, a déjà fait savoir qu’il rejetterait le projet s’il manque d’ambition.

La base de négociations proposée par Charles Michel: un budget qui représente 1,074% du revenu national brut (RNB) de l’UE, soit 1.094 milliards d’euros.

De son côté, la Commission a avancé un financement à hauteur de 1,11% du RNB, soit 1.135 milliards d’euros sur sept ans, ce qui représente une augmentation de 5%. Une hausse nécessaire selon elle pour pallier la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Quant au Parlement européen, il a soumis un taux de 1,30% du RNB, soit 1.324 milliards d’euros.

Quatre pays ne souhaitent pas qu’il dépasse 1%: les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et l’Autriche.

«J’ai pleinement conscience que ces négociations sont parmi les plus difficiles que nous ayons à affronter. Mais je suis également convaincu qu’avec du bon sens et de la détermination, nous pouvons trouver un accord qui profitera à tous les Européens. Pour y parvenir, toutes les parties devront faire preuve d’un esprit de compromis», écrivait encore Charles Michel dans sa lettre.