POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

réunion avec ursula von der leyen

Bettel ne veut pas moins de fonctionnaires européens



Xavier Bettel a reçu Ursula von der Leyen au matin de l’engagement solennel de la Commission devant la CJUE. L’occasion de marquer leur alignement en matière de budget européen. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Xavier Bettel a reçu Ursula von der Leyen au matin de l’engagement solennel de la Commission devant la CJUE. L’occasion de marquer leur alignement en matière de budget européen. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le Premier ministre a souligné lundi auprès de la présidente de la Commission l’engagement du Luxembourg en faveur d’un budget solide et à la hauteur des ambitions de la Commission, y compris en matière de lutte contre le changement climatique.

Ursula von der Leyen était lundi à Luxembourg pour l’engagement solennel de la Commission devant la Cour de justice de l’UE. Une escale sur sa tournée des capitales après Londres, Bucarest et Zagreb, et avant Dublin. La présidente de la Commission a surtout trouvé le «soutien fidèle» du Grand-Duché, a souligné M. Bettel, sur des sujets brûlants de l’actualité européenne, du Brexit au budget de l’UE en passant par la lutte contre le changement climatique.

«Le Grand-Duché salue l’adoption du pacte vert et se félicite de l’ambition recherchée avec l’objectif de neutralité climatique de notre Union d’ici 2050. La transition vers une économie neutre d’ici 2050 n’est pas seulement une contrainte, mais présente aussi de nombreuses opportunités dont on oublie trop souvent de parler», a indiqué M. Bettel. Lequel a rappelé la position du Luxembourg concernant le nucléaire, «une source d’énergie peu sûre, non durable et dont les coûts assimilés sont souvent sous-estimés».

Sans budget européen ambitieux, moderne et réformé, le marché unique restera fragmenté. Nous ne pourrons pas financer adéquatement nos priorités politiques.
Xavier Bettel

Xavier Bettel,  Premier ministre

Le Premier ministre a également souligné son soutien aux propositions initiales de la Commission concernant le cadre financier pluriannuel, c’est-à-dire le budget de l’UE, qui ont le mérite de «mieux prendre en compte les politiques pour l’avenir comme le climat, le numérique et la recherche». «Sans budget européen ambitieux, moderne et réformé, le marché unique restera fragmenté. Nous ne pourrons pas financer adéquatement nos priorités politiques.»

Soulignant la nécessité de «faire plus» souvent répétée lors des conseils européens, il considère qu’«il faut se donner les moyens de faire plus». Notamment en ne coupant pas 2 milliards d’euros dans le budget de la fonction publique européenne. «On ne peut pas s’attendre à un service de haute qualité ni se donner agenda ambitieux en se disant qu’on ne le fera plus avec personne.»

La Commission est responsable de 500 millions de citoyens mais a seulement 32.000 fonctionnaires, c’est pour cela que nous devons investir dans ceux qui apportent au quotidien tout ce que l’on attend de la Commission.

Ursula von der Leyen,  présidente de la Commission

Une remarque qui a particulièrement ravi Ursula von der Leyen. «Lorsque j’étais ministre de la Défense en Allemagne, j’étais responsable de 250.000 personnes et nous avions 60.000 fonctionnaires. La Commission est responsable de 500 millions de citoyens mais a seulement 32.000 fonctionnaires, c’est pour cela que nous devons investir dans ceux qui apportent au quotidien tout ce que l’on attend de la Commission.»

«Je trouve que le Luxembourg incarne un concentré de ce qu’est l’Europe: une histoire vieille de plusieurs siècles, un creuset de nationalités et de langues et une ville hautement moderne», affirme Mme von der Leyen. «Les meilleurs talents veulent travailler et vivre ici, tout comme en Europe.»

La présidente de la Commission n’a pas manqué de souligner les bonnes notes de l’élève luxembourgeois, offrant ses «compliments et respects pour la décision de prendre des résolutions courageuses» comme la prochaine gratuité des transports en commun qui a vocation à devenir un «modèle».

C’est une chance unique pour l’EU d’investir dans les nouvelles technologies, les innovations propres et d’exporter son savoir dans le monde.

Ursula von der Leyen,  présidente de la Commission

Rappelant encore le rôle de «précurseur» en matière de finance climatique, Mme von der Leyen a répété la nécessité pour l’UE de «prendre des investissements substantiels» au cœur d’une «stratégie de croissance qui rend plus de ressources à la planète qu’elle n’en prélève. C’est une chance unique pour l’EU d’investir dans les nouvelles technologies, les innovations propres et d’exporter son savoir dans le monde.» La Commission veut ainsi débloquer plus d’un milliard d’euros dans la prochaine décennie.

Une semaine après son entrevue sur des œufs avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, la chef de la Commission a expliqué qu’«il s’agit maintenant de décider de la proximité que veut le Royaume-Uni par rapport au plus grand marché intérieur du monde. Plus ils veulent en être proches, plus ils devront être prêts à observer les règles européennes pour un accès plus facile au marché intérieur. Plus ils en seront loin, moins il y aura de level playing field, plus l’accès à notre marché intérieur leur sera difficile.»

La présidente de la Commission a également fait un détour par le palais grand-ducal avant de rejoindre le Kirchberg pour l’engagement solennel de son équipe devant la Cour de justice de l’UE.